Le Nouveau Paradigme

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Commencer à penser par soi même c'est déjà faire partie de la solution


Pour sauver l'économie, faut-il brûler les billets de banque?

Publié par David Jarry - Webmaster sur 10 Juillet 2014, 07:31am

Catégories : #Economie-politique

Les billets de banques sont-ils un héritage encombrant du passé ? Non seulement ils facilitent tous les trafics, mais en plus, selon certains économistes, ils seraient un obstacle à la politique monétaire des banques centrales. Il serait temps de les abandonner pour passer à la monnaie électronique.
Les billets de banques sont-ils un héritage encombrant du passé ? Non seulement ils facilitent tous les trafics, mais en plus, selon certains économistes, ils seraient un obstacle à la politique monétaire des banques centrales. Il serait temps de les abandonner pour passer à la monnaie électronique.

Les billets de banques sont-ils un héritage encombrant du passé ? Non seulement ils facilitent tous les trafics, mais en plus, selon certains économistes, ils seraient un obstacle à la politique monétaire des banques centrales. Il serait temps de les abandonner pour passer à la monnaie électronique.

Le premier argument n’est pas neuf, mais ne concerne pas tous les billets. Régulièrement, les banques centrales sont accusées de mettre sur le marché des grosses coupures dont la principale utilité serait de pouvoir circuler facilement dans des mallettes et de permettre le financement de toutes sortes d’activités illégales. A la naissance de la monnaie unique, la création du billet mauve de 500 euros a fait l’objet de vives controverses; il a été expliqué à l’époque qu’il était nécessaire de prévoir une aussi grosse coupure pour faire oublier aux Allemands la perte du billet de 1.000 marks. Plus récemment encore, les députés européens ont remis en cause l’existence de ce billet de 500 euros –parfois surnommé billet Ben Laden– et celle du billet jaune de 200 euros, les deux étant censés faciliter la fraude.

 

291 milliards en coupures de 500 euros

Ces billets servent effectivement assez peu aux transactions quotidiennes. Dans ses classements, la BCE distingue d’ailleurs deux catégories: les coupures de thésaurisation (500 euros, 200 euros et 100 euros) et les coupures de transaction (50 euros, 20 euros, 10 euros et 5 euros). Sur un total de 948 milliards d’euros de billets en circulation en avril, les coupures de thésaurisation représentent plus de la moitié, près de 518 milliards, et le billet mauve si décrié représente à lui seul plus de 291 milliards (30% du total), presque autant que le billet de 50 euros (342 milliards); c’est beaucoup pour un billet dont la plupart d’entre nous n’ont jamais vu la couleur. De fait, il occupe une bonne place parmi les plus grosses coupures en circulation dans le monde.

Il existe bien un billet de 10.000 dollars de Singapour, qui vaut aux taux de change actuels plus de 5.880 euros et un billet de 1.000 francs suisses (environ 820 euros), mais le billet de 500 euros est celui qui compte le plus dans les grandes devises, les Etats-Unis ayant cessé depuis 1946 d’émettre des billets d’une valeur supérieure à 100 dollars.

C’est de surcroît un billet libellé dans une monnaie stable, dont la valeur externe (par rapport aux autres monnaies) n’a guère été affectée par la crise dite de l’euro. Il est donc justifié qu’il soit utilisé aux côtés du billet vert dans les trafics de toute sorte.

 

Un obstacle aux taux négatifs

Mais cet argument contre les grosses coupures n’est plus le seul. Les économistes, à la lueur des derniers événements monétaires, viennent d’en ajouter un autre: l’existence même des billets est une gêne pour les banques centrales. Kenneth Rogoff, ancien économiste en chef du Fonds monétaire international, a publié un article sur ce thème dans la presse internationale (dont Les Echos, sous le titre «Inflation: la non-solution des 4%»).

Et en France, Patrick Artus, chef économiste de Natixis, publiait le même jour une étude sous le titre encore plus explicite: «Il faut supprimer les billets». Dans les deux cas, l’idée de base est la même: dans les périodes comme celles que nous vivons, notamment en Europe, les banques centrales devraient pouvoir utiliser les taux d’intérêt négatifs, mais elles ne peuvent pas vraiment utiliser ce dispositif à cause des billets. Cela demande quelques explications.

 

Ne pas laisser l’argent dormir

La déflation, rappelons-le, est un mouvement continu et généralisé de baisse des prix. On peut avoir une baisse de l’indice des prix parce que le prix du pétrole baisse ou parce que les récoles ont été abondantes et que les prix des produits agricoles baissent; c’est une mauvaise nouvelle pour les producteurs des produits concernés, mais ce n’en est pas une pour le reste de l’économie.

