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Sur Mars, on a trouvé un des tout derniers lacs à s'être asséché

Publié par Le Nouveau Paradigme sur 14 Août 2015, 13:36pm

Catégories : #Espace

Illustration de la surface de Mars lorsqu’elle fut en partie recouverte d’océans d’eau liquide, il y a environ 4 milliards d’années, au cours du Noachien. © Eso, M. Kornmesser, N. RisingerIllustration de la surface de Mars lorsqu’elle fut en partie recouverte d’océans d’eau liquide, il y a environ 4 milliards d’années, au cours du Noachien. © Eso, M. Kornmesser, N. Risinger

 

À ses débuts, la Planète rouge était plutôt bleue, en partie recouverte d’océans et de lacs d’eau liquide. « Voici quelque quatre milliards d’années, la toute jeune planète Mars aurait renfermé suffisamment d’eau liquide pour que l’intégralité de sa surface en soit couverte, sur une hauteur d’environ 140 mètres. Il semble plus probable toutefois qu’elle se soit constituée en un océan couvrant près de la moitié de l’hémisphère nord de la planète. Dans certaines régions, sa profondeur pouvait dépasser 1,6 km. » C'est ce qu'écrivait l’Eso en mars 2015, en préambule d’une enquête sur ce sujet qui a duré 6 ans, et portait sur le disparition de ses océans.

Le ralentissement de l’activité du noyau de notre voisine – une petite planète de près de 6.800 km de diamètre –, sa faible gravité, ont progressivement condamné son atmosphère et transformé, en l’espace de quelques dizaines de millions d’années, ce monde en un astre aride et rouge. Une grande partie de son eau qui coulait en surface fut ainsi emportée : environ 6,5 fois les quantités actuelles stockées, selon les estimations.

Vue en perspective du cratère qui accueillait un lac empli d’une eau dont la salinité était de 8 % celle de nos océans. Les dépôts de chlorure s’étendent sur 29 km2. Il était alimenté par des rivières qui descendaient des montagnes qui l’entoure. © LASP, Brian Hynek
Vue en perspective du cratère qui accueillait un lac empli d’une eau dont la salinité était de 8 % celle de nos océans. Les dépôts de chlorure s’étendent sur 29 km2. Il était alimenté par des rivières qui descendaient des montagnes qui l’entoure. © LASP, Brian Hynek

Un ancien lac pas si loin d’Opportunity

Une équipe de chercheurs qui a examiné des centaines de sites où des dépôts de sel ont été observés depuis l’espace par les orbiteurs MRO (Mars Reconnaissance Orbiter vient de fêter ses 10 ans) ou Mars Express, estiment avoir trouvé un des derniers lacs qui s’est asséché sur Mars. Après examen des caractéristiques géologiques de cette région et la densité de cratères d’impact, ils ont établi avec haut niveau de confiance que son évaporation ne date pas de plus de 3,6 milliards d’années, ce qui est plutôt tardif au regard des conditions climatiques supposées régner à cette époque (l’Hespérien). Les océans avaient déjà, en partie, disparu.

Ce vestige de lac se situe dans la grande plaine Meridiani (Meridiani Planum), juste en dessous de l’équateur martien, à 200 km seulement à vol d’oiseau du cratère Endeavour où se promène actuellement Opportunity. Même si n’est pas l’envie qui manque, cela fait un peu trop loin pour que le rover s’y rende, même s'il détient le record de distance extraterrestre parcourue, avec 42,45 km, le 15 juillet, son 4.079e jour sur Mars. Mais qui sait ? Vu son exceptionnelle longévité, nous ne sommes pas au bout de nos surprises… Sinon, cela pourrait être l’un de ses successeurs ou une équipée humaine…

Pour Brian Hynek, de l’université du Colorado, qui a cosigné cette étude publiée le 6 août dans la revue Geology, « ce dépôt de chlorure s’est probablement formé à partir d’un processus fluvio-lacustres qui implique un cycle hydrologique actif ». Des rivières et ruisseaux qui ont pris leurs sources « dans les montagnes environnantes », ont sans doute incisé des vallées et permis le remplissage progressif qui a donné naissance à ce lac. D’après leurs recherches, le réservoir a débordé et causé des brèches sur ses bords et donc des inondations importantes dans la plaine.

Image contextuelle du lac asséché dont les contours sont dessinés en bleu, situé dans la plaine Meridiani à environ 200 km d’Opportunity, produite avec une application offerte parde la Nasa : MarsTrek. © Nasa, MarsTrek, Brian M. Hynek et al.
Image contextuelle du lac asséché dont les contours sont dessinés en bleu, situé dans la plaine Meridiani à environ 200 km d’Opportunity, produite avec une application offerte parde la Nasa : MarsTrek. © Nasa, MarsTrek, Brian M. Hynek et al.

Le milieu était-il habitable ?

Ce petit désert de sel ou salar, comparable à ceux que l’on peut arpenter sur Terre, s’étend sur environ 29 km2. Connaissant son volume et avec l’aide de modèles numériques, l’équipe a calculé la teneur en sel de cet ancien lac martien. Ils ont trouvé que sa salinité valait vraisemblablement 8 % de celle de nos océans. Dans ces conditions, le milieu apparait plutôt favorable pour le développement d’une vie microbienne.

« Par sa salinité seule, il semble bien que ce lac fût habitable au cours d’une grande partie de son existence » commente le professeur Hynek. Toutefois, avant de se prononcer sur son habitabilité, le chercheur qui est aussi le directeur du Centre d’Astrobiologie de l’université du Colorado, rappelle qu’il faut aussi tenir compte de l’acidité de l’eau qui, dans ce cas, n’a pas été déterminée. Certes, si c’est à l’image du cratère Gale qu’explore depuis trois ans maintenant Curiosity – le rover est sur les traces d’un ancien lac –, il se pourrait bien que les eaux de ce petit lac ne souffraient pas d’une acidité trop élevée.

Xavier Demeersman, Futura-Sciences

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Cats 16/08/2015 12:32

La pauvre mars, elle a perdu son champs magnétique, par le fait même son bouclier de protection bref son cœur a battu la chamane un bout de temps et c'est éteint.

Manque d'énergie et hop, du sable dans l'engrenage.

Plus ont en apprend sur mars, plus la possibilité de rendre mars viable seras réalisable.

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