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Le flexitarisme : l’alimentation durable pour tous

Publié par Le Nouveau Paradigme sur 28 Novembre 2015, 17:52pm

Catégories : #Environnement

Le flexitarisme : l’alimentation durable pour tous

Le terme « flexitarisme » peut vous être inconnu mais la pratique qu’il désigne est assez courante : être flexible dans sa pratique végétarienne.

Concrètement, un flexitarien est une personne qui apprécie et préfère l’alimentation végétarienne (fruits, légumes, céréales, produits laitiers, etc), pour des raisons de santé et de souci environnemental, mais qui peut également manger de la viande de façon occasionnelle. Par exemple, 2 à 3 fois par semaine. Le flexitarien ne veut ou ne peut pas devenir  végétarien, pour des raisons de culture gastronomique ou d’habitudes, ou tout simplement parce que l’interdiction totale de viande lui parait trop radicale. La première fois que j’ai entendu parler du flexitarisme, c’était en regardant une présentation de Mark Bittman (journaliste et critique gastronomique américain) sur l’histoire de l’alimentation dans nos sociétés . Je vous conseille cette surprenante vidéo sur la façon dont notre alimentation a évolué depuis les années 50 et pourquoi elle peut être inapproprié et dangereuse pour notre planète comme pour notre santé.


Aller sur le site de la vidéo (ted.com) pour avoir l’option « sous titres en français ». Vidéo à ne pas rater!

Comme l’indique Mark Bittman, tout a commencé en 2007, lorsque la très respectée FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) a publié un rapport choc « Livestock’s long shadow » soit « L’ombre portée de l’élevage » en français. Pourquoi ce titre ? Parce que l’élevage est un secteur dont les répercussions sur l’environnement sont gigantesques. Qui l’eut cru, mais pourtant, l’élevage est responsable de 18% des émissions de GES (gaz à effet de serre) dans le monde. C’est plus que les transports !  Ces fameux GES que tous les sommets environnementaux cherchent à réduire, afin d’éviter un changement climatique trop important et dévastateur. C’est avec ce rapport que le rôle de l’élevage, comme premier poste d’émission mondial de GES, a été compris. «L’élevage génère 9% du CO2 (déforestation pour l’extension des pâturages, carburant, chauffage des bâtiments d’élevage…), 37% du méthane (digestion des ruminants et fermentation des déjections animales), un gaz qui agit 20 fois plus que le CO2 sur le réchauffement, et 65% de l’oxyde d’azote (épandage d’engrais azotés). »  Source : viande.info

Mais au delà des chiffres, pourquoi l’élevage intensif tel qu’il est mené actuellement pose problème ?

La question des terres :


Quand on pense à l’agriculture, on imagine un secteur au service des hommes. Des hectares de champs où poussent des cultures destinées à nourrir l’homme. Et quand on entend parler d’une population qui dépasserait les 9 milliards d’habitants en 2050, on se demande : a-t-on suffisamment de terres ? Est-ce que nous les utilisons toutes déjà ? Et pourtant, un point décisif manque dans ce raisonnement : l’élevage. Car l’élevage nécessite d’immenses quantités de nourriture et par conséquence beaucoup de terres cultivables. En France, 70% des terres cultivables sont utilisées pour faire pousser des cultures, qui seront utilisées non pas pour nourrir les hommes, mais pour nourrir les animaux d’élevage qui nourriont à leur tour (une partie) des hommes. Dans le monde, c’est le cas de 60% de toutes nos terres cultivables. C’est là que la question des terres fait mal et dérange. Comment pouvons-nous, à une époque où les famines, la malnutrition et l’insécurité alimentaire persistent, poursuivre dans la voie de l’élevage intensif et refuser par la même occasion à des millions de personnes, l’accès à des terres et à une alimentation suffisante ?

Sans oublier qu’une terre n’a pas le même rendement, qu’elle soit utilisée pour nourrir les hommes ou pour nourrir le bétail. Pour preuve :

Source : WWF

Produire un kilo de viande de bœuf, demande une utilisation de 323 mètre carrés de terre, contre 6 mètres carrés pour produire des légumes. Pour un résultat nutritionnel équivalent.

