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Face à la déforestation, l'orang-outang opte pour la marche à pied

Publié par David Jarry - Webmaster sur 5 Février 2015, 22:13pm

Catégories : #Environnement

~~Les célèbres singes roux de Bornéo, jusqu'à présent arboricoles, se déplaceraient depuis peu au sol, allant jusqu'à emprunter les chemins des grumiers qui transportent les troncs. Cette rapide adaptation à leur environnement dégradé par l'Homme pourrait bien contribuer à leur survie.
Face à la déforestation, l'orang-outang opte pour la marche à pied

Les scientifiques les classaient parmi les plus arboricoles des grands singes. Les orangs-outangs passeraient en réalité beaucoup de temps sur le sol forestier selon une étude scientifique parue dans Oryx. Celle-ci a été menée par une équipe de chercheurs qui s'est basée sur des clichés régulièrement pris à l'insu des primates de l'espèce Pongo pygmaeus morio dans la forêt indonésienne de Wehea, à l'est du Kalimantan, sur l'île de Bornéo. Les pièges photographiques ont été placés dans différents environnements : 36 se localisaient dans une zone de forêt récemment exploitée, 41 dans une forêt secondaire anciennement exploitée et naturellement régénérée et 20 autres dans une forêt primaire restée intacte.

Deux ans et demi de piégeage ont permis l'obtention de 296 photographies de l'espèce. Les clichés montrent que les orangs-outangs adoptent majoritairement des comportements terrestres dans la zone de forêt récemment exploitée. Une explication possible est que la chute des arbres oblige les animaux, dans leur progression, à descendre au sol. En outre, les mâles comme les femelles n'hésitent pas à traverser des zones débroussaillées et à emprunter des routes de bûcherons. Encore plus étonnant, les primates se révèlent aussi terrestres dans la zone de forêt primaire où, à la cime des arbres, le couvert végétal n'est pas troué.

La déforestation, visible sur cette vue aérienne, est l'une des causes de la chute des populations d'orangs-outangs. On estime à moins de 50.000 le nombre d'individus qui survivent à l'état sauvage. © Nasa, Wikimedia Commons, domaine public
La déforestation, visible sur cette vue aérienne, est l'une des causes de la chute des populations d'orangs-outangs. On estime à moins de 50.000 le nombre d'individus qui survivent à l'état sauvage. © Nasa, Wikimedia Commons, domaine public

Préserver la forêt reste la meilleure garantie de survie de l'espèce

Jusqu'à présent, seuls les mâles étaient considérés comme d'occasionnels voyageurs terrestres. Désormais, il ne fait plus aucun doute que Pongo pygmaeus morio se déplace régulièrement au sol. « Ces résultats indiquent que la terrestrialité de ces grands singes peut être une stratégie régulière employée à peu près équitablement par les mâles et les femelles », déclare Brent Loken, chercheur à l'université Simon Fraser, en Colombie-Britannique, au Canada, et auteur principal de l'étude. « Même des femelles avec des petits ont été enregistrées dans des proportions similaires [à celles des mâles] sur les chemins forestiers, les sentiers et les crêtes », ajoute-t-il.

Pour Brent Loken, également co-fondateur d'Icon, une organisation non gouvernementale pour la protection de la nature dans cette région du Globe, ce comportement opportuniste de locomotion pourrait indiquer un certain degré de résilience aux perturbations humaines que sont la déforestation, les plantations ou encore les extractions minières. Pour autant, « nous devons faire attention à ne pas renforcer l'idée que les orangs-outangs peuvent survivre dans n'importe quel paysage altéré par l'humain », prévient le directeur d'Icon.

Considérée en danger, l'espèce a perdu la moitié de ses effectifs au cours des soixante dernières années. Aussi, la conservation de son écosystème forestier d'origine reste son meilleur gage de pérennité. Pour Icon, puisque la majorité des populations sauvages (75 %) est située en dehors des zones protégées, il est impératif de travailler avec les communautés locales et les gouvernements à élaborer des politiques durables pour la gestion des ressources forestières.

Par Andréa Haug, Futura-Sciences

 

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