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Tsunamis géants ou mégatsunamis : définition et menaces actuelles

Publié par Le Nouveau Paradigme sur 17 Février 2016, 19:06pm

Catégories : #Changements terrestres

Tsunamis géants ou mégatsunamis : définition et menaces actuelles

© ANDY POTTS
Les éruptions volcaniques ne sont pas seulement potentiellement dangereuses localement, elles peuvent aussi, lorsqu'elles sont situées près d'un littoral, engendrer des tsunamis aux proportions cataclysmiques.


Les mégatsunamis ou tsunamis géants ne sont pas comparables aux les tsunamis classiques, pourtant déjà dévastateurs comme en témoigne celui de mars 2010 au Japon qui s'est accompagné de vagues de plus de 20 m qui ont tué environ 18 000 personnes.


Alors qu'un tsunami est déclenché par un séisme sous-marin, un mégatsunami est habituellement provoqué par un éboulement colossal de roches, qui en tombant dans l'eau provoque de puissantes vagues pouvant atteindre jusqu'à 300 mètres de haut avec une vitesse de propagation de plus de 900 km/h... Ainsi, le mégatsunami s'explique par une onde de choc verticale.


Si ce scénario était, il y a encore peu, hypothétique, les géologues viennent de retrouver des traces géologiques de tels cataclysmes :


Il y a cent mille ans, à la suite d'une éruption volcanique énorme, un morceau gigantesque du volcan Mauna Loa à Hawaii est tombé dans la mer, provoquant un raz de marée de plus de 300 mètres de haut à des centaines de km à la ronde !
Il y a 8 000 ans, une éruption de l'Etna (Sicile) aurait provoqué un titanesque tsunami, ravageant les côtes méditerranéennes du Nord de l'Afrique jusqu'à l'actuelle Turquie. L'Etna, toujours actif a marqué sa région de son empreinte par les débris qu'il y a laissé.
Il y a également environ 8000 ans, la plaque sédimentaire sous-marine de Storegga, d'une surface semblable à celle de l'Ecosse, s'est désolidarisée de la côte ouest de la Norvège, labourant les fonds marins sur près de 300 kilomètres. Ce glissement de terrain colossal a déclenché un tsunami et des vagues de plus de 20 mètres qui se sont abattues sur les côtes des îles Shetland voisines et probablement emporté bien des tribus d'Europe du nord. "La trace du glissement est encore visible sur les fonds marins", explique le Professeur Peter Talling, sédimentologue de l'Université de Southampton (Grande-Bretagne), qui dirige un projet national d'évaluation des risques de glissement sous-marin.
De tels mégatsunamis surviennent régulièrement et depuis 40 000 ans, il y a eu au moins dix énormes effondrements de matière (de plus de 100 kilomètres cube chacun) rien que dans l'Atlantique Nord. A chaque fois, ces catastrophes ont provoqué des vagues géantes de plusieurs centaines de mètres de haut...


Ainsi, dans une étude de 2008, le Pr Uri ten Brink, géophysicien à l'USGS (Woods Hole, Massachusetts - Etats-Unis) identifie les risques de tsunami sur la côte Est des Etats-Unis, où se trouvent plusieurs centrales nucléaires. Le passé géologique de l'Amérique du Nord prouve qu'un tel évènement s'est déjà produit : "Les couches de sédiment concernées sont autrement plus épaisses que celles de Storegga," rapporte-t-il.


Ces scénarios, qui étaient considérés comme hypothétiques, seraient donc bien plausibles et principalement liés à des explosions volcaniques de grande ampleur. En effet, les tsunamis peuvent résulter d'un écroulement de flanc d'un volcan, générant une avalanche de débris.


Ces mégatsunamis pourraient également être générés par des avalanches de sédiments sous-marins. Mais les chercheurs reconnaissent qu'il est difficile d'apprécier le risque de glissements de terrains sous-marins, surtout les très gros. "Nous n'avons pas suffisamment de données sur ces événements, car (heureusement) ils sont très rares" souligne ten Brink. "Nous exploitons au maximum tous les indices possibles."
Selon l'expert en tsunamis Bill McGuire, de l'University College London, un tsunami géant survient environ tous les les 10 000 ans.


Mégatsunamis : les menaces actuelles

Les îles volcaniques telles que la Réunion et Hawaii sont susceptibles de causer des mégatsunamis car leur formation demeure instable, résultant d'éruptions successives. De plus, autour de ces îles on a trouvé des traces de débris qui prouvent que de tels glissements de terrain ont déjà eu lieu.


Les îles Canaries

Le candidat le plus sérieux comme source du prochain mégatsunami est l'île de La Palma, dans les îles Canaries. En 1949, lors d'une éruption, la moitié occidentale de l'arête de la Cumbre Vieja a glissé de plusieurs mètres vers l'Océan Atlantique. On pense que ce processus a été provoqué par la pression de l'eau, présente dans la structure de l'île, portée à ébullition par la remontée du magma.


Selon un scénario élaboré par des géophysiciens, la prochaine éruption pourrait faire glisser la moitié occidentale de l'île, et jeter 500 millions de tonnes de roches dans l'océan (soit 500 km3 de roches, d'après l'hypothèse la plus pessimiste).
Conséquence : cela produirait un mégatsunami avec une vague de 900 m à la source, qui voyagerait à travers l'Océan atlantique et irait frapper les Caraïbes et le littoral américain oriental plusieurs heures plus tard, avec une vague à destination qui pourrait atteindre quelques mètres de haut (2 à 3 m). Par contre, les Canaries et les littoraux de l'ouest de l'Afrique seraient ravagés...


Le volcan Pico do Fogo

Le volcan Pico do Fogo, situé sur l'île de Fogo, au Cap-Vert, pourrait également provoquer un tsunami colossal à travers l'océan Atlantique. Hauteur estimée de la vague : environ 300 mètres, a indiqué une équipe de chercheurs de l'école des sciences de la Terre de l'Université de Bristol, dirigée par Ricardo Ramalho.


Ce volcan, de 2829 m d'altitude, est un des volcans insulaires les plus grands et les plus actifs de la planète. Or, il a connu une importante éruption fin novembre 2014 qui laisse craindre une nouvelle éruption, cette fois-ci massive qui entraînerait un tsunami, voire un mégatsunami dévastateur.
Un tel scénario n'est malheureusement pas de la science-fiction mais s'est déjà produit il y a 73 000 ans : un cataclysme unique dans l'histoire géologogique de la Terre. A l'époque, des blocs de plus de 770 tonnes sont tombés dans l'océan, générant des vagues de 244 mètres de haut avançant à plus de 500 km/h... qui ont détruit les îles voisines.


Si le Pico de Fogo sommeille depuis février 2015, les volcanologues invitent à la plus grande vigilance, précisant que ce n'est qu'une question de temps...
Aujourd'hui, des glissements de terrain de moindre ampleur sont plus probables et peuvent avoir aussi un impact énorme au niveau local mais rien ne permet de les anticiper. En 1998, par exemple, un tremblement de terre de magnitude 7 (relativement modeste) a déclenché un glissement de terrain suivi d'un tsunami avec des vagues de 15 mètres au large de la Papouasie Nouvelle Guinée, emportant 2 200 personnes.


Sources


Planetary disasters: It could happen one night - Nature 493, 154–156 (10 Janvier 2013) doi:10.1038/493154a
Science & Vie, janvier 2016
Actualités sur les tsunamis
Auteur


Christophe MAGDELAINE,


Source :notre-planete.info,

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