Le Nouveau Paradigme

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Commencer à penser par soi même c'est déjà faire partie de la solution


Le nouveau Krach à venir va-t-il nous permettre de changer de paradigme ? Une nouvelle révolution est en marche .

Publié par Le Nouveau Paradigme sur 6 Février 2016, 10:39am

Catégories : #Economie-politique

Le nouveau Krach à venir va-t-il nous permettre de changer de paradigme ? Une nouvelle révolution est en marche .

Le nouveau krach financier à venir , à côté duquel la crise des Suprimes de 2007 risque de n'être qu'un confortable souvenir , va-t-il nous permettre de changer de paradigme, de base de raisonnement , à la fois en termes de modèle économique , comme en termes d'idéologie politique . 

C'est un sujet complexe que je ne prétends certainement pas traiter en une fois , donc je procéderai en plusieurs billets , essayant à chaque fois d'approfondir l'un des aspects de cette idée . 

Je me contenterais aujourd'hui d'essayer de vous donner une vision d'ensemble .. 

La nouvelle crise financière à venir est en train de s'annoncer , non seulement par une baisse des "marchés financiers" , mais également par une baisse marquée du prix du pétrole qui met en difficultés de nombreux pays comme l'Arabie Saoudite , la Russie ou encore le Venezula, mais également par un combat de Titans sur le plan monétaire pur : celui des parités monétaires . 

Le contrôle de la monnaie est une arme de pouvoir absolu , nous le savons depuis plus d'un siècle , et c'est également une arme de destruction massive pour déstabiliser économiquement et politiquement des pays qui ne suivraient pas la ligne imposée par les Empires dominants : en l'occurence celui des USA  et de son vassal monétaire : l'Union Européenne .

C'est la raison pour laquelle aucune vraie politique au sens originel  du terme ne peut exister sans ce pouvoir régalien essentiel : celui de la création monétaire . Pouvoir qui fut transféré aux banques privées en 1913 aux USA  avec le changement de statut de la FED , transfert effectué en Europe grâce au traité de Maastricht (article 104 ) , confirmé par l'article 123 du Traité de Lisbonne . 

Dernièrement lors de la réunion de Davos , Le champion de la déstabilisation monétaire  Georges Soros a annoncé que la Chine sombrerait dans la crise , à cause de sa monnaie .  Les Hedge funds américains et ceux dirigés par Soros sont en train de se livrer à des opérations de vente de la monnaie chinoisearrow-10x10.png  en vue de déstabiliser totalement le pays qui devient un concurrent gênant pour la puissance de l'Empire . (1) (2)

En fait , ces fonds de premier plan ne sont que la courroie de transmission de la FED et de ses actionnaires privés , leurs contacts sont très étroits et ce sont eux qui fixent la stratégie géopolitique américaine, en utilisant  des outils comme les dérivés, le tradingarrow-10x10.png haute fréquence. Ces instruments permettent de manipuler les marchés qu'il s'agisse de la monnaie ou de l'énergie . (3)

Jusqu'ici , ces manipulations avaient plutôt réussi à atteindre leur objectif : 1992 , crise monétaire asiatique de 1997, crise du pétrole de 2006 ,  etc... 

Ceci nous indique que les instruments  de pouvoir et de contrôle sont non seulement militaires , mais également  monétaires, ET également énergétiques si l'on regarde toute la politique Nord Américaine depuis plus de 50 ans, en particulier sa politique au Proche Orient, sur le bassin Méditerranéen, ,ou encore vis à vis de la Russie comme de l'Iran . La prise de contrôle de ces instruments de pouvoir comme de leurs moyens de distribution  est systématique par tous les fonds de pension américains ou leurs actionnaires qui se retrouvent en actionnariat croisé avec les actionnaires de la FED depuis plus de 40 ans  . L'Ukraine ou la Grèce en étant les derniers exemples en termes de géopolitique . 

Ce qui nous amène à penser que La MONNAIE , comme l'ENERGIE , sont des éléments incontournables  de toute politique , ou idéologie politique et qu'aucun modèle économique ne peut se construire sans en tenir compte  et sans un minimum de contrôle sur ces aspects . 

Un Directeur de Recherche du CNRS en est arrivé exactement aux mêmes conclusions : 

Il s'agit de Gael Giraud dont je vais vous livrer quelques extraits d'entretien , car il explique  lui même bien mieux que je ne pourrais le faire  cette nécessité de changer de paradigme : 

entretien avec Matthieu Auzanneau en date du 14 Mai 2014 (4)

Repenser l’économie à partir du concept universel d’énergie ?

 

Nous aurions juste tout faux. Selon Gaël Giraud et d'autres avant lui, l'énergie se révèle être, tout compte fait, le paramètre essentiel qui influe sur l'activité économique et permet de la comprendre : son grand faiseur. La valeur du capital dans le capitalisme serait, par conséquent, largement sur-cotée. Au moment où certaines conséquences du réchauffement climatique apparaissent d'ores et déjà "inarrêtables", l'économie a-t-elle besoin d'un nouveau thermomètre ?

