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«A tout moment, un petit astéroïde peut s'écraser sur la Terre»

Publié par David Jarry - Webmaster sur 13 Avril 2015, 21:55pm

Catégories : #Espace

Vue d'artiste d'astéroïdes passant près de la Terre. Vue d'artiste d'astéroïdes passant près de la Terre. - ESA

Propos recueillis par Nicolas Bégasse

Tremblez, Terriens, car vous vivez sous la menace d’ennemis venus d’ailleurs: les astéroïdes, qui peuvent croiser la route de notre planète sans crier gare mais en causant de gros dégâts. Les centaines de personnes blessées par l’impact d’une météorite à Tchéliabinsk (Russie) en 2013 peuvent en témoigner. Comment prévoir une telle chute d’astéroïde et, le cas échéant, comment s’en protéger? Ces questions seront débattues cette semaine en Italie lors de la très sérieuse Conférence de défense planétaire. Et 20 Minutes les a posées à Nicolas Bobrinsky, chef du département de surveillance de l’espace (SSA, pour Space situational awareness) à l’Agence spatiale européenne (ESA).

Quels types d’astéroïdes doit-on craindre?

La plupart des astéroïdes qui menacent la Terre sont de petite dimension. Statistiquement, ce ne sont pas les plus gros objets qui nous inquiètent, car l’impact d’un objet qui dépasse le kilomètre a une occurrence d’environ un million d’années, alors que ceux qui mesurent de 20 à 40 mètres sont beaucoup plus fréquents. Par exemple, celui de Tchéliabinsk mesurait environ 20 mètres. Un autre, tombé en Sibérie en 1908, faisait 40m –il avait fait de gros dégâts, 2.000m2 de forêts avaient été supprimés.

Peut-on prévoir leur arrivée?

La détection, c’est le cœur du sujet. Les petits astéroïdes ne sont pas détectés. On connaît presque la totalité des astéroïdes qui dépassent le kilomètre, mais les petits sont beaucoup plus difficiles à suivre à grande distance. Il faudrait un monitoring quotidien des objets de 20 à 100m. On pourrait les détecter 3 ou 4 semaines avant l’impact, et connaître, 3 ou 4 jours avant, le lieu précis de cet impact. Ça laisserait le temps de s’organiser, de donner des consignes aux populations…

Pourquoi ne les surveille-t-on pas?

Ce qui manque, c’est un système d’observation systématique de ces petits astéroïdes. Il faut un réseau de télescopes, qui fasse une observation systématique de la voûte céleste. Un tel réseau n’est pas en place aujourd’hui. L’ESA travaille actuellement sur un prototype de télescope -il en faudrait quatre, répartis sur tout le globe, pour faire une observation systématique. Le prototype pourrait être prêt à la mi-2017, et le réseau complet, autour des années 2020.

Cela veut-il dire qu’un astéroïde de moins de 100m peut nous tomber dessus à tout moment?

Aujourd’hui personne, ni nous, ni les Américains, ni les Russes, ni les Japonais, ne fait d’observation systématique des astéroïdes de petite taille. Du coup, des astéroïdes peuvent passer entre les mailles du filet. A tout moment, mais avec une probabilité assez faible, une situation du type de Tchéliabinsk peut se produire.

Mettons qu’un gros astéroïde nous fonce dessus: que faire?

Nous avons un projet nommé AIDA, qui a deux composantes: DART, un vaisseau chargé de l’impact avec l’astéroïde, et AIM, une sonde chargée de l’observation de cet impact. L'objectif ce serait de les dirigers vers Didymos, un double astéroïde. L’idée c’est de percuter le plus petit objet et d’étudier in situ sa déviation. Une étude de faisabilité a été faite, une autre est en cours, qui sera terminée à la mi-2016 pour une proposition en décembre 2016 aux ministres des pays membres de l’ESA. On verra ensuite si on poursuit le projet, s’il y a un intérêt de leur part et s’ils sont prêts à le financer.

(voir la vidéo originale par ici)

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fin 14/04/2015 15:35

nous petit pré-humain,, nous ne sommes pas grand chose!!!!

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