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Le volcan Cerro Negro de Mayasquer passe en alerte orange

Publié par David Jarry - Webmaster sur 21 Octobre 2014, 15:43pm

Catégories : #Changements terrestres

 
C'est un peu la situation qui, actuellement, sert de contre-exemple à ce qui s'est passé au Ontake: une crise sismique importante a commencé début 2013, sur la zone des cônes siamois Chiles et Cerro Negro, qui forment le massif volcanique du Cerro Negro de Mayasquer à la frontière Equateur-Colombie ,mais pour le moment aucune activité n'a été observée en surface. Cette sismicité n'a révélé
son ampleur qu'en novembre 2013 suite à l'installation d'un réseau de sismomètres plus dense.
 
 
Et le mot "ampleur" n'est pas volé: depuis l'installation des appareils, la zone a connu deux grande pics à plus de 100 000 secousses chacune, entre septembre 2013 et janvier 2014 et entre fin avril et juillet 2014 (la crise sismique quia précédé et accompagné l'éruption du Bardarbunga doit compter quelque chose que 25 000 secousses). Le niveau d’alerte avait été passé au jaune en mai 2014, après le début du second pic de sismicité.
 
De fait, si la réponse à la question: "Que faire pour prévenir une explosion sans signes précurseurs clairs" n'est pas facile, la réponse à cette autre question: "Que faire quand on a plein de signes depuis plus d'un an mais que rien ne se passe" n'est pas non plus évidente à trouver.
Il est clair que rien n'est jamais aussi simple qu'on le souhaiterait n'est-ce pas?
 
 
Modèle 3D du volcan Cerro Negro de Mayasquer
 
Cependant cette crise est prise très au sérieux car elle s'accompagne d'une lente inflation (gonflement) localisée au sud-ouest du cône Chiles et une coopération a été mise en place ente les volcanologues Colombiens de l'INGEOMINAS et leurs collègues Equatoriens de l'IGEPN.
 
 
La crise en question a pris une nouvelle tournure le 29 septembre dernier avec l’apparition d'un nouveau pic de sismicité qui se poursuit actuellement et compte déjà près de 40 000 secousses!
Une partie de cette sismicité montre des caractéristiques qui n'avaient jusqu'à présent pas été relevées: certaines (une minorité) sont liées à des mouvements de fluides alors que toutes les secousses enregistrées jusqu'à présent n'étaient dues qu'à de la fracturation "sèche" (sans mise en cause de fluides).
Cela change tout car cela peut signifier que le système volcanique est bel et bien en phase d'éveil, possibilité qui prend toute sa dimension quand on sait qu'il n'existe aucune éruption holocène (= ces 10 000 dernières années) repérée avec certitude sur ce massif! L'éventualité d'une activité holocène semble juste tenir à la morphologie bien préservée de coulées de lave (érosion limitée) et la présence de sources hydrothermales chaudes.
 
L'apparition de ces signaux sismiques particuliers a été l'élément déclencheur qui, pour les autorités colombiennes, a provoqué le passage de l'édifice en alerte orange hier. Ca...et une secousse de magnitude 5.8 dont l'hypocentre se trouve à 10 km de profondeur (tiers supérieur de la croûte terrestre, donc relativement superficiel) juste au sud-ouest du cône Chiles, en lien directe avec les centaines de milliers d'autres secousses que compte cette crise. 
Des secousses d'une telle magnitude impliquent que des contraintes fortes sont exercées sur les roches, et il reste à savoir avec certitude ce qui provoque ces contraintes. Est-ce une intrusion magmatique? Si c'est le cas, il n'en est pas fait mention dans les bulletins, autrement que sous la forme d'hypothèses.
 
Un bulletin spécial émis par l'IGEPN précise par ailleurs que la déformation enregistrée s'est accentuée ces derniers jours. Ce même bulletin conclue que les données actuellement enregistrées sont compatibles avec le déroulement d'un des scénarios élaborés par les volcanologues, à savoir qu'il n'est pas impossible qu'une activité phréatique démarre sur le cône Chiles dans un délai court (jour-semaines).
Et je préfère préciser: "il n'est pas impossible" ne veut pas dire que cela va se produire. Actuellement les volcanologue Colombiens et Equatoriens sont dans le même état de questionnement que les volcanologues Islandais en août dernier: "sur quoi la crise va déboucher??? Quels sont les scénarios possibles???"
 
En tout cas, dans l'hypothèse où une activité phréatique démarre, les volcanologues indiquent qu'il pourrait y avoir au menu:
- des chutes de cendres
- des coulées de boues
- des projections de bombes et de blocs
 
Mais une chose reste impossible à connaître: s'agirait-il d'une activité modeste ou très violente? Plutôt genre "Copahue la semaine dernière" ou plutôt "Ontake et Kushinoerabu Jima?"
 
 
Les cartes de risques sont prêtes, de toutes façon et les volcanologues doivent maintenant continuer de communiquer avec les autorité pour qu'elles puisse mettre au point les stratégies de prévention adaptées.
 
Les cartes de risques du volcan Cerro Negro de Mayasquer

Cartes de risques pour les cônes Chiles et Cerro Negro du Cero Negro de Mayasquer. Image: INGEOMINAS

 


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