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Les archives du régime de Vichy déclassifiées

Publié par Le Nouveau Paradigme sur 28 Décembre 2015, 10:18am

Catégories : #Société

Le gouvernement a déclassifié dimanche par un arrêté les archives de l'administration française datant du régime de Vichy pendant l'occupation allemande au cours de la Seconde guerre mondiale.

Le texte signé par le Premier ministre Manuel Valls et cinq de ses ministres indique que les «archives relatives à la Seconde guerre mondiale émanant principalement des ministères des affaires étrangères, de la justice et de l'intérieur» sont ouvertes «aux administrations, citoyens et chercheurs» depuis ce lundi.

 

Une déclassification partielle

 

Il s'agit d'une déclassification partielle car ces archives sont consultables sous réserve «de la déclassification préalable des documents couverts par le secret de la défense nationale». «Les dossiers de l'administration centrale du ministère de la Justice» sous Vichy, les «enquêtes réalisées par les services de police judiciaire entre le 3 septembre 1939 et le 8 mai 1945» ainsi que «les documents relatifs à la poursuite et au jugement de criminels de guerre dans les zones d'occupation française, en Allemagne et en Autriche» notamment seront désormais accessibles.

Le régime de Vichy, du nom de la ville où siégeait le gouvernement pendant cette période, avec à sa tête le maréchal Pétain a collaboré avec l'occupant allemand du 10 juillet 1940 et le 20 août 1944.

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luc 04/01/2016 14:54

Il fallut donc attendre 1992, et l'action de Kurt Schaechter aux Archives départementales de la Haute-Garonne, pour qu'éclate publiquement le scandale : au nom d'une interprétation abusive de la loi de 1979 sur l'accès aux Archives les pouvoirs publics faisaient systématiquement passer de trente, à... soixante ans, le délai de consultabilité ; je l'avais d'ailleurs aussitôt confirmé au courrier des lecteurs du 'Point' par une lettre qui fut publiée, amputée des trois-quarts et sans indication de coupe (22/8/92, p. 66), mais qui sur ce point résumait l'essentiel.

On imagine la haine-sans-fin à laquelle Kurt Schaechter aujourd'hui disparu aura eu droit, du côté de l'histoire officielle... Et sans qu'il ne faille s'en étonner ce fut le chef-de-la-bande, le nommé Henry Rousso, qui lança le bouchon plus loin que les autres. En 1994, apparemment très sûr de l'impunité, il se risqua à affirmer, en page 84 de l'ouvrage "Vichy, un passé qui ne passe pas", co-écrit avec le journaliste Eric Conan, de l'Express, que l'ami Kurt serait arrivé à ses fins en "s'appuyant sur des complicités vénales", rien que ça...

La diffamation étant caractérisée, Kurt porta l'affaire en justice.

Quelques personnes dont moi-même lui adressèrent des témoignages écrits de sympathie, afin qu'il puisse les produire devant le juge. Mais la partie adverse bénéficia aussi d'au moins un "témoignage" (manuscrit). Kurt m'en adressa copie. Rédigé, sur papier à en-tête, il se passe de tout commentaire :



Les Fils et Filles de Déportés Juifs de France

F. F. D. J. F.

- Association régie par la Loi de 1901 -

Président : M° serge KLARSFELD



ATTESTATION Le 7 avril 1995



Journaliste de grand talent, Eric Conan a su mener dans chacun des nombreux articles qu'il a publiés dans "L'Express" ou dans "Esprit" un journalisme d'investigation et de réflexion d'une honnêteté et d'une précision remarquable en dépit des difficultés rencontrées pour traiter les sujets auxquels il s'est attaqué. S'il ne fallait citer qu'un exemple, son reportage sur le sort des 4000 enfants de la rafle du vélodrome d'hiver a fait date comme l'un des plus retentissants, des plus utiles et des mieux documentés de la presse française de ces dernières décennies. Cet article est même devenu un livre de référence cité par de nombreux auteurs. Eric Conan est un journaliste qui pèse ses mots ; il n'écrit jamais à la légère et je suis très étonné qu'il soit poursuivi ainsi qu'Henry Rousso devant les tribunaux.

Henry Rousso est parvenu au poste de haute responsabilité qui est le sien, à la tête de l'IHTP, parce que parmi les historiens de sa génération, il en était certainement le plus digne. Historien, en particulier, de la mémoire de Vichy, sa réflexion approfondie et novatrice sur cette période et la façon dont elle a été assumée dans notre pays fait autorité sur le plan national et international.

Eric Conan et Henry Rousso ont toute ma reconnaissance pour l'oeuvre qu'ils ont accomplie séparément et pour celle qu'ils ont récemment publiée ensemble. Le choix qu'ils ont fait est celui de la rigueur intellectuelle et de la recherche de la vérité. Chacun d'eux a joué un rôle irremplaçable dans la formation d'une mémoire précise des événements qui se sont déroulés en France de 1940 à 1944 ainsi que dans une féconde réflexion sur cette période douloureuse et complexe.

Serge Klarsfeld

7.4.95

AS 28/12/2015 23:26

"Déclassification partielle"... après autant d'année... c'est dire si ce qu'on sait déjà du pire doit l'être encore plus ...

luc nemeth 03/01/2016 19:06

bien d'accord avec votre commentaire, AS...Et cette notion de "déclassification partielle" est même une... double, truducuterie (pardonnez-moi d'utiliser un terme célinien, à propos de cette triste époque.
D'abord parce qu'en France le libre-accès, est la règle (au terme d'un délai légal qui depuis 2008 est de vingt-cinq ans) et qu'il n'y a pas de "déclassification" : ce terme a été puérilement emprunté à la pratique administrative américaine par Jospin lorsqu'en 1997, voulant dissiper le malaise grandissant créé par la révélation du scandale de la rétention de ces archives (ce scandale avait été révélé en 1992 grâce à Kurt Werner Schaechter qui avait photocopié 12 000 documents en catimini aux Archives départementales de la Haute-Garonne), ce Premier ministre de l'époque avait voulu "jouer les généreux"...
Par ailleurs il n'y a pas, il ne peut pas y avoir de déclassification "partielle" : être "en partie ouvertes", pour des archives, c'est comme être à moitié syphillitique. Car enfin, quand bien même des archives seraient-elles ouvertes à 99%, qu'on ne ferait qu'égarer méthodiquement le populo, si la partie signifiante se trouve dans le 1% restant...
Mais le plus grave, dans cette dernière pitrerie en date, est peut-être la quasi-absence de protestations devant le prétexte ici invoqué. Prenons en effet ces sots (si y a liste) à la lettre : la vérité sur l'avant-1945 menacerait la DEFENSE NATIONALE ? On croit rêver.

L. Nemeth,
ex-conservateur d'archives à la FNSP

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