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Pourquoi tout le monde s'est trompé sur le phénomène El Niño cette année

Publié par David Jarry - Webmaster sur 19 Novembre 2014, 07:14am

Catégories : #Climat

Pourquoi tout le monde s'est trompé sur le phénomène El Niño cette année

Quand on est dans l'erreur, il faut reconnaître ses torts. Malgré les prédictions en avril dernier, certains scientifiques ont du admettre qu'il n'y aura pas de super El Niño cet hiver. En fait, selon de nouvelles informations révélées le 4 novembre 2014, les chances qu'il n'y ait même aucun El Niño sont en train d'augmenter.

Etant donnés ces ridicules modèles de prévisions en date d'avril, de nombreux prévisionniste (à revoir ici) ont mordu à l'hameçon. (Certains, soyons justes, étaient néanmoins plus mesurés.)

 

Pour commencer, une rapide explication: pour qu'un événement El Niño majeur survienne, l'atmosphère et l'océan doivent unir leurs forces. Les alizées du Pacifique peuvent changer de direction lors d'El Niños importants, injectant de l'eau chaude à la surface, qui renforce le phénomène et qui initie une réaction en chaîne menant à une météo anormale.

Voici le type d'el Nino qui était attendu (zone rouge du pacifique)

Au final, un fort El Niño n'est simplement pas arrivé. Et désormais, il semblerait que même la probabilité d'une version réduite du phénomène soit incertaine. Que se passe-t-il?

Sur le site officiel de la National Oceanic and Atmospheric Administration consacré à El Niño, Emily Becker écrit que des événements moins forts, comme celui qui se forme cette année, sont plus difficiles à prévoir. Même si la prévision climatique saisonnière connaît des résultats plutôt probants depuis des dizaines d'années, la majorité des événements non anticipés se sont produits plus récemment, depuis les années 2000, lorsque des phénomènes plus faibles étaient la règle.

Les prévisions climatiques saisonnières ont tendance à se focaliser sur le signal qui témoigne du réchauffement de l'océan Pacifique central qui définit El Niño. Mais cette année, le Pacifique était chaud à peu près partout, déséquilibrant peut-être ainsi l'association cruciale entre atmosphère et océan pour obtenir un El Niño mature.

Angela Fritz, du Washington Post’s Capital Weather Gang, explique:

«Quand la surface océanique est partout assez chaude, il n'y a pas de fort gradient de température [pas de forte variation, ndlr] à partir duquel la composante atmosphérique peut se former.

Plus important encore, pour qu'El Niño se réalise, le gradient de la température de la surface de la mer doit ne pas être élevé à l'équateur, de l'Australie à l'Amérique du Sud. Ce gradient, de tempéré à l'ouest à plus chaud à l'est, pousse les vents le long de l'équateur, ce qui produit en retour un gradient de température plus élevé, et ainsi de suite.»

El Nino actuel en novembre 2014

Par essence, un océan Pacifique qui se réchauffe graduellement réduit notre capacité à prédire le phénomène climatique saisonnier le plus important, tout en l'atténuant.

Pour les météorologues, cela signifie que les prévisions de cette année ont été «assez frustrantes». Ce qui rappelle un autre feu de paille, qui remonte à tout juste deux ans.

 

Néanmoins, cela ne signifie pas que les changements équivalents à El Niño ne se sont pas produits. Des conditions limites pour être qualifiées d'El Niño (tout dépend de la définition) persistent depuis des mois maintenant. Des effets équivalents à El Niño se sont déjà fait ressentir à travers le monde –comme les méga-sécheresses actuelles du Brésil, une saison de la mousson morose en Inde, les balbutiements d'une saison d'ouragans dans l'Atlantique et le festival de tempêtes tropicales à Hawaii.

Oh, et le monde est aussi en lice pour sa plus chaude année jamais enregistrée, boostée par El Niño.

Mais pour ceux qui observent les performance d'El Niño, ce n'est pas assez. Et surtout, ça ne justifie pas, même de loin, le genre de prédictions que moi et d'autres avons réalisées cette année.

Il y a toujours une chance que le quasi-El Niño de cette année atteigne les critères officiels et se prolonge même jusqu'en 2016. Mais ce ne sera pas le monstre auquel bon nombre d'entre nous pensions.

Adaptation La Terre du Futur et source de http://www.slate.fr/

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Éric G. Delfosse 19/11/2014 18:23

Bon, alors, finalement, neige à Noël ou bikini à la Mer du Nord ?

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