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Troubles autistiques : une augmentation en trompe-l'œil

Publié par Le Nouveau Paradigme sur 27 Mai 2015, 09:54am

Catégories : #Santé

Troubles autistiques : une augmentation en trompe-l'œil

Une étude suédoise attribue la hausse du nombre d'enfants diagnostiqués comme autistes à un dépistage trop poussé.

 

On assiste depuis une vingtaine d'années à une augmentation spectaculaire du nombre de cas de troubles du spectre autistique (TSA) dans le monde. Ces pathologies, souvent regroupées sous le terme d'autisme et qui se traduisent par des difficultés de communication, d'interaction et par des comportements stéréotypés et répétitifs, toucheraient aujourd'hui en France près de 1 personne sur 150, contre 1 personne sur 370 il y a seulement quatorze ans.

La recherche de nouvelles causes environnementales aux TSA est très active et suscite de fortes inquiétudes: vaccins, pollution, exposition aux métaux lourds, alimentation moderne ont été tour à tour mis en cause. Pourtant, d'après le Pr Éric Fombonne, de l'université de l'Oregon (États-Unis), spécialiste mondial de l'autisme, «non seulement les vaccins ont été mis hors de cause, mais, de plus, aucune étude n'a pu montrer de lien entre des facteurs environnementaux et l'autisme».

D'après l'équipe de Christopher Gillberg, de l'université de Göteborg (Suède), la prévalence des troubles autistiques est en réalité stable: l'augmentation du nombre de cas diagnostiqués n'est pas liée à une augmentation du nombre de cas réels dans la population générale. Pour arriver à cette conclusion, publiée dans le British Medical Journal, les scientifiques ont étudié la répartition des profils autistiques dans une cohorte d'enfants suédois nés entre 1993 et 2002 à l'aide d'entretiens téléphoniques avec leurs parents.

Évolutions sociales

Cette méthode permet d'établir l'ordre de grandeur de la prévalence des TSA tout en s'affranchissant du biais de sélection des résultats issus des statistiques officielles: «La méthodologie reste néanmoins discutable, commente Éric Fombonne, à cause du manque de sensibilité des entretiens téléphoniques, mais les résultats obtenus n'en demeurent pas moins cohérents avec les observations des spécialistes: il n'y a pas d'épidémie de troubles autistiques.» Alors que les données du registre national des patients de Suède montrent une multiplication par deux du nombre de cas diagnostiqués entre 1993 et 2002 (de 0,25 à 0,5 %), l'étude Gillberg montre une prévalence réelle stable autour de 1%.

Pour expliquer cet écart, les scientifiques évoquent essentiellement des évolutions sociales: les parents sont davantage encouragés à faire diagnostiquer leurs enfants grâce à une meilleure reconnaissance de l'autisme dans les sociétés occidentales. «Aux États-Unis, par exemple, il y a trente ans, les troubles autistiques n'ouvraient pas droit à des aides, et les enfants étaient donc plus souvent diagnostiqués comme déficients mentaux. Aujourd'hui, la situation a changé: les parents, et même les écoles, sont en demande de diagnostic d'autisme», surenchérit le Pr Fombonne. Les auteurs de l'étude soulignent néanmoins le danger d'un dépistage trop inclusif de l'autisme: d'autres troubles psychiques, du langage ou du déficit de l'attention pourraient être éclipsés, alors même qu'ils demandent une prise en charge spécifique.

Par Martin Tiano

 

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