Si vous gardez un billet de 100 € pendant un an, vous n'aurez ni 101 € ni 99 €, vous aurez 100 € En revanche, une vraie déflation est une très mauvaise nouvelle car elle a un impact négatif sur l’ensemble de l’économie. Elle entraîne un ralentissement de l’activité parce que personne ne prend plus la moindre initiative: pourquoi acheter aujourd’hui quelque chose que je pourrais payer moins cher demain et encore moins cher après-demain?

Plus je reste à dormir sur mon argent, plus je m’enrichis. C’est précisément pour lutter contre de tels comportements et soutenir l’activité que des taux d’intérêt négatifs peuvent avoir une utilité.

En temps normal, si vous avez des liquidités, vous les déposez sur un compte rémunéré à un taux d’intérêt plus ou moins élevé et, à moins que ce taux ne soit vraiment très bas, voir inférieur au rythme de hausse des prix, vous êtes incité à épargner.

En revanche, avec un taux négatif, non seulement vous n’êtes pas rémunéré, mais vous perdez de l’argent, car votre banque prélève un certain pourcentage sur l’argent que vous avez déposé. Vous êtes donc incité à dépenser votre argent, à le faire tourner, et comme tout le monde est dans la même situation, l’argent se remet à circuler, l’activité repart.

 

La théorie d’une monnaie entièrement électronique

Seulement, comme l’explique Patrick Artus, les billets sont «rémunérés par construction à 0%». Si vous gardez pendant un an un billet de 100 euros, vous n’aurez ni 101 euros (avec un taux d’intérêt de 1%) ni 99 euros (avec un taux négatif de 1%), vous aurez toujours 100 euros, ni plus ni moins. Donc, pour les détenteurs de billets, un taux négatif n’aura aucun impact, il ne servira à rien.

Et, dans certains pays, précise Patrick Artus, comme l’Italie, l’Espagne ou les Etats-Unis, les billets peuvent représenter une part élevée, jusqu’à 14% des liquidités disponibles (pour les connaisseurs, la masse monétaire dans sa définition M2, comprenant les pièces et billets, les comptes courants et les autres dépôts à court terme). Si l’on voulait vraiment permettre aux banques centrales d’utiliser les taux négatifs, il faudrait, comme le préconise Kenneth Rogoff, «introduire progressivement le passage à une monnaie entièrement électronique».

En théorie, l’idée est séduisante, mais on peut tout de même faire quelques objections. D’abord, même dans le système actuel, les taux négatifs existent déjà. Depuis le 11 juin 2014, les banques qui laissent leur argent en dépôt à la BCE se voient appliquer un taux de -0,1%.

Pourquoi cela?

Parce que la BCE constate que sa politique monétaire très stimulante n’a pas l’effet escompté. Pour simplifier, disons que les banques d’Europe du nord ont des liquidités excédentaires, mais ne les prêtent pas aux banques du sud qui en auraient besoin et préfèrent les laisser en dépôt à la BCE. Depuis juillet 2012, ces dépôts ne rapportaient plus rien; désormais, ils auront un coût. Si tout se passe comme prévu, le comportement des banques devrait changer et l’argent devrait mieux circuler à l’intérieur de la zone euro. Mais, très clairement, selon les deux économistes que nous avons cités, cela ne suffit pas quand la situation est vraiment grave.

Et si on étendait les taux négatifs?

Dans ce cas, estime Patrick Artus, il faudrait pouvoir «utiliser des taux d’intérêt directeurs négatifs à n’importe quel niveau». Si l’on comprend bien, il faudrait que ces taux négatifs ne s’appliquent pas seulement aux relations entre les banques et la banque centrale, mais aussi entre les banques et leurs clients.

Dans ce cas, s’il n’y avait plus de billets et si tous les dépôts étaient enregistrés sous une forme numérique, tout le monde subirait les effets des taux négatifs et serait incité à dépenser. Mais cette vision des choses est très théorique.

D’abord, cela supposerait que tous les pays aient accepté de supprimer les billets –ce qui ne sera certainement pas le cas dans un avenir prévisible–, sinon des taux négatifs sur les taux en euros serait simplement une incitation à acheter des dollars. Et il faudrait que les banques centrales réussissent à faire passer dans l’opinion l’idée de taux négatifs, donc de prélèvements sur l’épargne.

Ce n’est pas gagné!

