Le Nouveau Paradigme

Le Nouveau Paradigme

Commencer à penser par soi même c'est déjà faire partie de la solution


Le succès surprenant de la marche anti-pesticides à Bordeaux

Publié par Le Nouveau Paradigme sur 15 Février 2016, 18:25pm

Catégories : #Société

Suite à la diffusion d’un documentaire télévisé sur les pesticides, les militants pour l’interdiction de ces molécules ont rassemblé un millier de personnes à Bordeaux. En Gironde, l’inquiétude se répand au sujet d’écoles installées au bord des vignes et du danger pour les enfants ainsi exposés.

- Bordeaux, correspondance

L’appel à marcher dans les rues de Bordeaux n’avait été lancé que le 6 février, sur les réseaux sociaux. Pourtant, en à peine plus d’une semaine, l’invitation des associations locales (Confédération paysanne Gironde, Générations futures Bordeaux, Vigilance OGM33, AllassacONGF, les Amis de la Terre Gironde, Collectif Alerte Léognan et Info Médoc Pesticides) a bien été reçue. Et dimanche 14 février, tout le monde a été surpris par le nombre de personnes venues réclamer l’arrêt de l’utilisation des pesticides dans l’agriculture.

Sous la pluie et dans le froid, environ 600 manifestants (1.000 à 1.500 selon les organisateurs) ont déambulé de l’hôtel de ville à la préfecture de la Gironde, en passant par le Conseil départemental. Dans le cortège, des militants écologistes, mais aussi beaucoup de parents inquiets pour la santé de leurs enfants.

« Électrochoc dans le grand public »

Cette marche blanche faisait suite à la diffusion sur France 2, le 2 février dernier, du documentaireCash investigation, « Produits chimiques, nos enfants en danger » (toujours consultable en ligne, où la Gironde est décrite comme premier consommateur de pesticides cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques (CMR) de France.

À l’initiative, deux femmes qui se battent pour faire reconnaître la responsabilité des pesticides dans la mort de leurs proches et demandent leur interdiction : Valérie Murat (qui avait participé à laRencontre de Reporterre sur les pesticides donc le père viticulteur est décédé en 2012 d’un cancer lié à l’arsénite de sodium, et Marie-Lys Bibeyran, dont le frère est mort d’un cancer rare en 2009.

« Cela faisait longtemps qu’on voulait organiser une manifestation à Bordeaux. Là, après Cash Investigation, c’était l’occasion de profiter de l’émotion suscitée », explique à Reporterre Valérie Murat. « Car, si beaucoup de gens étaient déjà informés, l’émission a créé un électrochoc dans le grand public. »

JPEG - 153.2 ko
Valérie Murat, lors de la Rencontre de Reporterre, avec Générations futures, en mars 2015

Mais pourquoi la mobilisation prend-elle particulièrement en Gironde ? À cause de l’omerta, selon les deux femmes : « Il y a un déni profond entretenu par les institutions. Dès le lendemain de la diffusion du documentaire, Bernard Farges, président du Comité interprofessionnel des vins de Bordeaux (CIVB), ainsi que la Chambre d’agriculture, ont lancé la machine à désinformer, avec un discours cosmétique » rappelle Valérie Murat.

Grosse inquiétude sur les enfants

C’est principalement la mise en danger des enfants, par le biais des écoles, qui fait réagir. Dans le département, pas moins de 130 écoles sont exposées aux pesticides car enclavées dans les vignes. Or, si des études épidémiologiques commencent à pointer la corrélation entre ces zones et des cancers pédiatriques, notamment des leucémies, aucune étude toxicologique ne permet pour l’instant d’établir de causalité directe.

« Arriver à rassembler autant, c’est pas anodin. Cela fait trois ans que je sollicite le CIVB, la Chambre d’agriculture, le président de région Alain Rousset, en leur disant : ’Attention, ça va vous péter à la gueule’. Ce soir, ils font moins les malins. Car quand les gens descendent dans la rue, c’est bon pour le rapport de force » assure Valérie Murat. « Et je crois que ça va essaimer »poursuit-elle.

Marie-Lys Bibeyran fait également preuve d’optimisme : « Je pense qu’il y aura un avant et un après 14 février, au niveau local. Les gens ont montré qu’ils étaient informés et capables de se mobiliser. Maintenant je ne vois pas comment les institutions pourraient ne pas bouger. »

Dimanche, par la voix de Dominique Techer de la Confédération Paysanne Gironde, les manifestants ont d’abord demandé la protection des écoles. « Nous voulons que les vignes situées à proximité des établissements scolaires soient obligées de passer en bio, dès maintenant »explique Marie-Lys Bibeyran. « On ne peut pas imaginer une nouvelle saison comme ça, avec des épandages autour des écoles. »

La région et la préfecture sommées de prendre des mesures

Ensuite, se donner les moyens de comprendre les effets des pesticides : « On veut des études toxicologiques pour quantifier et caractériser l’exposition aux pesticides » dit Valérie Murat. « Mais pour cela, il faut une volonté politique. La région pourrait se saisir de cette question. Car quand tout le monde à l’étranger saura que le vin a intoxiqué des gens voire les a conduit à la mort, ils ne voudront plus en boire. »

Les deux femmes, qui se battent depuis plusieurs années déjà, ne manquent pas d’idées. « On sait qu’il faut occuper le terrain » avertit Marie-Lys Bibeyran. « J’ai rendez-vous avec le préfet le 1er mars pour lui remettre une pétition pour la réduction de l’exposition des salariés de l’agriculture et des industries agro-alimentaires aux pesticides, qui est rendue à 68.500 signatures. » Valérie Murat, elle, poursuit des procédures judiciaires pour faire reconnaître son père comme victime de l’industrie chimique.

 

Source : Baptiste Giraud pour Reporterre

Photos :
. marche à Bordeaux : © Baptiste Giraud/Reporterre
. Valérie Murat : © Eric Coquelin/Reporterre

Commenter cet article

jean 16/02/2016 10:19

suis d'accord avec "yvette" d'autant + que voila qu'apres Maud Fontenoy, chez les repoublicains, que mr.Luc Chatel s'y met aussi en disant qu'il faut utiliser le Gaz de Schiste et les OGM...nous avons a faire la a des dinosaures de la politique des personnes dangereuses pour le monde,c'est pour ca qu'il faut radicalement changer ces clowns qui nous ont rendu la ou nous en sommes et ce depuis 40 ans

yvette 16/02/2016 08:50

ce qu'il y a de surprenant c'est surtout qu'il y a toujours des irresponsables a la tete de l'europe pour qui nous n'avons pas voté et en cascade dans notre gouvernequiment des cloportes qui vont dans ce sens du tout pesticides-ogm-chemtrails-gaz de schistes etc..ces etres la sont des toxiques pour l'humanité et meme pour eux memes;leur manque d'intelligence est a ce point :et notre responsabilité a nous c'est de les avoir fait elire,notre devoir est de les virer et de les poursuivre

Nade 16/02/2016 15:01

Exactement je pense aussi qu'un jour ils faudra poursuivre ces fous , qui font passer les firmes du fric avant la sante des gens,ont crevent de manger boire et respirer malsain,que cela va t-il etre des enfants qui arrivent derrieres nous ?

Nous sommes sociaux !

Articles récents