Les impôts locaux sont repartis à la hausse. Après trois ans d'accalmie au niveau local, les taxes foncière et d'habitation subissent une hausse de 1,8% en moyenne en 2015. Les mairies qui ont voté des augmentations cette année les justifient surtout par la réduction des dotations de l'Etat (-3,67 milliards d'euros en 2015) aux communes, intercommunalités, départements et régions.

Au total, des hausses des taxes locales ont lieu dans un tiers des grandes villes, à commencer par Toulouse (+4,78%), Bordeaux (+2,3%) ou Lille (+1,83%). Sans oublier qu'entre 2004 à 2013, le taux de ces taxes avait déjà bondi de 24%, selon une récente étude publiée par Home'n'go.

Réforme du mode de calcul

De quoi redouter de découvrir les montants affichés sur vos avis d'imposition cette année. C'est pourtant pour 2018, que vous devriez vous inquiéter. Le gouvernement a en effet entrepris une révision du mode de calcul de la taxe d'habitation et de la taxe foncière, qui devrait être effective après la prochaine élection présidentielle.

Pourquoi cette réforme ? Ces deux taxes sont calculées à partir de la valeur locative cadastrale qui prend en compte la superficie, l'entretien, la localisation ou encore les éléments de confort du logement. Pour chaque bien, cette base est ensuite multiplié par un taux voté chaque année par la commune. Problème : la valeur locative cadastrale a été établie en 1970. Or les critères de l'époque diffèrent de ceux d'aujourd'hui.

Réalité inversée au fil des années

Résultat, un appartement dans un immeuble haussmannien rénové d'une rue branchée de Menilmontant, à Paris, a une valeur cadastrale inférieure à celle d'une maison construite dans les années 1970 dans le Val-de-Marne par exemple. La réalité s'est donc inversée au fil des années car la cote du logement situé dans un quartier bobo est montée en flèche.

Dès cette année, cinq départements (Paris, Val-de-Marne, Charente-Maritime, Nord, Orne) expérimentent les nouveaux critères. Les propriétaires ont reçu des formulaires à remplir pour évaluer la nouvelle valeur locative de leur bien. Dans les cas les plus extrêmes, celle-ci augmentera de 300%. Si les taux ne sont pas modifiés, cela multipliera les impôts dans les mêmes proportions.