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La Ferme des mille veaux prend forme, dans la Creuse

Publié par David Jarry - Webmaster sur 29 Novembre 2014, 13:02pm

Catégories : #Société

La Ferme des mille veaux prend forme, dans la Creuse

Imaginée depuis cinq ans par des éleveurs du plateau de Millevaches, la Ferme des mille veaux de Saint-Martial-le-Vieux accueillera ses premiers animaux en février 2015. Des veaux destinés au marché méditerranéen.

Les charpentes en bois du Limousin se dressent fièrement sur cette parcelle de Saint-Martial-le-Vieux, commune creusoise située au sud de La Courtine, à quelques kilomètres de la Corrèze. Imaginée depuis cinq ans par des agriculteurs locaux, la Ferme de mille veaux, usine d’engraissement pour bovins, commence à prendre forme. Les premiers animaux devraient d’ailleurs être accueillis fin janvier, début février.

Un prix fixe pour les éleveurs

Une fois terminé, ce bâtiment, d’une surface totale de 8.000 mètres carrés, permettra d’engraisser environ 1.400 veaux par an. « Ce projet est né de la réflexion d’agriculteurs locaux pour valoriser les animaux nés sur place, explique Pierre Chevalier, président de la Fédération nationale bovine. La France est le premier pays producteur d’animaux de race à viande : 4 millions de têtes sur 12 millions en Europe. Nous exportions il y a dix ans 1.200.000 têtes de broutards ou d’animaux maigres sur l’Italie. Nous en exportons aujourd’hui 800.000, et la production est restée la même. Jusqu’à présent, la plus-value était faite par les Italiens. On a voulu conserver cette plus-value sur notre territoire. »

Ces animaux (deux tiers de limousines, le reste en charolais) viendront principalement des 50 éleveurs actionnaires de la SAS Alliance-Millevaches, qui porte le projet. « Un prix de 3 € par kilo (sur pied) est garanti à l’éleveur », assure Bruno Bunisset, éleveur actionnaire mais aussi président du marché au cadran d’Ussel, où certains veaux seront également achetés.

Avant d’être engraissés, ces bovins, qui seront âgés de 8 à 10 mois et pèseront environ 350 kg lorsqu’ils intégreront l’usine, passeront par la case « quarantaine », où ils subiront toute une batterie de tests afin de voir s’ils sont en bonne santé. Après ce point de passage obligatoire, qui durera quatre semaines, les veaux rejoindront l’un des 64 boxes (de 15 veaux) de l’usine d’engraissement. Ils y resteront entre 200 et 240 jours, le temps de doubler leurs poids.

« Ils avaleront 1,5 kg de nourriture par jour », précise Bruno Bunisset. Un composé de maïs humide fourni par la coopérative CAEHL de Lubersac, de céréales (blé, orge, récoltés dans le nord de la Creuse et dans l’Indre), de tourteaux de soja (achetés à l’étranger) et de paille (nord de la Creuse et Indre). Le maïs et les céréales composeront, à parts égales, 80 % de la nourriture, le reste étant assuré par la paille. Afin de s’occuper des animaux, la SAS embauchera trois personnes à temps plein.

Une fois qu’ils auront atteint le poids requis, les veaux seront achetés par la SVA Jean Rozé (groupe Intermarché). « On a un contrat glissant avec eux de sept ans. Elle nous achètera les veaux a minima 3,83 €. Ce montant couvre la production du veau, en tenant compte de tous les investissements que cela génère. En cas de hausse des cours, cela nous sera payé au prix du marché. Si en revanche, le cours tombe à 3,50 €, il nous les paiera 3,83 €. La sécurisation est totale et absolue pour nous », argumente Bruno Bunisset.

« Garder la plus-value sur le territoire »

Autre bonne nouvelle pour l’activité locale, tous ces veaux seront abattus à Ussel. « Ça représente 600 tonnes de viande par an. Ça va nous apporter 15 % d’activité en plus », se félicite Bruno Bunisset, également président des abattoirs d’Ussel. Ces veaux seront abattus halal puisqu’ils sont destinés au marché de la Méditerranée. Chaque semaine, 25 veaux devraient être tués. À l’autre bout du système, ce sont autant d’animaux qui rentreront en quarantaine. 

 

Manuel Caillaud
 

 

(*) Le bâtiment est construit par la communauté de communes. Un bail emphytéotique de 20 ans va ensuite être signé avec la SAS Alliance-Millevaches, qui deviendra propriétaire du bâtiment au terme du bail.

Financement. D’un coût de 1,8 M€ (sans compter les 5.000 mètres carrés de panneaux photovoltaïques qui couvriront la toiture du bâtiment principal), ce projet sera financé grâce aux 400.000 € versés par le ministère de la Défense suite à la réduction des activités du camp de la Courtine, aux 150.000 € du Conseil régional, aux 75.000 € du Conseil général et aux 300.000 € apportés par le développeur du photovoltaïque (soit les vingt années de loyer, versées en année 1). Les 600.000 € restants seront couverts par des prêts : une moitié proviendra du fonds d’élevage, l’autre sera assurée par un organisme bancaire.

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jamy66 30/11/2014 16:58

Quelle horreur!! un camp de concentration de bovins à engraisser pour finir en malbouffe chez Mac Do!!Mais dans quel monde vivons nous ? Si cette expérience pouvait développer le végétarisme, ce serait une bonne chose! Ou sont passés nos veaux sous la mère d'antan ??? Beurk Beurk Beurk

marie 29/11/2014 19:11

une immense ferme ! et oui ma chère Berthe tu as tout à fait raison

berthe 29/11/2014 14:52

petit a petit ,l'amerique s'installe sur ses nouveaux domaines de France que nos politiques traitres
et complices laissent faire apres destructions de nos fermes d'elevages, de nos cultures sans OGM
etc..etc l'esprit etait encore de "taille humaine",etait de qualité avec un rapport plus juste a la
nature ;mais maintenant tout est dans la demesure, le fric..puissions nous retrouver au + vite
notre bon sens et refuser toutes ces derives

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