De janvier à août 2015, l'Italie a enregistré 444.658 décès, contre environ 400.000 à la même période l'an dernier, selon les statistiques provisoires publiées par l'institut national Istat, qui n'évoluent en général que marginalement.

Si la tendance se poursuit, le total des décès pourrait atteindre 667.000 en 2015, alors que sur les 10 dernières années, il a oscillé entre 547.000 et 612.000. Même l'année de la canicule meurtrière de l'été 2003, le total était resté à 586.000 décès.

Selon le quotidien La Repubblica, l'agence sanitaire des régions, Agenas, enquête directement auprès des hôpitaux pour tenter d'avoir au plus vite une idée des causes de cette hécatombe.

Certains experts ont pointé du doigt la grippe, dans la mesure où la campagne de vaccination fin 2014 avait été fortement perturbée par des doutes, démentis ensuite par les analyses, sur certains lots de vaccins.

Mais les autorités ont parlé de 8.000 décès supplémentaires dus à la grippe cette année, alors que pour les seuls mois de janvier à mars, les statistiques font état de 23.000 décès supplémentaires, toutes causes confondues.

Et si le mois de juillet a été chaud, cette petite canicule n'explique pas à elle seule les 10.000 décès supplémentaires enregistrés.

"Nous devons comprendre si nous nous trouvons face à une inquiétante inversion de tendance", a déclaré à La Repubblica le démographe Alessandro Rosina. "Notre population toujours plus âgée est particulièrement sensible aux conditions liées au climat ou au fonctionnement de l'Etat-providence".