Le prix véritable de l'énergie serait bien différent de ce qui est écrit sur les pompes à essence et de ce qu'énonce la théorie économique. Une théorie économique construite à l'époque où l'on pouvait concevoir une croissance infinie sans que le ciel ne menace de nous tomber sur la tête, où l'Homme était en train de tuer ses dieux et pouvait s'imaginer en être un lui-même. 

"l'Homme" est l'unique mesure de la théorie économique en vigueur depuis la révolution industrielle. La fonction de production de l'économie classique ne connaît que deux facteurs essentiels : le capital (K) et le travail (L). Si l'énergie (E) se révélait être effectivement le véritable facteur fondamental de la production, alors tout serait à repenser, en premier lieu parce que contrairement au capital et au travail, l'énergie n'est en rien à la mesure de l'homme, avec ou sans grand "h".

Dans pareil cas, la pensée économique actuelle ne serait rien de plus qu'un anthropocentrisme bêlant, attendant son Copernic et son Galilée, ou pire, ne les ayant même pas vu passer.

L'énergie (en particulier l'énergie colossale et néanmoins limitée emprisonnée dans les chaînes complexes de molécules d'hydrocarbures) n'est pas plus produite par l'homme qu'elle ne lui appartient.

L'énergie, par définition, se conserve. Du capital et du travail sont certes nécessaires, non pour "produire" cette énergie, mais seulement (comme le souligne de façon limpide le physicien français Etienne Klein) pour la transférer d'un système à un autre ou pour en modifier la forme. Et la formation du capital comme la mobilisation du travail, elles-mêmes, réclament de l'énergie. Sans apport d'énergie, capital et travail sont impotents, inertes, voués à se désagréger.

Si d'autres chercheurs viennent confirmer les résultats de Gaël Giraud et de ses collègues, "on peut parier que les théories économiques du futur ne ressembleront pas du tout à celles d’aujourd’hui, et que les économistes qui soutiennent [les théories actuelles] seront un jour aussi ridicules que les médecins de Molière"  : je souscris à ce commentaire d'un lecteur, à ceci près que le travail de Giraud prolonge une piste ouverte il y a longtemps déjà !

A force d'échanger depuis dix ans avec des physiciens (Ayres), des ingénieurs (Jancovici) et des économistes (Hourcade, Kumhof et maintenant Giraud) qui ont entrepris de regarder la réalité économique pour ce qu'elle est primordialement, c'est-à-dire une histoire de joules bien avant que de dollars, d'euros ou de yuans, j'ai pour ma part la conviction que tôt ou tard, un paradigme nouveau émergera.

Dans un second entretien sur (5)

« Le vrai rôle de l’énergie va obliger les économistes à changer de dogme »

Gael Giraud ajoute  et détaille : 

 Historiquement, l'accumulation du capital (au sens moderne) n'a pas commencé au 18ème siècle avec le début de la révolution industrielle, mais au moins deux cents ans plus tôt. Inversement, la première “révolution marchande” des 12ème et 13ème siècles, qui permit à l'Europe de sortir de la féodalité rurale, coïncide avec la généralisation des moulins à eau et à vent. Une nouvelle source énergétique, en plus de la photosynthèse (agriculture) et de la force animale, devenait disponible. De même, qui peut nier que la découverte des applications industrielles du charbon, puis du gaz et du pétrole (et, plus récemment, de l'atome) a joué un rôle décisif dans la révolution industrielle, et partant, comme moteur de la croissance ? De 1945 à 1975, les “trente glorieuses” ont été une période de croissance accélérée et aussi de consommation inédite d'hydrocarbures. Depuis lors, la planète n'a jamais retrouvé la vitesse de consommation d'énergies fossiles qui fut la sienne après guerre. C'est une bonne nouvelle pour le climat. Mais cela n'est pas étranger au fait que nous n'avons jamais retrouvé non plus les taux de croissance du PIB des trente glorieuses.

 

........

Or le prix du pétrole, comme celui du gaz de schiste nord-américain, ne résulte pas d'une pure rencontre concurrentielle de l'offre et de la demande. Tous deux sont soumis à diverses manipulations. Il apparaît que le mode de fixation du prix du pétrole spot, livrable à court terme, ressemble davantage à la fixation des taux monétaires du LIBOR qu'aux fictions idéales des manuels d'économie. Nous savons aujourd'hui que ces taux interbancaires du LIBOR ont été sciemment manipulés par diverses banques de la City de Londres, cela durant des années et avec éventuellement la complicité passive de leur régulateur, la banque centrale d'Angleterre. De même, le prix du pétrole est un sujet politiquement très sensible, il n'est pas étonnant qu'il soit soumis à diverses pressions. Par exemple, la chute du prix du pétrole durant la seconde moitié des années quatre-vingt n'est pas étrangère à la stratégie de Washington qui visait à étrangler l'économie de l'URSS[en demandant à l'allié saoudien d'ouvrir ses vannes de brut à fond, NDLR], ce qui a conduit à précipiter la chute de l'empire soviétique

 Grâce à ses explications lumineuses , Gael Giraud nous permet d'entrevoir non seulement les causes de la géopolitique actuelle, des crises économiques et financières qui se succèdent sans interruption , mais également de comprendre pourquoi les nouvelles inventions permettant la transition énergétique  ont toujours été étouffées ou bloquées dans l'oeuf . 

