Le Nouveau Paradigme

Le Nouveau Paradigme

Commencer à penser par soi même c'est déjà faire partie de la solution


9/11 : La culture du doute

Publié par Le Nouveau Paradigme sur 24 Août 2015, 22:28pm

Catégories : #Partage

Un projet des étudiants en journalisme de Gennevilliers

9/11 : La culture du doute
Un projet des étudiants en journalisme de Gennevilliers
«Le Mouvement pour la vérité»

En arrivant dans la salle de conférence de presse ce 2 février 2014, Malcolm Smith est encore hagard. Il ne réalise pas l’exploit qu’il vient de réaliser. Les caméras font leur mise au point sur lui, les flashs crépitent, il n’a même pas eu le temps de retirer sa combinaison. Un sweat 6XL à l’effigie de son équipe sur les épaules, il bafouille quelques réponses. Plus tôt dans la soirée, le linebacker a remporté avec les Seahawks de Seattle le Super Bowl, le match de football américain dont les fans et les publicitaires se délectent chaque année.

« Je me disais que je pouvais bien jouer, mais jamais je n’aurais cru être élu MVP (meilleur joueur) du match », lâche-t-il, flegmatique. Alors qu’il s’apprête à répondre à une énième question, il aperçoit sur sa droite un homme se ruer vers lui. Sweat sombre à capuche, crâne rasé, l’inconnu monte sur l’estrade et s’empare du micro. Malcom Smith n’a pas le temps de réagir, ni de comprendre. L’homme lâche une phrase cinglante à l’assemblée, face caméra : « Enquêtez sur le 11 septembre, le 11 septembre a été perpétré par des membres de notre propre gouvernement.» Son message délivré, il jette le micro devant lui, calme, sort de la lumière et des caméras, et se laisse appréhender par la police. Malcolm Smith, lui, garde le même regard perdu qu’au début. Pas certain de ce qui vient de se passer, il demande si tout le monde va bien, avant d’esquisser, en souriant : « Que quelqu’un vérifie sa carte de presse. » Il vient de se faire voler la vedette.

 

Matthew Mills, c’est son nom, a été arrêté puis relâché par la police du New Jersey, il sera poursuivi pour intrusion. Qu’importe, ce jeune trentenaire a réussi un coup de maître : squatter l’antenne de l’événement le plus regardé de l’année, et ce grâce à une vieille accréditation d'un festival couvert précédemment, semblable à ceux délivrés aux médias. Si cette conférence d’après match n’a pas atteint les 111,5 millions de téléspectateurs du Super Bowl, Matthew Mills a remis sur le devant de la scène son groupe : le 9/11 Truth Movement. Cette nébuleuse est née aux États-Unis en mars 2004 suite à la conférence de San Francisco où des chercheurs dissidents et des citoyens sceptiques ont décidé de rassembler leur force pour contester la version officielle du gouvernement américain sur le 11 septembre. Ce rapport final de la commission nationale sur les attaques terroristes contre les États-Unis, publié le 22 juillet 2004, fait face aux violentes critiques d’une partie de la population américaine.

Les «Truthers», comme ils se surnomment, veulent ainsi convaincre l’opinion publique de la nécessité d’une nouvelle enquête, indépendante, sur les attentats. Ils agissent principalement via Internet mais leurs coups médiatiques se font sur le terrain : ils organisent régulièrement des événements publics tels que des manifestations et mènent également des actions coup de poing, comme ce membre de l’organisation qui est intervenu en pleine conférence de presse d’après Super Bowl.

Car près de treize ans après, la plaie reste ouverte. Chaque Américain peut raconter ce qu’il faisait ce jour-là. Des sites recueillent des milliers de témoignages sur cette journée. Et si les souvenirs persistent, les théories aussi.

