Le Nouveau Paradigme

Le Nouveau Paradigme

Commencer à penser par soi même c'est déjà faire partie de la solution


Le bleu contre le blues saisonnier

Publié par Le Nouveau Paradigme sur 18 Janvier 2016, 11:12am

Catégories : #Partage

On savait que le manque de lumière pouvait être à l'origine de dépression saisonnière; on sait aujourd'hui qu'il y a une augmentation des réponses cérébrales au traitement de stimulations émotionnelles en présence d’une lumière bleue. Il semble dès lors de plus en plus probable que la lumière bleue soit plus efficace pour traiter la dépression automnale.
 
 
Blue skyÀ l’approche de l’hiver, les journées raccourcissent et les humeurs en pâtissent : combien ne sommes-nous pas à rêver avec nostalgie au soleil estival ? Chez certaines personnes, le manque de lumière est à l’origine de dépression saisonnière qui se manifeste par des sautes d’humeur, des troubles du sommeil, une baisse d’énergie, une tristesse permanente, etc. À distinguer d’une simple mélancolie hivernale, ce trouble dépressif touche 6% des personnes entre 15 et 30 ans en Belgique, majoritairement des femmes. Les enfants ne sont pas épargnés. Elle peut être traitée par une luminothérapie : pour ces patients, l’exposition régulière et pendant plusieurs semaines sous un éclairage artificiel permet de pallier le manque de lumière naturelle.
 
S’il semble évident que la lumière influence l’humeur, comprendre par quel mécanisme cérébral cela se produit l’est beaucoup moins. L’imagerie médicale fournit aux neurosciences des instruments pour pénétrer le cerveau et en comprendre son fonctionnement. Voilà plusieurs années que le Centre de Recherches du Cyclotron (CRC) de l’Université de Liège explore, par exemple, l’influence de la lumière sur les activités non-visuelles du cerveau car si la lumière nous permet de voir, elle est aussi un facteur important dans la régulation de notre horloge biologique comme de notre propension au sommeil ou à l’éveil.
 
On sait déjà instinctivement que pour un même effort, l’état de fatigue sera plus important sous une journée maussade que radieuse. Il est cependant difficile d’évaluer l’impact objectif de la lumière sur l’humeur. « Les mécanismes cérébraux influant sur l’humeur agissent sur des échelles de temps de plusieurs semaines, explique Gilles Vandewalle, chercheur au CRC, alors que nos contraintes expérimentales nous limitent à des durées d’exposition de quelques minutes. Qu’à cela ne tienne : si nous ne pouvons étudier directement l’influence de la lumière sur l’humeur, nous pouvons explorer son impact sur les réponses cérébrales à des émotions, qui sont des états plus ponctuels que l’humeur. D’autant plus que si l’émotion et l’humeur diffèrent l’une de l’autre, elles n’en demeurent pas moins en interaction mutuelle et des régions cérébrales impliquées dans la régulation de l’une sont également activées dans la régulation de l’autre. »
 
Dès lors, étudier comment varient, en fonction de la lumière ambiante, les réponses du cerveau à des stimulations émotionnelles peut aider à comprendre les effets de cette même lumière sur l’humeur. C’est ce que Gilles Vandewalle a entrepris d’étudier au sein d’une équipe internationale de scientifiques et de médecins (1) « Nous avons étudié la modulation par la lumière des réponses cérébrales à des émotions, chez des personnes en bonne santé, explique Gilles Vandewalle. Nous leur faisions écouter des stimulations émotionnelles et des stimulations neutres. Il s’agissait de faux-mots, autrement dit de successions de syllabes dépourvues de sens, prononcés par des acteurs et validés préalablement pour véhiculer une émotion soit négative (une voix fâchée), soit neutre. L’absence de sens dans ces stimulations auditives était indispensable pour éviter toute contamination de nos résultats par un traitement sémantique de l’information. Pendant que les personnes entendaient ces sons fâchés ou neutres, elles étaient éclairées par de la lumière successivement bleue, puis verte, puis bleue, etc. Nous avons mis en évidence une augmentation des réponses cérébrales au traitement de stimulations émotionnelles en présence d’une lumière bleue. »
 

Commenter cet article

Nous sommes sociaux !

Articles récents