Après la Dordogne, la grippe aviaire a touché les Landes. Le ministère de l’agriculture a confirmé, lundi 7 décembre, la détection d’au moins deux nouveaux cas dans ce département. Un virus d’influenza aviaire hautement pathogène a été découvert dans deux élevages de pintades voisins l’un de l’autre, victimes d’une mortalité anormale. Des suspicions pèsent sur un troisième élevage proche.

Le préfet des Landes a pris les décisions de confinement, de désinfection et de protection imposées aux exploitations agricoles dans un périmètre de 10 kilomètres autour des foyers infectés. De plus, une interdiction d’exporter les volailles vivantes et les œufs à couver en provenance des Landes a été prononcée.

De telles décisions avaient déjà touché la semaine dernière le département de la Gironde. C’est en effet à Biras que le virus de grippe aviaire a fait sa première apparition officielle. Le ministère de l’agriculture a annoncé, le 25 novembre, qu’une basse-cour avait été touchée par un virus H5N1, 22 volailles sur 30 étant décédées subitement. Puis, deux cas ont été détectés, l’un dans un élevage de 1000 oies à Domme, l’autre dans un élevage de 14000 canards à Saint-Paul-La-Roche.

Suite à cette apparition du virus, une première en France depuis 2006, huit pays ont fermé leurs portes à l’importation de produits avicoles français. Il s’agit de la Chine, de la Corée du Sud, du Japon, de la Thaïlande, de l’Egypte, du Maroc, de l’Algérie et de la Tunisie. Sachant que seules la Chine et la Corée ont interdit officiellement les importations françaises, les autres fermetures étant liées aux conditions de certifications sanitaires d’exportations.

Rassurer avant les fêtes

Les acteurs des filières avicoles en évaluent actuellement les conséquences. L’exportation de viande de volaille fraîche vers les pays tiers, c’est-à-dire hors Union européenne, représente 353 millions d’euros. Quant à la vente aux pays tiers d’œufs à couver et de matériel génétique, elle pèse 120 millions d’euros. Enfin, la vente de foie gras hors des frontières s’élève à 107 millions d’euros avec 4934 tonnes.

Pour le foie gras, ce sont les restrictions de l’accès au marché japonais, son premier marché à l’exportation avec 600 tonnes, qui posent problème. Le Cifog (Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras) a toutefois précisé qu’elles ne portent que sur les conserves produites après le 24 octobre, et pas sur les produits frais. Pour la génétique, la fermeture du marché chinois n’est pas sans conséquence. Pour la viande fraîche, le principal débouché est les pays du Moyen-Orient qui n’ont pas modifié leurs relations commerciales avec la France.

Le ministère de l’agriculture discute avec chaque pays pour évaluer précisément les contours des restrictions. L’idée étant de limiter les interdictions d’exportation à certaines catégories de produits provenant des zones affectées.

Le ministère de l’agriculture a, dès le départ, affirmé que la souche du virus apparu en France n’était pas d’origine asiatique. Son séquençage est toujours en cours. Parmi les cas recensés, l’un était un virus H5N1, un autre un virus H5N2. Les trois autres sont encore en phase d’identification. Ils sont de type H5, mais le «N» doit être précisé.

Le ministère a tenu à marteler que l’influenza aviaire n’était pas «transmissible à l’homme par la consommation de viande, d’œufs, de foie gras et plus généralement de tout produit alimentaire». Une précision destinée à rassurer avant les fêtes.