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La chute des valeurs bancaires plus rapide que pendant la crise des subprimes

Publié par Le Nouveau Paradigme sur 10 Février 2016, 21:22pm

Catégories : #Economie-politique

 
 

 

Les actions des grandes banques européennes sont au coeur des préoccupations des investisseurs et dégringolent plus brutalement qu’elles ne l’avaient fait en 2008, au début de la crise financière. L’indice bancaire du STOXX Europe 600 a perdu 24% depuis le début de l’année, contre 17% sur la même période il y a huit ans.

L’accumulation des inquiétudes macro-économiques menace ainsi de défaire ce qui avait été construit en huit ans pour réduire les coûts, équilibrer les bilans et se protéger contre le risque. La chute des cours du pétrole, l’explosion des coûts technologiques et la volatilité des marchés ne sont que quelques-uns des facteurs qui placent les banques au centre des préoccupations des investisseurs. Il faut y ajouter le poids des créances douteuses et les taux d’intérêt négatifs qui menacent les marges nettes d’intérêt et pourraient conduire les banques à facturer les comptes courants.

Dans ce contexte, Deutsche Bank, UniCredit et Credit Suisse ont vu leurs actions chuter deux fois plus qu’elles ne l’avaient fait sur la même période au début de 2008. Parmi les 15 principales banques européennes, seules ING et Nordea Bank, qui ont cédé respectivement 21% et 15%, ont perdu moins qu’entre le nouvel an et le 8 février 2008.

La BCE en partie responsable ?

Certains investisseurs pointent du doigt l’argent bon marché mis à la disposition des banques par la Banque centrale européenne (BCE) sous la forme des opérations de refinancement à long terme (LTRO) lancées en 2011. Cet argent a permis, estiment-ils, aux banques de camoufler leur dette en la restructurant.

Le marché des CDS (credit default swaps), soit les primes d’assurances acquittées par les investisseurs pour limiter leur exposition au risque de défaut d’un émetteur, est également très nerveux en ce début d’année. Les prix des CDS pour HSBC, Deutsche Bank, Barclays et Standard Chartered flirtent ainsi avec des pics de 10 ans.

Les risques de faillites dans le secteur de l’énergie en raison de l’effondrement des cours du pétrole constituent un facteur supplémentaire de défiance à l’égard des banques, déjà pénalisées par un environnement de taux bas, notent les analystes.

Chaque banque a ses propres soucis. Deutsche Bank, qui a plongé lundi à un creux de plusieurs années, inquiète quant à sa capacité à honorer certains paiements obligataires tandis que HSBC et Standard Chartered souffrent surtout en raison de leur exposition à la Chine. Barclays, dont la cotation a été brièvement suspendue lundi pour excès de volatilité des échanges, pourrait, craignent certains investisseurs, devoir recourir à une augmentation de capital pour améliorer son ratio de solvabilité de référence (common equity tier one).

En France, sur les 13 actions du CAC 40 qui ont chuté de plus de 20% depuis le 1er janvier, les valeurs bancaires figurent parmi les plus affectées. A la clôture de mardi soir, Société Générale dégringolait de 33,29%, Crédit agricole de 27,95% et BNP Paribas de 27,44%. Idem au SRD, le titre Natixis perdait déjà 25,28% en 2016.

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Les actions des grandes banques européennes, qui dégringolent plus brutalement qu’elles ne l’avaient fait en 2008, au début de la crise financière, sont au coeur des préoccupations des investisseurs. /Photo d’archives/REUTERS/Lucas Jackson

>> Lire aussi : Un tiers des valeurs du CAC 40 perd déjà plus de 20% depuis le 1er janvier

Malgré la méfiance envers les banques européennes, qui coïncide avec les mauvais résultats publiés par certaines grosses banques américaines, d’autres spécialistes pensent que l’horizon est moins sombre qu’avant la crise financière. « C’est un moment préoccupant pour un actionnaire de banques mais je ne pense pas que ce soit aussi grave qu’avant la crise de Lehman parce que la BCE est davantage prête à agir et que les fissures dans le système financiers en sont pas encore là », explique par exemple Andrea Williams, gérante de fonds chez Royal London Asset Management.

© Capital.fr (avec Reuters)

 

La crainte d’une nouvelle crise bancaire

Après celle des subprimes en 2008, puis des dettes souveraines en 2011, faut-il craindre un nouveau krach bancaire ? Chute des bourses, dégringolade des prix du pétrole, atterrissage de l’économie chinoise, ralentissement dans les pays émergents, incertitudes sur la croissance aux USA et en Europe… Sans aller jusqu’à parler de krach, l’inquiétude gagne le système bancaire européen, notamment les établissements français qui ont perdu près de 25 % de leur valeur depuis le 1er janvier. «Les profits élevés des banques françaises peuvent théoriquement leur permettre d’affronter cette crise avec le soutien de la Banque centrale européenne comme filet de sécurité» estime cependant Augustin Landier, économiste à la Toulouse Business schoool..

En Italie, la situation de plusieurs banques, dont les créances douteuses se situent à un niveau très élevé, excédant 200 milliards d’euros, inquiète face à un risque d’effet domino. Début février, Deutsche Bank, la première banque allemande laminée en Bourse ces dernières semaines, a été contrainte de publier un communiqué destiné à rassurer les investisseurs sur sa capacité à payer ses dettes dans les mois à venir. Au delà des questions liées à leur solvabilité, les banques souffrent aussi de l’impact de taux bas ou négatifs. «Ces taux réduisent la capacité des banques à améliorer leur rentabilité au moment où la réglementation européenne leur impose de renforcer leurs fonds propres» estime un analyste. Face à ces incertitudes, les investisseurs ont tendance à se détourner des marchés actions, aggravant la chute des bourses, pour se reporter sur les actifs financiers censés être moins risqués, notamment les obligations des pays. Pas tous. Les plus solides. Car plusieurs gouvernements sont beaucoup plus endettés aujourd’hui qu’avant la dernière crise financière. Leur marge de manœuvre est donc plus réduite, comme les perspectives financières et budgétaires, ce qui signifie qu’ils sont plus fragiles pour résister à un éventuel renforcement de la crise.

Enfin, signe supplémentaire de la nervosité ambiante, le cours de l’or, un refuge traditionnelle en période de déprime, à retrouvé des couleurs depuis quelques mois, progressant de 12 % depuis le 1er janvier.

Dans cet environnement économique mondial dégradé, il est aujourd’hui difficile de prédire si cette tempête boursière et bancaire va perdurer et combien de temps.

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