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Pourquoi la Lune n'est pas une sphère parfaite

Publié par David Jarry - Webmaster sur 31 Juillet 2014, 13:38pm

Catégories : #Espace

© reuters.

En quartiers ou en croissant, la Lune, aussi familière soit-elle aux Terriens, garde sa part de mystère. Une équipe de chercheurs propose mercredi dans la revue Nature une explication à sa forme, loin d'être une sphère parfaite.

© afp.
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Le satellite naturel de la Terre n'est pas tout à fait sphérique, mais est légèrement aplati. La Lune est aussi déformée par un léger renflement sur sa face visible depuis la Terre, et par un autre bourrelet sur sa face cachée.

L'équipe de Ian Garrick-Bethell (Université de Californie, Santa Cruz, Etats-Unis) explique cette forme particulière par les "effets de marée", les forces gravitationnelles exercées par la Terre pendant l'enfance de la Lune, il y a 4,4 milliards d'années.

Le Système solaire s'est formé il y a environ 4,5 milliards d'années. Selon le modèle aujourd'hui couramment admis, la Lune serait née d'une collision massive subie par la Terre, elle-même à peine formée. Selon les chercheurs, les premières forces de marée exercées par la Terre, alors bien plus proche de la Lune, ont échauffé de manière inégale, selon les endroits, la croûte de la Lune, lorsqu'elle flottait encore sur un océan de roche en fusion.

Ce phénomène a donné à la Lune le gros de sa forme, légèrement étirée comme un citron. Plus tard, alors que la Lune se refroidissait, les forces de marée ont déformé l'extérieur de la Lune et ont figé ses bourrelets. Cet effet de marée a aussi synchronisé la rotation de la Lune et sa révolution autour de la Terre, ce qui fait que les Terriens voient toujours la même face de la Lune.

Pour arriver à ces conclusions, l'équipe de Ian Garrick-Bethell a analysé la topographie de la Lune en faisant abstraction de ses vastes cratères, qui seraient apparus plus tard. L'astrophysicien a expliqué à l'AFP que les idées derrière cette étude ont d'abord été inspirées par les processus à l'oeuvre sur Europe, lune de Jupiter. Ce satellite de Jupiter abrite un océan liquide caché sous sa surface de glace.

Les marées de Jupiter agissent sur la couche de glace d'Europe et, en provoquant un échauffement, sculptent sa forme. "Il y a bien longtemps, la Lune était similaire", a-t-il souligné, avec une couche de roche flottant sur de la roche en fusion. L'astrophysicien estime que la compréhension de la forme de la Lune pourrait aider à appréhender "un grand nombre de phénomènes géologiques qui ont eu lieu après la formation", et notamment son asymétrie. Seule la face visible de la Lune présente de vastes plaines volcaniques qu'on a appelé indûment "mers".

Plus globalement, la compréhension des processus précoces de l'évolution de notre plus proche voisine céleste pourrait éclairer les phénomènes qui peuvent opérer sur d'autres objets de notre système solaire, voire au-delà. "La Lune a toujours été, et reste, un grand laboratoire", souligne Ian Garrick-Bethell. La Lune se situe à une distance moyenne de la Terre de 384.000 km et s'en éloigne de 3,8 centimètres par an. Sa circonférence à l'équateur est de 10.920 km, 3,7 fois inférieur à celui de la Terre (40.000 km).

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