La sclérose en plaque est une maladie qui touche plus de 90 000 Français. Cette affection qui touche le système nerveux central provoque à terme des lésions incurables qui entravent la mobilité des patients allant jusqu'à les paralyser.

Jusqu'à présent, s'il était possible d'en retarder quelque peu les effets, la recherche ne savait pas comment revenir sur ces lourds symptômes. Autrement dit, une fois déclarés, ils étaient incurables. Mais voilà que s'est jouée une petite révolution en Angleterre, où plusieurs patients cloués dans des fauteuils à la suite du développement de la maladie ont parfaitement recouvré leur mobilité. Un miracle qui trouve une explication scientifique très concrète.

Un "reboot" du système immunitaire

Pour tenter de soigner ces malades, les chercheurs leur ont tout d'abord prélevé des cellules-souches. Elles ont été réservées. Dans un second temps, les patients se vont vus administrer un traitement par chimiothérapie qui a fortement affaibli, voire détruit leur système immunitaire impacté par la sclérose en plaque. Dans un dernier temps, on leur a reinjecté leurs cellules-souches récoltées au préalable qui, en se multipliant, ont contribué à recréer un système immunitaire sain et donc non touché par la maladie. Une opération qui a consisté, en quelque sorte, en un "reboot" du système immunitaire du patient.

L'essai clinique, qui a eu lieu au Royal Hallamshire Hospital de Sheffield, s'est joué sur 20 patients. Ce traitement révolutionnaire a été immortalisé dans un documentaire qui doit passer sur les écrans de la BBC en Angleterre, ce mardi.Dans ce film intitulé Can You Stop My multiple Sclerosis ? (pouvez-vous guérir ma sclérose en plaques?), on voit plusieurs patients raconter leur histoire avant et après l'essai.

Elle sort de l'hôpital en marchant, il refait du vélo

Holly Drewry a été diagnostiquée à l'âge de 21 ans. A 25 ans, elle était en fauteuil, ayant perdu l'usage de ses jambes. Incapable de se laver, de s'habiller ou de s'occuper de sa fille, elle avait besoin de soins quotidiens. Quelques jours seulement après avoir reçu ce traitement, Holly bougeait ses orteils. Elle est sortie de l'hôpital sur ses deux jambes. Si aujourd'hui, elle n'est pas jugée guérie de sa maladie, celle-ci est, elle, considérée comme dormante et les médecins espèrent que sa condition n'évolue plus.

Autre exemple, celui de Steven Storey. Il courait des marathons jusqu'à ce qu'on lui annonce qu'il avait lui aussi une sclérose en plaques. C'était en 2013. Quelques temps plus tard, ne pouvant même plus tenir une cuillière, ce sportif avait besoin de soins médicaux 24 heures sur 24. Mais, quatre mois après avoir reçu le traitement, il pouvait tenir debout et, dix mois plus tard, il a nagé un peu plus d'un kilomètre. Depuis, il refait du vélo. Son but ? Courir un autre marathon. 

CLARA SAER metronews.fr