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De la vie à 19 kilomètres sous la terre ?

Publié par David Jarry - Webmaster sur 9 Février 2015, 11:26am

Catégories : #Sciences

De la vie à 19 kilomètres sous la terre ?

Une activité biologique pourrait exister à quelques 19 kilomètres sous la terre, soutient une géophysicienne de l'Université de Yale (États-Unis). Une thèse qui s'appuie sur la découverte d'un minéral issu des profondeurs terrestres, et dont la composition chimique indique qu'il a été altéré par des processus biologiques.

Des bactéries vivraient-elles à 19 kilomètres sous la surface de la Terre ? C'est en tout cas la conviction de la géophysicienne américaine Philippa Stoddard (Université de Yale, États-Unis), suite à la découverte d'un minéral à l'étrange composition chimique sur l'île de Lopez, située près de Washington (États-Unis).

Quelles sont les caractéristiques de ce minéral qui incitent ce chercheur à penser qu'une vie bactérienne existerait à quelques 19 kilomètres sous la terre ? Tout d'abord, il faut savoir que le minéral en question, de l'aragonite (l'aragonite est une espèce minérale de la famille des carbonates, dont les cristaux peuvent atteindre 30 centimètres), provient des profondeurs de la terre. En effet, les îles San Juan dont fait partie l'île de Lopez ont surgi des profondeurs terrestres il y a 100 à 85 millions d'années, à l'emplacement d'une zone de subduction (une zone de subduction apparaît lorsqu'une plaque tectonique plonge sous une autre plaque, s'enfonçant dans le manteau terrestre, un phénomène accompagné de la formation d'une profonde fosse). En d'autres termes, l'aragonite présente sur cette île s'est très probablement formée à une profondeur terrestre avoisinant les 19 kilomètres, selon l'estimation de ce chercheur.

Penchons-nous maintenant sur la composition chimique de cette aragonite découverte par la géophysicienne américaine sur l'île de Lopez. Après analyse, ce minéral s'est révélé présenter une quantité anormalement élevée d'isotopes légers du carbone. Une signature chimique quiest communément associée à une production de méthane d'origine biologique, par exemple par des micro-organismes.

Plus précisément, Philippa Stoddard a mesuré le ratio de deux isotopes du carbone (c'est à dire des versions du carbones contenant des nombres différents de neutrons) : le carbone 12 (six protons et six neutrons au sein de son noyau atomique) et le carbone 13 (six protons et sept neutrons au sein de son noyau atomique). Le carbone 12 est donc un isotope plus léger que le carbone 13, puisque son noyau atomique comporte un neutron de moins que ce dernier (six au lieu de sept) - un détail qui a son importance comme on le verra ci-dessous.

Pourquoi se focaliser sur ce ratio ? Parce que la plupart des processus biologiques altèrent ce ratio, en produisant un excès d'isotopes légers du carbone par rapport à la quantité d'isotopes lourds. En d'autres termes, en présence d'une activité biologique, la quantité de carbone 12 par rapport à la quantité de carbone 13 s'accroît.

Pourquoi les processus biologiques augmentent-ils la quantité de carbone 12 ? A cause du méthane, produit par les organismes vivants. En effet, lorsque ces derniers consomment le carbone et produisent du méthane, le carbone 12 contenu dans ce méthane ainsi relâché retourne plus vite dans l'environnement que le carbone 13... tout simplement parce qu'il est plus léger, et donc plus mobile. Par conséquent, découvrir un excès de carbone 12 par rapport au carbone 13 dans un minéral indique généralement la présence passée ou présente d'une forme d'activité biologique.

Or, en analysant la composition chimique de l'aragonite trouvée sur l'île de Lopez, Philippa Stoddard a pu constater que la quantité de carbone 12 par rapport à celle de carbone 13 était plus importante que dans les ratios habituels. Ce qui suggère bel et bien que la composition chimique de cette aragonite a été altérée par une activité biologique.

Mais une question demeure : comment des bactéries pourraient-elles survivre aussi profondément dans la terre, à des températures dépassant largement les 100°C ? Grâce à la pression, avance la géophysicienne. Selon elle, la pression exercée à cette profondeur (environ 5000 fois celle exercée par l’atmosphère au niveau de la mer) aurait en quelque sorte stabilisé les molécules de ces supposées bactéries telles que l'ADN, les protégeant des effets destructeurs de la chaleur.

Les travaux de Philippa Stoddard ont été présentés lors de la dernière conférence annuelle de la Société Américaine de Géophysique qui se tenait à Vancouver, sous le titre : "LIGHT CARBON STABLE ISOTOPES IN ARAGONITE VEINS, LOPEZ ISLAND, WA: EVIDENCE FOR DEEP LIFE?"

https://gsa.confex.com/gsa/2014AM/finalprogram/abstract_250373.htm

http://www.journaldelascience.fr

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lasorciererouge 23/02/2015 19:22

HS

http://www.biomimesis.fr/le-biomimetisme-pour-nous-reinserer-dans-la-biosphere/

nours77 09/02/2015 16:55

Si on par dans la science fiction, allons y, il existe des cellules extrêmement résistantes a la pression et aux différences de températures,
http://fr.wikipedia.org/wiki/Organisme_thermophile
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pi%C3%A9zophile
Donc, si on fusionnait les deux, peut il existé des êtres vivant profondément dans la terre, la ou c est liquide, dans la lave ?

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