Le Nouveau Paradigme

Le Nouveau Paradigme

Commencer à penser par soi même c'est déjà faire partie de la solution


Bisphénol A interdit: remplacé par d'autres bisphénols aussi dangereux

Publié par David Jarry - Webmaster sur 27 Janvier 2015, 07:28am

Catégories : #Santé

Bisphénol A interdit: remplacé par d'autres bisphénols aussi dangereux

Avec l'interdiction étendue du bisphénol A aux récipients alimentaires, on pensait être débarrassé de ses risques sur la santé. Que nenni ! Le bisphénol F et le bisphénol S, substituts du bisphénol A dans certaines applications, ont le même effet négatif sur le testicule fœtal humain que celui du bisphénol A. C'est ce que viennent de démontrer des chercheurs de l'Unité mixte de recherche 967 « Cellules souches, Radiations et instabilité génétique » (CEA/Inserm/université Paris Diderot)[1]  avec la même méthode in vitro qui avait permis à l'équipe d'analyser, en 2012, l'effet négatif du bisphénol A sur le testicule[2].

Le bisphénol A et ses risques sur la santé

Le bisphénol A est un composé chimique qui entre dans la composition de plastiques et de résines. Il est notamment utilisé dans la fabrication de récipients alimentaires et est présent dans les films de protection à l'intérieur des canettes et des boîtes de conserves. Plusieurs études ont montré que ce composé induit des effets néfastes sur la reproduction, le métabolisme et le cerveau. L'impact maximal du bisphénol A se produit pendant la vie fœtale.

Chez l'homme et les mammifères, la testostérone produite par le testicule pendant la vie fœtale impose la masculinisation des organes génitaux internes et externes. En son absence, ces organes évolueraient spontanément dans le sens femelle. Une diminution de la production de testostérone fœtale peut se traduire par des défauts de la masculinisation observés à la naissance (tels que l'hypospadias et la cryptorchidie). De plus, il est probable qu'un défaut de la production de testostérone pendant la vie fœtale puisse se traduire par une altération de la production spermatique à l'âge adulte (UMR 967).

Depuis janvier 2011, la fabrication et la commercialisation des biberons contenant du bisphénol A sont interdites en Europe. De plus, une loi récente interdit en France, dès janvier 2015, la fabrication, l'exportation, l'importation et la mise sur le marché de tout conditionnement alimentaire contenant du bisphénol A. Le bisphénol S et le bisphénol F[3] sont des produits de remplacement du bisphénol A, actuellement à l'étude ou déjà utilisés. Bien qu'ils aient une structure chimique proche de celle du bisphénol A, leur dangerosité n'a encore jamais été testée chez l'Homme et les autres mammifères, et il n'y a actuellement aucune réglementation les concernant.

Pour évaluer la dangerosité des perturbateurs endocriniens[4] sur le développement du testicule pendant la vie fœtale, René Habert et ses collaborateurs du Laboratoire de Développement des Gonades  (UMR 967 « Cellules souches, Radiations et instabilité génétique » - CEA/Inserm/université Paris Diderot) utilisent depuis de nombreuses années une approche expérimentale originale qu'ils ont mise au point et appelée Fetal Testis Assay (FeTA)[5]. Cette méthode permet de maintenir en vie des testicules fœtaux humains dans une boîte de culture pendant plusieurs jours et de tester les effets de l'addition de différents produits chimiques sur leur développement et leurs fonctions. En 2012, et grâce à cette méthode, les chercheurs ont apporté la première preuve expérimentale que le bisphénol A inhibe la production de testostérone par le testicule du fœtus humain. Une concentration de bisphénol A de 2 microgrammes par litre dans le milieu de culture est suffisante pour induire ces effets. Celle-ci équivaut à la concentration moyenne généralement retrouvée dans le sang, les urines et le liquide amniotique de la population.

Le bisphénol A sans danger pour la santé ?

L'Agence sanitaire européenne, l'EFSA a publié une nouvelle évaluation du bisphénol A et a affirmé, le 21 janvier 2015, que "le BPA ne présente pas de risque pour la santé des consommateurs de tous les groupes d'âge (y compris les enfants à naître, les nourrissons et les adolescents)."

L'association Génération Futures a "réagit très fermement à ce rapport de l'Agence sanitaire européenne. En effet, des centaines d'études universitaires publiées dans des revues à comité de lecture montrent des effets délétères du BPA à des doses très très inférieures aux doses journalières tolérables actuelles."
François Veillerette, porte-parole de Générations futures, accuse : "l'EFSA continue à se cramponner à une poignée d’études réalisées selon les critères de l'industrie pour défendre l'indéfendable, sans prendre en compte l'ensemble de la connaissance scientifique validée, publiée dans les revues scientifiques."

