Le Nouveau Paradigme

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Aldous Huxley: "Je suis terrifié de voir mes prophéties réalisées"

Publié par Le Nouveau Paradigme sur 5 Octobre 2015, 12:15pm

Catégories : #Prédictions-Propheties

Que nous dit le passé de notre futur, ou plutôt de notre présent ? A l’occasion de l’exposition Une brève histoire de l’avenir, qui a eu lieu lundi 24 septembre au Louvre, la série Mémoires Vives vous propose de réécouter comment, il y a de cela 30 à 70 ans, nos prédécesseurs envisageaient le futur.

 

J'avais projeté ce monde nouveau à une distance de six siècles, et je me trouve assez terrifié de me rendre compte que beaucoup de ces prophéties se sont réalisées en une seule génération. Aldous Huxley, à propos du Meilleur des mondes

 

Vous êtes plutôt "Matrix" ou "Le meilleur des mondes"? © Warner Bros

En 1961, le romancier Aldous Huxley a publié Le meilleur des mondes il y a déja une trentaine d'années. On l'entend ici répondre à une interview expliquant sa surprise de voir certains des aspects de son brave new world déjà à l'oeuvre dans la société, ce qu'il a analysé dans un essai publié en 58 et appelé Retour au meilleur des mondes.  Huxley s'exprime dans un français parfait, ce qui ne surprend pas car il fut enseignant de cette langue en Angleterre.

 

Dans un autre passage de cette même interview, Huxley revient sur d'autres aspects peut-être un peu moins connus de sa vie, son rapport au mysticisme et son expérience de la mescaline et des hallucinations qu'elle provoque. A écouter ici :

 

 

Barjavel: le nucléaire, "moyen barbare de se procurer de l'énergie"

(Episode 4/5)

 

On a beaucoup de peine à s'évader de ce que l'on connaît. Il est impossible d'imaginer avec ce que l'on n'a pas déjà dans la mémoire. René Barjavel

 

Jeu pour enfant commercialisé au début des années 50 ©

En 1970, l'auteur de science-fiction René Barjavel a déja publié ses romans les plus connus: Ravage (1943) ou encore La nuit des temps (1968), où il déploie ses thèmes habituels sur les dangers d'une dépendance à la technoscience ou le rejet d'un monde artificialisé à l'excès. Dans cette émission enregistrée devant des étudiants, il donne un éclairage sur la façon dont un auteur de SF peut envisager l'avenir, et la difficulté qu'il y a à s'extraire de ce que l'on connait. Et il en profite pour pronostiquer la fin prochaine de l'ère atomique -dont abusent ses collègues écrivains de science-fiction- avec un enthousiasme qui laisse songeur 45 ans plus tard. "C'est un moyen particulièrement barbare de se procurer de l'énergie et nous allons très rapidement enjamber cette ère là", dit-il.

 

Retrouvez l'intégralité de cette émission, où l'on entend aussi Barjavel s'émouvoir de la gare souterraine de la Défense, en banlieue parisienne, "une machine faite pour consommer du consommateur".

 

 

"Le robot peut servir l'homme, la machine l'asservissait"

(Episode 3/5)

 

Il ne tient qu'à l'homme d'être le général en chef d'une armée de robots qui peut apporter à l'humanité un heureux bouleversement. Albert Ducrocq

 

Les premiers robots, dans les années 1970-80. ©

 

Dans les années 1950, la robotique en est encore à ses débuts et tient bien plus de la science-fiction que de la réalité. Albert Ducrocq, journaliste et pionnier de la recherche cybernétique, a inventé un robot-renard doté de cinq sens. Interviewé par la Radio Télévision Française en 1953, il répond alors aux inquiétudes que soulève l’arrivée des robots dans la vie quotidienne. Un témoignage lucide sur l’avenir de la robotique dans la production industrielle, bien loin d’envisager les problématiques actuelles autour des intelligences artificielles :

 

Ecoutez l'intégralité de l'interview d'Albert Ducrocq :

 

Les robots ont été popularisés dès les années 50 par les nouvelles d’Isaac Asimov, le célèbre écrivain américano-russe. En terme de prospective, ce dernier avait écrit, en 1964, après avoir visité l’exposition universelle de New-York, ce qu’il imaginait être la vie en 2014 :

