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Radicaux libres, antioxydants et vieillissement - Le problème du fer

Publié par Le Nouveau Paradigme sur 24 Février 2016, 21:41pm

Catégories : #Santé

Radicaux libres, antioxydants et vieillissement - Le problème du fer
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Plusieurs travaux récents, dont nous rendons compte, montrent que des suppléments de fer classiques (sulfate, fumarate, gluconate) peuvent endommager les cellules, à des doses correspondant aux traitements habituellement prescrits. En réalité, cela fait bien longtemps que mon ami le Dr Jean-Paul Curtay tente d’attirer l’attention sur les risques liés à la supplémentation en fer. Le fer est en effet un oligo-élément très particulier.

 

Le fer nous est indispensable, ne serait-ce que comme constituant du sang. Environ 70 pour cent du fer corporel se trouve dans les globules rouges du sang sous la forme d’hémoglobine et dans les cellules musculaires comme myoglobine. L'hémoglobine est essentielle au transport de l'oxygène des poumons vers les tissus. La myoglobine, dans les cellules musculaires, accepte, stocke, transporte et libère de l'oxygène.

Environ six pour cent du fer entre dans la composition de certaines protéines essentielles pour la respiration et le métabolisme énergétique, et d'enzymes impliquées dans la synthèse de collagène et certains neurotransmetteurs. Le fer est également nécessaire à la fonction immunitaire.

Mais le fer est un nutriment atypique. Le corps le stocke dans une protéine appelée ferritine, et le transporte dans une autre protéine appelée transferrine. Il y a donc très peu de fer libre dans le corps. Voilà qui tranche par exemple avec d’autres minéraux comme les ions calcium libres (dans le sang) ou les ions potassium libres (dans les cellules).

Il y a deux raisons pour lesquelles le fer est « corseté » ainsi dans des protéines. La première, c’est que le fer (ferrique) n’est pas soluble dans l’eau. L’autre raison, c’est que le fer libre des médicaments et des aliments enrichis (fer ferreux) peut être toxique pour nos cellules. Le fer ferreux peut réagir dans l’organisme avec du peroxyde d’hydrogène (un radical libre, en fait de l’eau oxygénée) pour donner du fer ferrique avec au passage la production d’un autre radical libre particulièrement agressif, le radical hydroxyle. Le corsetage du fer par des protéines prévient ces effets toxiques du fer.

Mais ce mécanisme de protection peut être débordé lorsqu’on prend des suppléments de fer sous la forme de fer libre, qu’on mange trop d’aliments riches en fer comme la viande rouge et les charcuteries ou qu’on avale tous les jours des aliments enrichis en fer comme les céréales du petit déjeuner.

Voilà pourquoi le Dr Curtay a, dès la fin des années 1980, conseillé de ne pas prendre de compléments vitaminés contenant du fer (et du cuivre, qui a un comportement similaire), une recommandation reprise par LaNutrition.fr.

Voilà pourquoi, dans Le programme de longue vie, un livre que nous avons cosigné et qui est paru en 1999, puis dans le dossier du Nouvel Observateur sur le Bien Vieillir, paru la même année, nous recommandions de manger viande rouge et charcuteries avec modération, très précisément le conseil que donne aujourd’hui le Fonds Mondial de Recherches sur le Cancer (WCRF).

Nous mettions aussi en garde contre la pratique qui consiste à enrichir les aliments courants en fer libre, comme les produits céréaliers ou le lait, et à supplémenter systématiquement en fer libre les femmes pendant la grossesse. C’est l’un des nombreux points de contentieux qui nous ont valu unefatwa des nutritionnistes officiels liés à l’industrie agro-alimentaire, menés par le Dr Serge Hercberg qui à l’époque assurait qu'«une supplémentation systématique en fer (sous forme médicamenteuse) des femmes enceintes devrait être débutée tôt, si possible dès le 3ème mois, à des doses allant de 45 à 90 mg de fer-élément/j

Une telle recommandation n’était pas fondée à l’époque et elle ne l’est toujours pas. D’abord parce que ces suppléments de fer libre sont susceptibles d’endommager cellules et tissus, comme on le savait alors et comme cela est aujourd’hui confirmé. 

 

Mais la recommandation de prescrire systématiquement du fer n'est pas fondée non plus si l'on considère les bénéfices cliniques. En effet, cette supplémentation systématique n’avait pas, et n’a toujours pas 17 ans après, fait la preuve qu’elle bénéficie à la maman et/ou au bébé, comme vient de le rappeler opportunément une commission de chercheurs et médecins indépendants pour le compte des autorités sanitaires américaines. Il ne faudrait donc proposer des suppléments de fer, quel qu'en soit la forme, qu'au vu d'un bilan biologique ou de signes clairs de déficit (pâleur des muqueuses et/ou des ongles), comme nous le proposions à l'époque.

Thierry Souccar - 

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