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Après sept mois de torpeur sur "Tchouri", le robot Philae s’éveille enfin

Publié par Le Nouveau Paradigme sur 14 Juin 2015, 20:42pm

Catégories : #Espace

Le robot Philae a redonné signe de vie.© AFP/ESA MEDIALAB Le robot Philae a redonné signe de vie.

« Philae est opérationnel », a déclaré, dimanche 14 juin, Stephan Ulamec, responsable de cet engin à l’Agence spatiale européenne (ESA). Ce mini-laboratoire, qui est posé sur la comète 67P Tchourioumov-Guerassimenko depuis le 12 novembre, a donc enfin donné de ses nouvelles. Peu avant minuit samedi, les équipes ont reçu un signal bref pendant une quarantaine de secondes en provenance de Rosetta, l’orbiteur qui scrute l’évolution de la comète depuis août 2014 et qui avait largué Philae sur son sol gelé et poussiéreux, à quelque 500 millions de kilomètres de la Terre. Une première.

Une soixantaine d’heures après l’atterrissage et après de premières expériences in situ, Philae s’était arrêté faute de batterie et était entré en hibernation. Depuis le 12 mars, les équipes de l’ESA étaient à l’écoute, chaque mois pendant environ une semaine, d’un éventuel signal qui les aurait informés de l’état de santé du robot.

La quatrième tentative a été la bonne. Le signal est finalement arrivé avec de bonnes nouvelles. Les panneaux solaires fonctionnent puisqu’ils ont pu apporter les 19 watts nécessaires à l’émission du signal. Les premières données reçues indiquent même que 24 watts sont disponibles. La température interne est passée au-dessus de - 45 °C, à partir de laquelle l’ordinateur de bord peut travailler. « Nous sommes heureux. Nous allons pouvoir travailler sur ces données et celles qui vont suivre », s’enthousiasme Jean-Pierre Bibring, responsable scientifique de Philae et astrophysicien de l’université Paris Sud (Orsay).

Seul bémol, la communication entre Rosetta et Philae est de très courte durée, quelques minutes au lieu de l’heure de contact escomptée. Les informations arrivent donc par intermittence. L’ESA indique ainsi avoir reçu 300 paquets sur les 8 000 en mémoire.

« C’est déjà un premier pas important de savoir que Philae n’est pas cassé ou recouvert de poussières. Nous retrouvons de la confiance », confie Philippe Gaudon, responsable des opérations de la mission au Centre national d’études spatiales (CNES).

« Nous essayons d’améliorer les conditions de communication entre Rosetta et Philae », explique Jean-Pierre Bibring. Rosetta est en orbite à quelque deux cents kilomètres de la surface afin de se protéger des émissions de poussières, qui s’accentuent à mesure que la comète se rapproche du Soleil.

Le 14 février, un rase-mottes à seulement six kilomètres de la surface avait constitué un record. Mais un mois plus tard, un nouveau survol, plus haut, avait un temps fait perdre le contrôle de l’orbiteur à cause des nombreuses poussières émises par le noyau.

En restant donc à bonne distance, les équipes doivent analyser à quel moment l’orientation et la position sont les plus favorables pour améliorer cette communication. « A cette distance, on ne parle plus vraiment d’orbite, ce sont plutôt des successions d’allers-retours et de lignes droites, explique Philippe Gaudon. Il va donc falloir piloter différemment Rosetta afin d’améliorer la communication. » Signe de ces difficultés, douze heures après le premier signal, un second aurait dû arriver mais n’a pas été reçu.

La tâche est compliquée par le fait que la position exacte de Philae est mal connue. Le 12 juin, le CNES a cependant annoncé avoir repéré le petit engin sur la « tête » de la comète, grâce à un cliché de Rosetta. Philae se trouve coincé au pied d’une falaise et pas exactement à l’horizontale, ce qui avait compliqué la réalisation d’expériences de forage de la croûte de la comète en novembre.

Cette position, à l’ombre, a néanmoins l’avantage d’avoir protégé les systèmes électroniques de trop fortes chaleurs. Ainsi les nouvelles expériences apporteront des informations sur un noyau bien plus actif, c’est-à-dire éjectant plus de gaz et de poussières que prévu initialement. Les séquences informatiques à télécharger sur Philae sont prêtes mais ne pourront débuter que lorsque la « visibilité » avec Rosetta sera meilleure et que les communications dureront plus de trente minutes. Sans doute pas avant une semaine ou deux.

En attendant, les premiers résultats scientifiques tirés des expériences du mois de novembre sont en cours d’examens par des spécialistes, en vue de publication cet été.

Rosetta a par ailleurs apporté de nombreux résultats et de nombreuses questions sur la nature de la comète. Le noyau semble très poreux, avec une densité inférieure à celle de l’eau liquide. L’eau glacée qu’elle contient n’a pas la même composition que celle des océans terrestres, écartant l’idée que notre eau aurait été apportée uniquement par des collisions avec des comètes. Les paysages géologiques sont bien plus complexes qu’attendu, alternant plaines sablonneuses, hautes falaises et gouffres insondables.

Il reste à savoir quelle est la composition exacte de la matière organique présente sur Tchourioumov-Guerassimenko, pour savoir si la vie terrestre aurait été favorisée par l’apport de ces briques élémentaires biochimiques dans une pluie de comètes de même nature.

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sam 15/06/2015 11:29

passionnant cette aventure spatiale où le génie humain en ce début du 21 ème siècle part à la conquête de vérités que l'on ne pouvait que supposer. C'est le début de révélations qui donneront lieu à penser que notre présence sur cette terre n'est pas fortuite, ni ailleurs d'ailleurs....

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