 


Avec l’avènement d’Internet comme support médiatique accessible à tous, certaines théories du complot n’ont jamais eu autant d’audience qu’aujourd’hui. C’est particulièrement le cas des attentats du 11 septembre, sujet sur lequel circule un nombre incroyable d’articles et de vidéos contestant la version officielle. The Economist a fait le compte en 2008 : plus de 603 000 pages web (en anglais) relatent la théorie complotiste rendant le gouvernement responsable des attentats, ou qui l'aurait laissé se produire.

 


Mais alors que l’on pourrait croire à un mouvement 100% américain, certaines organisations sont apparues dans la foulée à travers le monde. C’est ici que l'association française ReOpen911 et son site ReOpen911.info intervient pour relever et traduire toutes ces informations, mais aussi relayer les enquêtes ou analyses faites en France, toujours pour se distinguer de ceux qu'on appelle « complotistes ».

En quête de crédibilité

Le site ReOpen911.info, créé en 2006, possède aujourd’hui deux versions. Pour les “novices”, peu connaisseurs du dossier, le site met en avant ses onze arguments clés contredisant les rapports officiels sur ces attentats et propose de nombreuses vidéos sur ce thème. L’objectif est clairement de convaincre un nouvel auditoire, qui n’a pas encore de position sur la question. On peut estimer ici que les concepteurs du site ont recours à ce qu'on appelle l’Effet Fort, un mille-feuille argumentatif sans preuve scientifique ou factuelle, mais pouvant être pertinent pour un internaute lambda. Le but est également de provoquer un Effet de Dévoilement, de sorte que le visiteur estime qu’il a compris ce qui s’est peut-être réellement produit. Ces deux théories sont développées par Gérald Bronner dans son livre La Démocratie des Crédules. L’autre partie du site est réservée aux visiteurs “réguliers”, ceux qui ont déjà adopté la position de ReOpen911 et qui produisent des contenus pour lui. Une grande partie des articles publiés sont des traductions provenant de personnalités ou de médias américains. On retrouve aussi des vidéos, un blog, la rubrique “News”, et de nombreux contenus tels que des interviews, des entretiens ou des documentaires, qui n’ont pas forcément été diffusés ailleurs sur Internet.

« Préserver la domination mondiale des États-Unis »

Pour appuyer leur position, les concepteurs du site se basent entre autres sur onze arguments clés. Ils émettent par exemple des doutes sur l’organisation de l’enquête, pilotée par la Maison Blanche, mais aussi sur les théories scientifiques officielles expliquant l’effondrement des tours, notamment celui de la WTC7 qui n’a pas été initialement touchée par un avion. Ils reviennent aussi sur la "mauvaise organisation" de l’armée de l’air censée intervenir en cas de détournements d’appareils. Ils affirment aussi que Ben Laden a nié à plusieurs reprises être le cerveau de ces attentats. Ils terminent leur argumentaire en faisant part d'arguments supposant que les attentats du 11 Septembre auraient été orchestrés par les États-Unis pour « préserver la domination mondiale » américaine. Mais ils ne se limitent pas seulement aux attentats du 11 septembre. Toujours dans une démarche contestataire, ils reviennent sur l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy, sur la psychose autour du terrorisme islamique, sur l’émergence de l’utilisation de drones de combat, etc. Dans leurs publications, les auteurs affirment défendre « les valeurs démocratiques et républicaine » et faire leurs recherches « avec un souci d’objectivité et dans le respect des règles du journalisme. » Toujours, bien sûr, pour donner plus de poids et de crédibilité à leur discours. Ce n'est donc peut être pas un hasard si ReOpen a choisi un .info pour l'adresse de son site. 

Communiquer pour alerter

Premier des 5 objectifs de ReOpen911, « porter à la connaissance d'un large public les informations majeures relatives aux attentats du 11 Septembre. » Ce travail nécessite une vaste diffusion, et sur le plus grand nombre de supports possibles. Mais si leur présence dans les médias "traditionnels" que sont l'écrit et la télévision sont minimes et très souvent synonymes de mauvaise presse, Internet permet à l'association de véritablement relayer les informations relatives au 11 Septembre, et en substance obtenir une visibilité qui le rend incontournable dans son domaine.