"En 2014 les robots ne seront ni courants ni très élaborés mais ils existeront. L’exposition IBM n’a pas de robots aujourd’hui mais elle est dédiée aux ordinateurs, qui sont montrés dans toute leur incroyable complexité, notamment dans la tâche de traduction du russe vers l’anglais. Si les machines sont si intelligentes aujourd’hui, qui sait ce qu’elles feront dans 50 ans  ? Ce seront des ordinateurs beaucoup plus miniaturisés qu’aujourd’hui, qui serviront de « cerveaux » aux robots. L’une des principales attractions du pavillon IBM à l’Exposition Universelle de 2014 pourrait être une femme de ménage robotique, gauche et grosse, bougeant lentement mais cependant capable de ramasser, ranger, nettoyer et manipuler divers appareils. Cela amusera sans aucun doute les visiteurs de disperser des débris sur le sol afin de voir cette ménagère robotique les enlever maladroitement et les classer entre « à jeter » et « mettre de côté ». (Des robots jardiniers auront aussi fait leur apparition.)"


>>> Retrouvez l’intégralité du texte d’Isaac Asimov sur le site de Framasoft.

 

 

Dans le futur, "il n'y aura plus qu'à réchauffer des plats préparés à l'avance"

(Episode 2/5)

 

Il est nécessaire de freiner l’utilisation des produits chimiques et d’installer les laboratoires de contrôle nécessaires. Guy Fauconneau, en 1972

 

L'arrivée du micro-ondes modifie la perception de la cuisine. ©

 

 

L’arrivée du micro-onde (on disait encore “four à ultra-ondes”) bouleverse lentement le monde de la cuisine. Cet objet quasi-mystérieux questionne sur le futur de la gastronomie française : quid de la chaîne de froid ? Pourra-t-on conserver plus longuement des viandes ?

Dans l’émission “Découvertes”, en 1972, Robert Clarke s'entretient avec Guy Fauconneau, directeur de recherches à l'INRA. Un échange lucide sur le futur de l’alimentation, intitulé “Comment mangerons-nous en l’an 2000 ?”, qui en vient étonnament à préfigurer l’existence d’Internet :

 

Ecoutez l’intégralité de l’émission, où beaucoup des inquiétudes de l'époque font encore écho à des problématiques actuelles :

 

 

 

 

 

"L'informatique est porteuse du bien et du mal"

(Episode 1/5)

 

On va vers une individualisation de la mémoire, je ne crois pas à une grande mémoire centrale sur laquelle tout le monde serait branché. Jacques Attali

 

Les premières publicités IBM pour des ordinateurs. © IBM

 

Dans les années 1970, l’informatique, encore balbutiante, s’impose peu à peu dans notre société. Le rapport NORA-Minc, publié en 1977, met alors en garde sur les dangers possibles d’une sur-informatisation. S’ensuit une série de débats au Palais des congrès. Parmi les tables-rondes, l’une d’elles, intitulée L’homme et le travail : l’informatique.

A la demande de l’animateur, le mathématicien Robert Lattès se livre, pour conclure le débat, à une série de prédictions qui touchent étonnament juste, encore aujourd’hui, alors même que le code va devenir une matière enseignée à l’école  : “Lorsque Gutenberg invente l’imprimerie, à l’époque personne ne sait lire ou écrire. L’école obligatoire sera une des retombées à très long terme de cette invention. En ce qui concerne l’informatique, nous avons, et c’est peut-être une raison de nos inquiétudes, à découvrir le lire et l’écrire de l’informatique.

 

Réécoutez l'intégralité de la table ronde sur l'informatique et le travail, menée par Jean Yanoswki avec notamment Jean-Louis Funckbrentano, professeur de néphrologie à l'hôpital Necker ; Philippe Lemoine, membre de la mission informatique au Ministère de l'industrie ; et Jacques Attali (à 1'50''), à l'époque maître de conférences à l'Ecole polytechnique et auteur du livre dont est inspiré l'exposition éponyme au Louvre :

 

Tous les jours, du lundi au vendredi, retrouvez la collection Mémoires vives, qui fait revivre des sons d'archive sur franceculture.fr. Cette semaine, une série futurologie du passé consacrée à Aldous Huxley, Barjavel,  à l’avenir de l’informatique, des robots ou encore de la cuisine.

 

Pierre Ropert et Florent Latrive

Thème(s) : Histoire| Idées| Informatique| archives| Mémoires vives

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