Je citerais de manière non exhaustive : le moteur à eau , dont l'inventeur excédé a fini par publier le brevet sur Internet .. le trottoir cinétique (6) mis en fonction à Toulouse et vendu au MIT car la Ministre en charge de le transmettre à l'ANVAR  avait "perdu" le dossier ..  Ce ne sont que deux exemples très illustratifs de la manière dont de nouvelles technologies révolutionnaires sur l'énergie ont été totalement bloquées de manière à ne pas laisser d'autonomie se créer, à la fois au niveau des Etats, des communes, ou encores des individus . 

Et là nous arrivons au troisième aspect de cette idée qui est la  Cyber révolution . Grâce à l'intelligence collective que peut permettre le Net , des chercheurs du monde entier , se mettent à se parler , à échanger , à discuter . Certains se prêtent leurs expériences . L'objectif n'est pas le profit , mais bien la nouvelle technologie qui permettra cette transition énergétique .. Je pense notamment à un domaine comme celui du LENR (fusion à froid) , sur laquelle  de nombreux chercheurs discutent et échangent . (7)

Et là il faut aussi redonner la parole à Gael Giraud: 

Sans transition énergétique (c'est-à-dire, sans réorientation volontariste de nos forces productives et de nos modes de consommation vers une économie moins dépendante des énergies fossiles), nous ne pourrons tout simplement plus retrouver la moindre croissance durable.  La bonne question, c'est : comment opérer la transition de manière à assurer du travail pour le plus grand nombre, et un style de vie à la fois démocratique et prospère ?

Si l'on suit Tainter, nous serions condamnés, dans la mesure où notre société aurait atteint son “pic de complexité”, au-delà duquel les gains de productivité de la complexité deviendraient négligeables ? Je peux me tromper, mais je suis convaincu, pour ma part, que seules deux régions au monde peuvent lancer la transition énergétique en tant que vaste projet économique et politique : l'Europe et le Japon. En effet, il faut, pour cela, d'excellents ingénieurs et une population à la fois riche et très éduquée. Si l'Europe devient leader dans la transition énergétique et, plus globalement, écologique, alors elle pourra, avec son propre retour d'expérience, exporter auprès du reste du monde son savoir-faire. Sinon, elle sera condamnée à devoir faire la guerre, comme l'empire romain, pour capter l'énergie des autres, ce qu'elle n'a plus guère les moyens de faire. La transition est devant nous : elle est le secret de la prospérité future de l'Europe si, du moins, notre continent se donne les moyens de la mettre en oeuvre.

A travers ces réflexions, il est évident que cette complexité énergétique  permettant d'assurer la Transition , ne peut être résolue à travers des capitaux privés et qu'il ne peut s'agir de rien d'autre que d'une mission de service public , ou de mises en oeuvre faisant appel à ce que l'on nomme l'économie solidaire (coopératives) etc... . Une fois de plus , les erreurs d'analyse et la sous estimation du rôle et de l'importance de l'énergie sur nos modèles économiques nous ont conduit à des erreurs politiques majeures pouvant provoquer  des accidents dramatiques  comme celui de Fukushima nous donnant une très vague idée des conséquences  qui ne sont en fait que notre propre destruction . La financiarisation systématique de la recherche des éléments permettant la transition énergétique doit absolument cesser car il s'agit bien d'éléments aussi nécessaires à la vie humaine que l'air qu'on respire et que l'eau que l'on boit  et qui doivent en conséquence rester des biens communs .  Ce qui n'empêche pas de chercher de nouveaux moyens de récompenser ces chercheurs , et ces reconnaissances ou récompenses sont d'autant plus importantes qu'elles sont elles même des stimuli indispensables à la créativité . 

 

Voilà pourquoi ces travaux, recherches, idées doivent être diffusées , relayées , débattues , de manière à faire sortir les esprits de leurs carcans idéologiques et dogmatiques, et aborder de manière positive ce qui risque bien d'être une nouvelle révolution civilisationnelle . 

 

(1) Les Hedge funds et le Yuan pot de fer contre pot de terre

(2) Les Fonds Vautours US repartent en guerre contre le Yuan 

(3) Le Grand Transfert/Marché , la FED est responsable de la chute du pétrole et des bourses . 

(4) Repenser l'économie à partir du concept universel d'énergie 

(5) « Le vrai rôle de l’énergie rva obliger les économistes à changer de dogme »

(6) Le trottoir cinétique

(7) LENR ou fusion à froid :  Etude sur la réalité et la situation de la technologie LENR 

 

Source 

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