Une grande présence audiovisuelle, mais en ligne

Si ReOpen n'est pas adepte des prises d'antennes intempestives comme celle du dernier Super Bowl, ou d'autres coups d'éclat en tout genre, son succès premier réside dans son activité audiovisuelle. Ils utilisent YouTube et DailyMotion comme des jardins où les vidéos fleurissent par centaines. La plupart en provenance directe des États-Unis et des groupes associés au 9/11 Truth Movement, ou des films documentaires traduits par leurs soins comme Loose Change : LA série de documentaires qui a réellement lancé, sur le 11 Septembre, cette pratique de la recherche citoyenne d'informations.

Membre depuis le 12 septembre 2006 sur DailyMotion et le 18 octobre de la même année pour Youtube, ReOpen comptabilise maintenant environ 550 vidéos pour plus de 9 millions de vues. Parmi elles, des reportages d'émissions de télévision françaises, des clips qui soulignent en quelques minutes toutes les incohérences des attentats mais aussi des vidéos de soutien un brin humoristique.

 

Pourtant cette activité n'est pas leur force principale. Sur les 100 premiers sites pointant vers ReOpen911, seulement 7,7% sont issus des hébergeurs de vidéos, contre 46,2% pour les blogs de dissidence à caractère politique, culturel ou idéologique. Des sites qui se servent des informations collectées par ReOpen pour alimenter leurs propos, souvent plus engagés, d’un point de vue politique.

Rebondir sur les scandales

Le site est également très présent sur des pure-players à forte visibilité, comme AgoraVox. Ce média citoyen en particulier est un élément primordial dans la communication de ReOpen911, qui s’en sert comme un relais d’articles auprès d’une communauté douteuse à l’égard des informations transmises par les médias traditionnels. Depuis leur premier texte posté sur Agoravox, le 12 mars 2010, ReOpen a publié 92 articles, presque tous sont des copies d’abord écrites sur Reopen911.info.

Mais les plus susceptibles de créer une forte visibilité sont ces déclarations de personnalités sur les attentats, comme l’humoriste Jean-Marie Bigard, l’actrice Marion Cotillard ou le réalisateur Mathieu Kassovitz. Tous ont indiqué avoir des doutes sur la version officielle, ce qui provoque un premier élan pour le site, qui reprend leurs propos. Une deuxième impulsion s’effectue lorsque ces déclarations sont critiquées par une grande majorité des médias, permettant à ReOpen de se placer en défenseur de la liberté d’opinion, et souligner le fait que tout débat sur le sujet du 11 Septembre est impossible. Par exemple, ReOpen911 conclu dans l’affaire Cotillard que l’actrice « n'est décidément pas isolée et encore moins la seule à se poser des questions et à faire preuve d'honnêteté intellectuelle. Plus de 700 personnalités ont pris position et chaque jour de nouveaux courageux s'allient à notre cause. »

Une occupation du thème sans équivoque en France

ReOpen 911 n’est pas uniquement connu par ses actions sur le web. Le site est aussi une association, et peut donc engager des actions extérieures, visant à améliorer sa visibilité et les thèmes que défendent ses membres.

En coproduisant le documentaire ONE - Enquête sur Al-Qaida, en étant les seuls à commander une enquête d’opinion sur les attentats à HEC Junior Conseil et en organisant une manifestation à Paris « pour la Paix et la fin du silence sur le 11 Septembre » (les deux premières actions étant réalisées avec le soutien financier des internautes et de particuliers), ReOpen s’inscrit comme l’acteur majeur du sujet en France. 

Mais pour que leur visibilité soit optimale, il leur manque une chose : les médias. ReOpen suscite un grand nombre de critiques de la classe médiatique, qui les marginalise, les qualifiant sans hésiter de « complotistes ». Ce qui a aussi l’avantage de représenter l’une des meilleures formes de communication possible pour le site.

