"Son bassin était une prison", il prenait des "antibiotiques lourds". Tels sont les souvenirs que dresse John Hangrove, un ancien soigneur à Marineland, au sujet de l'orque Valentin, mort en début de semaine. C'est dans une tribune sur le site du Plus de l'Obs que cet amoureux des cétacés dénonce leurs conditions de captivité dans le parc marin d'Antibes.

Pour John Hargrove, c'est Marineland qui a tué Valentin. "Bien que je l'aimais, je regrette profondément d'avoir fait partie de cette industrie qui lui a causé, et continue de causer à d'autres orques comme lui, une telle souffrance", rapporte l'ancien soigneur sur Le Plus. Un animal qui a "souffert depuis le jour où il est venu au monde". John Hargrove évoque notamment la qualité de l'eau dans les bassins de Marineland : "elle était si mauvaise que j'ai souvent eu de graves infections de la peau et son traitement requérait les antibiotiques les plus lourds". 

Une vague chargée de matières polluantes

 

 

Une qualité de l'eau justement remise en cause : à la suite des violentes intempéries qui ont touché les Alpes-maritimes au début du mois, le parc Marineland d'Antibes a été submergé par une vague chargée de matières polluantes, dont certaines ont été retrouvées dans le bassin des orques, selon des informations de Nice-Matin ce vendredi. "Le bassin a été submergé par une vague. Elle était chargée de matières polluantes, vraisemblablement du gasoil, qui venait d'on ne sait où. Peut-être des villas environnantes. Cela a pollué l'eau des orques", précise la directrice de ce service de l'Etat, Sophie Béranger-Chervet, dans un entretien publié vendredi dans le quotidien niçois. "Marineland pompe actuellement, nettoie, injecte de l'eau de mer, chlore l'eau", ajoute la responsable.

Mais pas de quoi, toutefois, expliquer le décès de l'orque Valentin de 19 ans, selon elle. "La plupart des animaux sont en bonne santé", la mort du cétacé n'est "visiblement pas à cause de la qualité de l'eau", poursuit Sophie Béranger-Chevet. La direction du parc a précisé jeudi que l'orque était décédé d'une "torsion de l'intestin", sans lien direct avec les inondations. Quatre tortues, des raies et des loups de mer avaient également été perdues durant les intempéries. Marineland, qui n'envisage pas de rouvrir avant janvier 2016, a annoncé hier la mutation de son directeur depuis neuf ans, Bernard Giampaolo, au sein du même groupe espagnol Parques Reunidos. Il a été nommé à la tête du parc italien Mirabilandia, près de Ravenne, qui comporte des attractions... mais pas d'animaux.

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