La question de la pollution des eaux


L’eau est également une ressource qui souffre de la surproduction et surconsommation de viande. Les chiffres sont implacables :

Source : WaterFootPrint

L’élevage exerce une très forte pression sur les quantités d’eau disponibles sur terre. Mais ça ne s’arrête pas là, l’élevage est également la plus grande source de pollution des eaux : les résidus de pesticides et d’engrais utilisés pour les cultures nécessaires à leur alimentation, le lisier, les antibiotiques ou encore les hormones administrées aux bêtes. Tous ces éléments se retrouvent dans l’eau et participent en premier lieu à sa contamination, comme c’est le cas des nitrates et des algues vertes en Bretagne. Pour comprendre ce que sont les nitrates, je vous renvoie ici De l’intérêt des légumineuses en agriculture

La question du traitement des animaux


Cet aspect, moins mis en avant dans nos pays, est pourtant également une des raisons pour lesquelles l’élevage intensif dérange. La souffrance animale, les conditions de vie des animaux (des milliers d’animaux enfermés dans des hangars, le développement des maladies et l’abattage à la chaine) et l’image que cela donne de nos sociétés pose problème. En France, plus de 80% des animaux sont élevés dans des bâtiments fermés, parqués en cage sans accès à l’extérieur. L’image de l’éleveur, dans ses champs avec son bétail est loin de notre réalité. Vouloir satisfaire à tout prix notre consommation de viande, nous a menés à traiter les animaux comme une marchandise, à rentabiliser, à développer et à vendre. Cette frénésie à un coût : plus d’un milliard d’animaux sont tués chaque année dans les abattoirs français. Soit 60 milliards d’animaux tués chaque année dans le monde. Un chiffre aussi astronomique qu’inquiétant.

La question du méthane et de la déforestation


Le méthane fait partie des GES (gaz à effet de serre) au même tire que le CO2 ou l’azote. A la seule différence que le méthane est 20 fois plus « puissant » en matière d’effet de serre que le CO2. Les animaux d’élevage « eructent » 75 millions de tonnes de méthane chaque année, ce qui correspond à 37% des émissions totales de méthane dans le monde. Un lourd tribut.

Et quand il n’y a plus de terres cultivables pour continuer à nourrir le bétail, c’est l’heure de la déforestation. Une étude de Greenpeace de 2009 conclue que l’élevage est responsable de 80% de la déforestation de la forêt amazonienne. Celle qu’on appelle le « poumon de la planète » a succombé face à notre désir déraisonné de viande.

L’avenir


Et le futur dans tout ça ? La tendance actuelle nous indique que les pays en voie de développement (Inde, Chine) qui ont traditionnellement une cuisine principalement végétarienne, consomment de plus en plus de viande pour se rapprocher du modèle occidental, associé à la réussite économique et à l’ascension sociale. Les maladies chroniques ont explosé dans ces pays, la saturation des terres s’accélère et tout cela aggrave davantage la question de l’élevage dans le monde. Il faut le dire, satisfaire la consommation croissante de viande au Sud comme au Nord ne sera pas possible, et tenter d’y arriver créera des sources de pression très fortes sur les terres agricoles et sur notre environnement. La sobriété et la solidarité sont cruciales pour arrêter cet engrenage, c’est à chacun d’entre nous d’en prendre conscience.

De façon parallèle, on parle de plus en plus de l’impact de la consommation de viande sur notre santé. Une chose est sure, la consommation occidentale actuelle est mauvaise pour la santé.

La Santé


Enfin, cette consommation finit par nous revenir comme un boumerang, en pleine face. La surconsommation de viande, et par là cela correspond à manger de la viande tous les jours, voire deux fois par jour, finit par nous punir nous aussi. Les institutions (OMS, FAO, Fonds de lutte contre le cancer) et les professionnels de la santé se rallient derrière le même message : notre alimentation riche en graisses et en aliments à forte densité énergétique, centrée autour d’aliments d’origine animale, a remplacé notre alimentation traditionnelle principalement basée sur des aliments d’origine végétale. Ce changement a joué un rôle clé dans l’augmentation des maladies chroniques évitables: obésité, diabète, maladies cardio-vasculaires, cancers et ostéoporose.