 
 
ReOpen et les médias

Il arrive que les médias soient complices, parfois malgré eux, de la diffusion de ces théories alternatives. Comme le montre l’un des graphiques utilisés plus haut, sur les cent premiers résultats d’une recherche Google avec les termes «11 septembre 2001 complot», trente redirigent vers des articles de médias français reconnus. Parfois pour démonter les thèses de complots, mais souvent pour les détailler. La raison est simple : l’audience. Mensonges d’État, complots, ou même OVNI, les journalistes sont bien conscients de l’attrait que ces sujets suscitent. Tout se joue autour d’une question : «Et si l’on ne nous disait pas la vérité ?» Les médias flirtent, dans ce cas précis, avec la culture du doute.

ReOpen face à la critique

Cette culture fait aussi le jeu de ReOpen 911. Même s’ils sont constamment décrits dans les médias comme des « complotistes », des « illuminés » et parfois même qualifiés injustement « d’antisémites », preuve que le débat est assez restreint sur le sujet en France, ces différentes attaques font parties de leurs meilleures opportunités de visibilité. Les membres de ReOpen répondent toujours présents quand les médias s’intéressent à eux, qu’il s’agisse d’un article sur les attentats ou sur les théories du complot. Une de leurs plus grandes “contre-attaques” est le documentaire Un jeudi noir de l’information, qu’ils ont réalisé à la suite du reportage de Stéphane Malterre intitulé « Rumeur, intox: les nouvelles guerres de l’info » et diffusé dans Jeudi Investigation sur Canal Plus. La vidéo de ReOpen reprend point par point les arguments de Stéphane Malterre, et tente de démonter son enquête, qu’ils qualifient de « reportage malhonnête de manipulation et de diabolisation. » Et expriment leur colère face à sa réutilisation par les médias, comme ils l’indiquent dans la description dUn jeudi noir de l’information sur Dailymotion : « Les mois suivants la diffusion de ce reportage, nous avons remarqué avec une certaine incrédulité que ce très mauvais travail était très régulièrement cité en référence par des journalistes, qui l’utilisaient pour masquer leur paresse intellectuelle et cautionner leurs préjugés sur ce sujet ô combien difficile. C’est ainsi qu’un grand nombre de contre-vérités présentées dans le film du journaliste M. Malterre ont été régulièrement répétées par ses confrères. »

Si le droit de réponse demandé par le site n’a pas été accordé par la chaîne câblée, il arrive parfois que ReOpen obtienne gain de cause. En avril 2012, Le Point publie toute une thématique sur les « obsédés du complot » en attribuant à ReOpen et à leur co-fondateur AtMoh des propos qu'ils n’ont jamais tenus. Le site obtient un droit de réponse dans le magazine, et se fend sur son site d’une pique bien sentie...

 

Les polémiques autour de Caroline Fourest et Laurent Joffrin

Mais si une personne dans les médias suscite le plus de commentaires de la part de ReOpen 911, c’est l’essayiste Caroline Fourest. Sa querelle avec le site débute en 2011. Dans un article sur son blog, Caroline Fourest utilise un des documents de ReOpen, et les qualifie de « révisionnistes du 11/09. » Réponse immédiate de ceux qui se qualifient de “sceptiques” : « Nous ne pouvons pas croire que vous utilisiez ce terme tel qu'appartenant au champ lexical de la négation de la Shoah, au dessein d'insulter publiquement nos membres et sympathisants, avec les conséquences légales auxquelles vous ne manqueriez pas de vous exposer. »

La journaliste n’en démord pas puisque deux ans plus tard, le documentaire “Les Réseaux de l’extrême, les Obsédés du Complot” de la journaliste est diffusé sur France 5. Trop pour ReOpen qui décide de porter l’affaire devant le CSA pour éléments “gravement contraire à la déontologie journalistique”, une affaire toujours en cours.

