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Rosetta : l'eau de la comète est bien étrange

Publié par David Jarry - Webmaster sur 11 Décembre 2014, 07:10am

Catégories : #Espace

© Fournis par Le Figaro

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La comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko suivie par la sonde européenne Rosetta depuis le début de l'été ne cesse pas de surprendre les scientifiques. Avant l'atterrissage acrobatique du robot Philae le mois dernier, le vaisseau mère Rosetta a réussi à faire des mesures très détaillées de la composition de l'eau éjectée par la comète. «Depuis que la sonde Rosetta s'est approchée à moins de 100 km de 67P, les deux spectromètres de masse de l'instrument Rosina détectent très clairement la signature de l'eau », explique Kathryn Altwegg, responsable scientifique de Rosina, à l'université de Berne (Suisse), et premier auteur de l'étude publiée jeudi dans la revue américaine Science. Cette eau est éjectée sous forme gazeuse par le noyau de la comète 67P qui se réchauffe progressivement en se rapprochant du Soleil. «Mais la concentration d'eau autour de 67P est extrêmement faible, et s'apparente à ce qu'on appelle un vide de très bonne qualité lorsqu'on travaille en laboratoire, précise la chercheuse suisse. Malgré ça, on arrive à compter les molécules d'eau et à distinguer celles qui sont plus lourdes que les autres.»

Origine de l'eau

En déterminant avec précision la masse des molécules d'eau, les scientifiques arrivent à compter la proportion d'atomes lourds d'hydrogène, des isotopes appelés deutérium. Le noyau de deutérium, nommé D, contient un proton et un neutron, alors que celui de l'hydrogène ne contient qu'un proton. Ce très léger excès de masse est détecté par les instruments de Rosetta, et permet de déterminer le rapport deutérium sur hydrogène (D/H), qui est une signature particulièrement intéressante de la provenance de l'eau. Un point particulièrement crucial pour déterminer l'origine des océans et de l'atmosphère de notre planète, qui s'est formée il y a 4,5 milliards d'années dans une zone chaude et donc sèche, relativement près du Soleil.

Et lors de survols à 30 km d'altitude en septembre dernier Rosetta a justement trouvé que ce rapport isotopique était plus de trois fois plus élevé pour l'eau de la comète Tchourioumov-Guérassimenko que pour celle des océans terrestres. «C'est une surprise puisque deux autres corps provenant de la même famille de comètes que 67P, celle provenant de la région de Jupiter, avaient des rapports D/H semblables à celui de l'eau sur Terre», explique Bernard Marty, spécialiste des variations des rapports isotopiques dans le Système solaire au Centre de recherche pétrographiques et géochimiques à Vandœuvre-lès-Nancy, également membre de l'équipe Rosina. En 2011, certains avaient alors pensé que la famille des comètes de Jupiter pouvait être à l'origine des océans terrestres. La récente mesure autour de 67P montre que les comètes de la famille de Jupiter sont plus variées que ce que l'on pensait, et qu'elles n'ont pas toutes contribué à enrichir notre planète en eau.

Le mystère n'est pas encore résolu

Les autres comètes, provenant quant à elles d'un réservoir beaucoup plus lointain que Jupiter, la ceinture d'Oort, à 10.000 fois la distance Terre-Soleil, ne sont pas de bonnes candidates pour avoir ensemencé la Terre en eau car elles ont un rapport deutérium sur hydrogène en moyenne deux fois supérieur à celui de la Terre. Les corps du Système solaire dont l'eau a la composition isotopique la plus proche de celle de la Terre sont les astéroïdes, des petits astres rocheux qui orbitent entre Mars et Jupiter. «La famille des météorites appelées chondrites carbonées est issue de corps qui contiennent 10 % à 15 % de leur masse en eau, sous forme de minéraux hydratés, et cette proportion serait suffisante pour apporter toute l'eau présente aujourd'hui sur Terre », précise Bernard Marty.

Le mystère de l'origine des océans terrestre n'est pas encore résolu, mais Rosetta a encore bien des découvertes à faire. «En se rapprochant du Soleil, la quantité de gaz éjectés va s'accroître, et d'ici au mois d'août 2015, les signaux enregistrés par nos instruments vont encore augmenter d'un facteur 100, et nous allons voir bien d'autres choses », se réjouit Kathryn Altwegg.

Le Figaro

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marie 11/12/2014 09:49

Que des mystères à élucider !!!!! De toute une vie il n'arriveront pas à trouver tout ce qu'ils voudraient !!

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