Le Nouveau Paradigme

Le Nouveau Paradigme

Commencer à penser par soi même c'est déjà faire partie de la solution


Chine: Pourquoi la bourse plonge et pourquoi c'est (potentiellement) grave

Publié par Le Nouveau Paradigme sur 24 Août 2015, 22:18pm

Catégories : #Economie-politique

Les investisseurs chinois sont inquiets, comme ici à Hanghzou, dans l'est du pays, le 24 août. Les investisseurs chinois sont inquiets, comme ici à Hanghzou, dans l'est du pays, le 24 août. - STR / AFP

Victor Point http://www.20minutes.fr/

Début de panique sur les places boursières du monde entier ce lundi. Shanghai a ouvert le bal en dévissant de 8,5 % à la fermeture, entraînant dans son sillage les autres bourses asiatiques, puis les places européennes et américaines. Le CAC 40 a clôturé en chute de plus de 5,35 %, Londres finit à - 4,67 %, Francfort à - 4,7 % tandis que la bourse d’Athènes s’écroule à - 10,51 %. A New York, le Dow Jones avait perdu plus de 1.000 points après son ouverture, entraînant le cours du pétrole dans son sillage.

L’épicentre de ce séisme ? La Chine. Il a suffi d’un mauvais indice de production manufacturière vendredi pour que la confiance des investisseurs finisse de s’effondrer. Car les bourses du pays sont en fait sur la pente descendante depuis mi-juin ; elles ont perdu près de 40 % de leur valeur en deux mois. Et globalement, les indicateurs du pays ne sont pas bons : une croissance bien moindre que prévue (estimée à 6 % au lieu des 8 attendue), une production manufacturière en berne, une consommation intérieure qui ne décolle pas. Et quand la deuxième économie mondiale s’enrhume… Décryptage d’une crise financière potentiellement ravageuse en quatre points.

Comment est née cette tempête boursière ?

Cet effondrement chinois est « d’abord une correction un peu brutale, détaille Claude Meyer, conseiller au centre Asie de l’Ifri et professeur à Sciences Po. De fin 2014 à juin 2015, une bulle boursière s’est créée à cause de la surévaluation de la bonne santé de l’économie du pays, faisant bondir l’indice des places boursières de 150 %. » Une croissance factice qui a fini par se cogner à l’économie réelle. Les indicateurs tombés depuis quelques semaines ont dessiné une Chine moins compétitive que prévue. Les investisseurs ont commencé à revendre leurs actifs les plus volatils et le cercle vicieux s’est enclenché. Et ces doutes font effet boule de neige, intervenant au moment où la croissance reste poussive en zone euro, tandis que les investisseurs sont également dans le flou concernant la politique monétaire de la banque centrale américaine, qui a jusqu’à présent été un facteur de soutien très important au marché

Quel est l’état de l’économie chinoise ?

Depuis l’ouverture de la Chine à la mondialisation à la fin des années 1970, le pays a affiché des taux de croissance insolents, très souvent à deux chiffres. « On ne peut pas espérer maintenir de tels niveaux de développement indéfiniment, explique Claude Meyer. La décélération de la croissance est logique. Je table sur 6 % au maximum cette année. » Les autorités chinoises en sont tout à fait conscientes et cherchent à changer de modèle économique, en devenant une puissance « normale », à la croissance plus faible et plus équilibrée.

Dernier exemple en date : les trois dévaluations successives du yuan début août. « Ce n’était pas pour rendre le pays plus compétitif, assure le professeur, mais pour permettre à cette monnaie de commencer à trouver son équilibre. Le but est d’en faire une devise mondiale, comme le dollar ou l’euro. » En tout état de cause, la Chine reste très loin de l’effondrement. Elle possède des réserves monétaires considérables qui se chiffrent en milliers de milliards de dollars (les plus importantes au monde). De quoi financer un programme de relance.

Le problème, au fond, est que la transition s’avère plus compliquée que prévue, parce que la consommation des ménages ou le développement des services ne décollent pas. Dans un contexte de pessimisme généralisé, c’est le reste du monde qui risque d’en pâtir.

A quel point l’économie mondiale est-elle dépendante de la bonne santé chinoise ?

L’essoufflement de l’économie chinoise - souvent présentée comme la locomotive de la croissance mondiale - emporte avec elle un grand nombre de pays. « Il y a tout d’abord ses voisins, du Japon à l’Indonésie, qui dépendent énormément, pour leurs exportations, de la Chine, précise Claude Meyer. Ensuite, les pays producteurs de matières premières : les Chinois en importent près d’un tiers dans le monde. » L’Amérique latine comme la Russie, le Moyen-Orient et l’Afrique peuvent s’inquiéter…

Puis c’est l’effet domino sur les places boursières des pays développées, qui sont fébriles. « L’Europe comme les Etats-Unis exportent beaucoup en Chine, appuie le professeur. Et puis il y a des effets indirects loin d’être négligeables : si la croissance des pays émergents baisse, cela fait autant de marchés moribonds. »

Et maintenant ?

« L’absence d’annonces de mesures par les autorités chinoises afin de stabiliser l’économie a mis le feu aux poudres, avec à la clé un effondrement des indices boursiers partout en Asie, qui contamine l’Europe ce lundi », résument auprès de l’AFP les stratégistes chez Crédit Mutuel-CIC. « La semaine va être cruciale », prévient Claude Meyer. Les banques centrales vont entrer dans la danse, probablement en injectant des liquidités pour répondre à l’urgence - autrement dit faire tourner la planche à billets pour être plus compétitifs… ce que ne peut pas faire aussi facilement la zone euro, qui risque donc d’être « le dindon de la farce », a lancé Marc Touati, économiste, au micro de France Culture. « La véritable inconnue, c’est le facteur panique », tempère Claude Meyer. La réaction des bourses mondiales de ce lundi n’incite pas vraiment à l’optimisme.

Commenter cet article

Tonton Marcel 25/08/2015 00:00

Encore un coup des américains pour essayer de conserver le peu de suprématie qu'il leurs reste ha ha !

Nous sommes sociaux !

Articles récents