ReOpen 911 a aussi une autre querelle avec le journaliste Laurent Joffrin, qui avait titré à l’occasion des 10 ans du 11 septembre: Pourquoi les complotistes sont des ennemis de la démocratie et concluait d’une phrase péremptoire : « Les négationnistes du 11 septembre sont des ennemis de la démocratie ou, au mieux, les idiots utiles de l’extrémisme. Ils doivent être dénoncés comme tels. »

ReOpen s’engagea évidemment dans le débat et, dans un second article, Laurent Joffrin répéta à nouveau « que les conspirationnistes utilisent une tromperie logique très classique : ils se concentrent exclusivement sur les points qui paraissent étranges et laissent de côté les preuves les plus solides, qu'ils rangent, sans jamais les réfuter, sous l'étiquette dépréciative de "thèse officielle". Ainsi, quiconque affirme que l'attentat est l'œuvre d'Al-Qaïda est accusé de complicité avec la politique de George Bush. Comme le font certains de mes contradicteurs, qui m'accusent de faire moi aussi partie du complot… » Un argument de Joffrin à double tranchant puisque aujourd'hui, quiconque affirmant que l’attentat n’est pas forcément l’oeuvre d’Al-Qaïda est accusé de négationnisme, anti-américanisme ou antisémitisme, ce qui n’est pas forcément plus bénéfique au débat.

 

Le débat impossible

Pendant un certain temps, l'activité de ReOpen911 sur son site Internet était très forte, avec la multiplication de contenus entre 2008 et 2012, autour du dixième anniversaire des attentats.

Pour autant, les membres de l'association ne sont que très peu sollicités pour défendre leurs causes à travers les débats médiatiques. L'exemple le plus flagrant date du 11 septembre 2008. France 24 a invité AtMoh pour débattre autour des attentats. Mais il doit faire face à des critiques, de la part de l'animateur, Sylvain Attal, qui introduit l'émission ainsi : « la vérité ne doit pas avoir peur de quelques illuminés parfois animés par des partis pris politiques et une obsession assez évidents. » Il doit également faire face à l'attaque d'Antoine Vitkine, qui affirme que le site Internet ne respecte pas les démarches journalistiques. AtMoh tente de rebondir en revendiquant être le porte-parole des citoyens qui se posent des questions sur le 11 septembre. En vain, le débat s’était déjà refermé sur lui-même.

Cela illustre toute la difficulté qu’a ReOpen911 pour s'imposer dans le débat public. Qui plus est, les journalistes ayant organisé ce débat, ont été limogés par la direction de la chaîne d'information continue, comme le révèle l'article du Point du 17 septembre 2008. France 2, principale chaîne du service public, a dédié au mois d'octobre 2009 l'émission “L'Objet du Scandale” au 11 septembre. Si Mathieu Kassowitz et Jean-Marie Bigard on pu exposer leurs doutes, aucun membre de ReOpen, médiatiquement moins intéressants que les artistes, n'a été invité à la discussion.

Si les membres du site Internet sont bien souvent boudés par les médias dans l'organisation de débats sur les attentats, ils n’hésitent pas à solliciter l’opinion publique. « Ce qui nous intéresse, nous explique un membre de l’association, c'est que les citoyens découvrent cette controverse, qu'ils prennent connaissance des faits que nous présentons, et que l'information circule par le bouche à oreille, sur internet, et dans les médias puisqu'il arrive occasionnellement que certains en parlent. On peut mesurer la "progression du doute" avec différents sondages. » Par exemple, en partenariat avec HEC Paris Junior Conseil, le site a réalisé en 2011 un sondage en France. Résultat : 58,4 % des sondés ont des doutes sur la version officielle (dont 12,6 % ayant de sérieux doutes). Près de la moitié d'entre eux (49%) sont en faveur de l'organisation d'une enquête indépendante autour du 11 septembre, la principale revendication de ReOpen. Mais là encore, le sondage donnera lieu à de nombreuses critiques : 500 personnes interrogées “seulement”, questions mal formulées…