Les bisphénols F et S sont aussi dangereux que le bisphénol A

Dans cette nouvelle étude, dont les résultats viennent d'être publiés sur le site de la revue Fertility and Sterility, les chercheurs ont utilisé le même système de culture. Ils ont observé que l'exposition in vitro des testicules fœtaux humains au bisphénol S ou au bisphénol F réduit la production de testostérone, par le testicule fœtal humain, de façon tout à fait identique à la réduction provoquée par le bisphénol A. C'est la première fois que l'on démontre un effet délétère des bisphénols S et F sur une fonction physiologique chez l'Homme.

Par ailleurs, les chercheurs ont comparé la réponse aux bisphénols S et F des testicules fœtaux humains avec celle des testicules fœtaux de souris. Ils ont observé que, comme pour le bisphénol A, l'espèce humaine est beaucoup plus sensible aux bisphénols S et F que ne l'est la souris.

Comment éviter le bisphénol F ?

En Europe, le bisphénol F est officiellement interdit dans les matières plastiques et articles destinés à être en contact avec les aliments depuis 2005.

Cependant, le bisphénol F est également utilisé pour des applications variées comme des laques, des vernis, des adhésifs des plastiques, des conduites d'eau, des scellants dentaires (OEHHA14, 2012).

Enfin, le bisphénol F peut aussi être une alternative au bisphénol A dans les papiers thermiques comme les tickets de caisse et les reçus de distributeurs de billets (INERIS, 2013).

Comment éviter le bisphénol S ?

En Europe, le bisphénol S est autorisé dans les matières plastiques et articles destinés à être en contact avec les aliments, avec un taux de migration (SML) de 0,05 mg/kg (Règlement 10/2011 de la Commission).

D'après l'ANSES (2013b) et (INERIS, 2013), le bisphénol S est utilisé principalement dans la fabrication de :

  • résines polyéthersulfones en remplacement des résines polycarbonates pour la fabrication de biberons et de vaisselle pour les enfants et les cuisines de collectivité mais aussi des bouteilles de lait, des moules à chocolat, des jerricanes d'eau ;
  • résines époxy (revêtements protecteurs dans les domaines de l'emballage alimentaire comme les boites de conserves et de boissons) ;
  • papiers thermiques comme les tickets de caisse.

Ainsi, le bisphénol S est utilisé dans les revêtements protecteurs de certaines boites de conserves et de boissons. Ainsi, l'interdiction du bisphénol A dans les contenants alimentaires n'est pas une mesure suffisante puisque l'on peut trouver dorénavant du bisphénol S en substitution.

Cette nouvelle est affligeante : après des années de lutte pour faire interdire le bisphénol A et protéger les plus petits, leurs substituts ont les mêmes effets... Pourtant, "il existe des solutions de substitution des bisphénols F et S techniquement et économiquement viables, notamment pour la fabrication de polycarbonates, des résines époxy et de papiers thermiques." indique l'INERIS.

Notes

  1. CEA-IRCM (Institut de radiobiologie cellulaire et moléculaire), centre CEA de Fontenay-aux-Roses.
  2. Communiqué 17.01.2013 - L'effet néfaste du bisphénol A prouvé expérimentalement (Plos One, déc 2012).
  3. Les bisphénols F et S sont des composés organiques aromatiques de la famille des alkylphénols.
  4. Substance ou mélange non produit par l'organisme altérant les fonctions du système hormonal, et induisant donc des effets nocifs sur la santé d'un organisme intact, de ses descendants ou sous-populations.
  5. En collaboration avec l'hôpital Antoine-Béclère à Clamart.

Sources

Référence

Eladak S, Grisin T, Moison D, Guerquin M, N'Tumba-Byn T, Pozzi-Gaudin S, Benachi A, Livera G, Rouiller-Fabre V, Habert R. A new chapter in the bisphenol A story: bisphenol S and bisphenol F are not safe alternatives to this compound - Fertil Steril. 2015 Jan;103(1):11-21. doi: 10.1016/j.fertnstert.2014.11.005. Epub 2014 Dec 2.

Auteur

 Christophe Magdelaine / notre-planete.info -

Commenter cet article

gwendal 27/01/2015 23:39

Pas de problème de tétines avec l'allaitement... ;) et pas d'utilisation de four micro-ondes non plus!
La nature l'emporte sur tout dès qu'il s'agit de sécurité...

Yann 28/01/2015 14:07

sauf que l'allaitement naturel n'est pas toujours possible.

Yann 27/01/2015 13:03

Et les bon vieux biberons en verre, on n'en trouve plus ?

bretonnes 27/01/2015 11:02

Revenons aux biberons et récipients en verre .Rien de plus naturel !!

gertrude 27/01/2015 09:36

faut au plus vite virer de EFSA ces incompetents et irresponsables notoires car tres dangereux
pour la santé humaine,leur cerveau est depuis longtemps atteint: c'est comme bruxelles le meme type humain de deseqilibrés qui autorisent les OGM : OGM encore plus nocifs pour toutes vies..
c'est curieux ce monde géré par des malades.

marie 27/01/2015 09:27

et oui on interdit une chose car elle est dangereuse
et hop on change de non et c'est reparti et c'est aussi mauvais!!

Nous sommes sociaux !

Articles récents