Toutes ces informations nous permettent de comprendre pourquoi il est important de réduire notre consommation de viande. Ce besoin a engendré le mouvement flexitarien. Mais ce n’est pas le terme qui importe, flexitarien, omnivore, végétarien, l’essentiel est de comprendre que notre alimentation a des conséquences importantes sur nos prochains et sur notre qualité de vie. S’entêter dans une direction volontairement carnivore, en vue de toutes les conséquences que cela engendre, apparait de nos jours comme une décision aveugle voire égoïste. Les initiatives de « Lundi sans viande » (http://www.lundisansviande.net/) fleurissent de par le monde : Brésil, Belgique, France, Canada ou encore aux Etats Unis. Joignez-vous au mouvement ! Il n’y a que des avantages à en tirer.

 

 

 
Voici quelques conseils pour aller au delà des discours.

Comment faire ?

Pour remplacer efficacement la viande, voir l’article « Comment remplacer la viande de nos assiettes »

Le pari de la qualité

Si vous êtes un fana de viande, la meilleure approche reste celle de la qualité. Préférer une viande de meilleure qualité, donc plus chère mais moins souvent, a le même effet sur votre porte monnaie que de s’obstiner à en manger tous les jours, quitte à choisir des morceaux de viande de mauvaise qualité. Si vous êtes un vrai amoureux de la viande, rendez-le lui. Explosion de vos papilles assurée.

Sites Internet d’Intêret

De très nombreux sites de cuisine, des blogs ou encore des sites d’information sur le végétarisme vous proposeront des milliers de recettes et d’astuces pour assurer votre transition.

Lundi sans viande // Un jour végétarien // La Flexitarienne // Marmiton

Enfin, un site internet est consacré entièrement à ce sujet, avec des informations détaillées et engagées : www.viande.info

Commenter cet article

Alicenature 29/11/2015 17:11

Mince alors je suis flexitarienne sans le savoir XD et encore moi c'est plutôt 1 à 2 fois par semaine la viandasse et en petite portion. Je mange encore de la viande ni par habitude ou culture mais à cause de ma santé, encore une fois je ne rentre pas dans le cadre.
J'ai bien essayé le quasi végétalisme pendant 15 mois (allergique à la caséine) mais mon corps n'a pas apprécié du tout et ma famille encore moins !

Le plus important finalement, c'est de manger sainement et physiologiquement (le sucre ajouté par exemple est inutile, voir nocif). Il faut surtout apprendre à écouter les réelles besoin de son corps et ça c'est vraiment difficile.

Sam 29/11/2015 10:06

Un végétarien qui mange de la viande? Mais "seulement" deux-trois fois semaines, ce qui entre nous est déjà pas mal? Et quelqu'un qui mange de la viande 5-6 fois par semaine ou tous les jours, mais l'accompagne avec d'autres aliments, c'est aussi un "flexitarien"?

Flexitarien, c'est juste un terme que les omnivores ont inventé pour se rendre intéressant, désolé. Je suis 100% d'accord que le végétarianisme est une solution facile et évidente pour améliorer la vie de tout le monde, mais là cette histoire de flexitarien est complètement ridicule.

Fab 28/11/2015 22:24

Etre flexible en "mangeant 2 à 3 fois" de la viande par semaine ? Euh là le végétarisme commence à être loin du coup, ça devient juste la couverture des besoins naturels d'un homme ! 1 fois pourquoi pas.

Roujsend 29/11/2015 08:06

Effectivement, Fab, 2 à 3 fois par semaine.... On pourrait appeler ça du végétarisme carné... Et puis cette façon de tout catégoriser. Je dois être un super flexible, un souplivore peut être. Quelques fois par an, lorsque mon corps bave devant la vue d'un steak ou que mon imaginaire m'envoie des images d’entrecôtes, je mange de la viande

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