Les salariés de Roissy doivent montrer patte blanche pour travailler à l'aéroport sous peine de perdre leur emploi. Et pour cause, "depuis le début de l'année, 57 personnes ont perdu leur autorisation du fait de radicalisation. Il y en a eu cinq depuis les attentats (du 13 novembre), il y en a d'autres qui vont venir", a déclaré vendredi le préfet délégué pour la sécurité et la sûreté des aéroports de Roissy et du Bourget, Philippe Riffaut, lors d'une conférence de presse.

Résultat, ces mêmes employés se sont vus refuser une première attribution, un renouvellement de badge ou ont "purement et simplement" perdu l'usage de leur habilitation. Car pour travailler en "zone réservée", il faut désormais obtenir le feu vert de l'Etat, après une enquête qui peut faire appel aux services de renseignement, pour lutter notamment contre le risque terroriste.

86.000 salariés sous haute surveillance

 

 

"Les 86.000 autorisations de travail sur la zone réservée seront revues", a annoncé le préfet. En commençant par les "5000 personnels de sûreté de l'aéroport", il s'agira de "vérifier ce que les personnes ont pu faire depuis qu'elles ont obtenu leur autorisation", en "lien quotidien" avec la DGSI, le service de renseignement intérieur.

Depuis la mise en place de l'état d'urgence, plusieurs perquisitions ont par ailleurs été menées dans différentes entreprises de la plateforme aéroportuaire donnant lieu à l'ouverture de 4000 casiers de personnels. En matière de sécurité, côté voyageurs, "100% de passagers" font désormais l'objet d'un contrôle aux frontières, contre "15 à 20%" précédemment, a souligné Patrice Bonhaume, directeur de la police aux frontières (PAF). Actuellement, 130.000 à 140.000 voyageurs transitent chaque jour par l'aéroport de Roissy, selon ADP.

 

AFP METRONEWS