 

La disparition des billets: une aubaine pour le bitcoin

Enfin, la nature ayant horreur du vide, la disparition des billets inciterait les gens vraiment décidés à frauder à trouver d’autres solutions. Et ces solutions existent déjà: ce sont les diverses monnaies électroniques qui se développent hors du contrôle des banques centrales, comme le bitcoin. Déjà, on peut voir des pirates informatiques demander à leurs victimes de leur verser des rançons dans cette monnaie. Supprimer les billets ne ferait que déplacer le problème et stimuler la créativité des trafiquants. Alors, quelle que soit la qualité du raisonnement des économistes, il ne semble pas qu’il faille redouter une disparition prochaine des billets. Ceux qui, depuis la crise financière de 2008, se méfient des banques et accumulent les billets dans des bocaux (nous en connaissons!) peuvent dormir sur leurs deux oreilles: leur épargne n’est pas menacée par les taux négatifs à brève échéance. Le billet ne va pas se laisser détrôner par les monnaies électroniques aussi vite que les théoriciens pourraient le souhaiter.

Gérard Horny

Commenter cet article

gwendal 11/07/2014 00:47

Gérard Horny est à l'évidence un partisant de la puce RFID...qui ne gagnera jamais, car il faudrait vraiment que 100% des peuples de cette planète soient stupides pour qu'elle puisse être acceptée ...et, jusqu'à preuve du contraire, il y a encore, et même de plus en plus, de l'intelligence dans les peuples!
Le temps où les peuples gobaient tout et n'importe quoi est terminé!
C'est la fin des menteurs-manipulateurs!

anckou 10/07/2014 21:31

bruler les billets n'arrange que les banquiers et les états ceux la méme qui font vivre les pseudos economiste qui soit dit en passant n'ont jamais vu venir une crise un crac boursier ou une dévaluation ,donc leur avis il se le ----

Coquet 10/07/2014 10:22

Voici mon résumé de cette histoire :
1- on conserve le liquide : on continue les transactions non tracées (mais pas forcément illégales comme le semble l'indiquer l'auteur ; merci d'éviter d'insinuer que les possesseurs de coupures les utilisent dans un but non avouable) et on se laisse le choix de pouvoir "jouer" nous-mêmes avec le "fruit de nos efforts", notre énergie représentée par cet argent...
2- plus d'argent liquide : on décide de laisser un autre (le système bancaire) jouer entièrement avec nos économies et le fruit de notre travail, avec le peu de transparence et les excès que l'on connait... et le resserrement des contrôles de vos actions, tracées informatiquement... une liberté qui saute... un asservissement renforcé donc...
Pilule rouge ou pilule bleue ?

Tilto 10/07/2014 09:58

«Il faut supprimer les billets» c'est une altération. c'est un moyen de controle absolu sur le peuple. Voyez les grec avec leur compte bloquées. Un gouvernent un peu autoritaire et vous n'avez plus rien en un clic ! Tous les économistes avec que le petit marché noir aide le pays à vivre en temps de cris, que c'est un peu nécessaire. Les grosses institution font nettement plus de fraudes sans billets ! Faut il acheter de l'or physique ? Quant on siat que les banque ont prêter plusieurs fois la valeur de l'or dans leurs coffres et qu'elle réclament des intérêts réelles sur cet argent virtuel, on est typiquement dans un systeme pyramidale qui se crash si la croissance stoppe !
Donc ne permettez jamais la suppression des billets !

ummite 10/07/2014 09:04

ahh j'oubliais :

quelle différence il y aurait entre les spéculations financières avec la monnaie électronique et celle du papier ?
le résultat serait néant , sauf que personne ne pourrait garder du papier pour usage personnel et serait de ce fait suivi au centime près de l'usage de son argent par les instances fiscale et financières .
en prenant du recul sur la question du jour :

quelle différence entre spéculation électronique et physique ? il y en aurait pas .
la planche à billets des banques centrale ne se ferait plus en imprimerie gouvernementale , mais en imprimerie électronique , ce qui prendrait un risque : la perte de sommes colossales sans pouvoir retracer l'endroit de son dépôt , alors que les billets de banque sont traçables .

ummite 10/07/2014 08:54

chez nous , nous disons " ce n'est pas en brûlant les chaises que l'ont pourras mieux s'assoir "
les billets de banque sont des moyens d'échange , ils permettent de s'élever dans la modernisation , et la sécurité .
donc ce n'est pas en brûlant les billets de banque que vous serez plus riche , c'est uniquement en obligeant les banques à prêter à taux réduit aux entreprises et non à jouer l'économie sur les marchés .

supprimer les banques centrale à la rigueur ? peut-être !
car ces banques centrales prêtent directement aux petites banques qui au passage spéculent et jouent avec les intérêts sur les marchés .
de plus , en jouant ses fonds sur les marchés , les banques jouent avec les dépôts venant du publique leurs clients , les exposant à la faillite en cas de perte sur les marchés financiers ..

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