Pas facile donc de convaincre les grands médias d'organiser des discussions autour de ce thème très sensible, les membres de ReOpen souffrant également de l'étiquette de conspirationnistes alors qu'ils estiment n’être que des citoyens doutant de la version officielle des attentats. Depuis le dixième anniversaire des attentats, l'activité du site Internet a baissé, avec une chute du nombre d’articles mis en ligne entre 2012 et 2013.

Une lassitude vis à vis du doute planant au dessus des attentats ? Les membres de l’association croient au contraire à une évolution positive et refusent de baisser les bras.

 
La démocratie, ère du doute
 

 

Le phénomène n’est pas nouveau. En particulier depuis l’avènement des sociétés démocratiques, de grands événements ou tragédies ont connu leur lot de théories alternatives, plus ou moins farfelues, plus ou moins étayées. Et dans le genre, les États-Unis ont toujours fait figure d’habitués de la thèse complotiste. Sociétés secrètes, zone 51 à Roswell, assassinat de JFK, premier homme sur la Lune, mort d’Elvis… Timothy Melley, spécialiste de la question à l’Université de Miami, estime même que la théorie du complot fait partie intégrante de la culture américaine depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. La France n’est pas en reste. En 1798, l’abbé Augustin Barruel était persuadé que les Francs-maçons et les illuminés de Bavière avait fomenté la Révolution française. Lors de l’affaire DSK, une grande partie de la société française, à quelques mois des présidentielles, n’écartait pas la possibilité d’un complot.


Mais si tant de monde se laisse effleurer par le doute, l'instauration d'un débat reste, aujourd'hui encore, impossible. L'Etat, mur inébranlable, s'en tient à ce qu'il veut bien dévoiler. Les médias rejettent, souvent avec virulence, toute voix discordante. Les exemples cités plus haut ne sont que des illustrations parmi d'autres. Face à ces deux pouvoirs hostiles, les « sceptiques » tentent alors de rallier l'espace public à leur cause. Mais comme on l'a vu ici, depuis que le 11 septembre appartient à l'Histoire, son récit s'est figé. Rapport officiel, articles, manuels scolaires... Pas un récit ne fait faux bond. Pour tenter de comprendre la place limitée des sceptiques dans les débats autour de supposés complots dans les médias, Gérald Bronner, auteur de La Démocratie des Crédules, a tenté une explication. Selon lui, quand un expert ou un scientifique reconnu fait face à un « sceptique », il en rejette le discours contestataire, bloquant toute discussion. Cela provoque un désintérêt pour le débat et paradoxalement, le citoyen aura tendance à chercher à comprendre les arguments rejetés. C'est, selon Bronner, avec cette absence d'arguments contradictoires de la part des experts que les théories du complot prospèrent. Le débat semble donc clos malgré lui, et, sauf coup d'éclat, il sera très dur de répondre un jour à la question : « Faut-il réouvrir le dossier sur les attentats du 11 septembre ? » 

Commenter cet article

grioune 27/08/2015 15:23

L'évidence absolue de la chute des tours sur elles-mêmes en moins de 10 secondes montre clairement qu'il s'agit d'une démolition contrôlée.

Le comploteur 25/08/2015 08:20

Il se dit de plus en plus qu'Elvis Presley pilotait un des boeing.

Yocci 25/08/2015 10:38

Et Michael Jackson l'autre.

Tonton Marcel 25/08/2015 00:03

Faut avouer... Même sans être un complotiste pur et dur, certaines choses paraissent trop grosses pour être ce que l'on veut nous faire croire...

Tokmotte 05/09/2015 09:53

plus c'est gros, plus sa passe...

Nous sommes sociaux !

Articles récents