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Un homme de 25 ans ramené à la vie après avoir été gelé

Publié par Le Nouveau Paradigme sur 3 Février 2016, 16:10pm

Catégories : #Sciences

Ressuscité après congélation : le cas du jeune Américain qui met en lumière les progrès spectaculaires des techniques de réanimation

N'ayant plus de pouls, un jeune homme de 25 ans après avoir passé 12 heures dans le froid par -5° sous la neige a été retrouvé gelé puis déclaré mort, jusqu'à ce que le service des urgentistes réanimateurs parvienne à le réchauffer puis à le ramener à la vie, sans qu'il ne garde aucune séquelle. Une résurrection spectaculaire due aux avancées scientifiques en matière d'utilisation du froid dans les milieux médicaux.

 

 

Comment meurt-on de froid ? Que se passe-t-il lorsque notre corps ne supporte plus sa température ?

Pierre Muller : Lorsque l'on meurt de froid, il y a d'abord des frissonnements, quand notre corps descend à 35 degrés. Dans un deuxième temps, on arrête de frissonner (les mécanismes de défense sont dépassés) et on bascule dans un état commateux, en perdant connaissance.

En dessous de 32 degrés, notre corps ne supporte plus sa température et fait un arrêt cardiaque (le coeur se met à fibriller puis s'arrête). Le risque de provoquer une crise cardiaque est maximal au moment du déplacement du corps et au moment de le réchauffer.

Comment sauver quelqu'un qui est en train de mourir de Froid ?

 

 

 

 

Il y a une différence à faire entre "mourir de froid" et "mourir froid".

"Mourir froid", c'est par exemple un avalanché qui est dégagé de la neige : il est "mort froid", car son corps est depuis longtemps dans la neige et s'est mis en hypothermie. Mais ce qui tue l'avalanché, ce n'est pas le froid, c'est l'asphyxie. Il y a donc un paradigme en médecine,  qui est que tous les corps froids ne sont pas considérés comme morts jusqu'à ce qu'ils soient morts et chauds.

 

Pour quelqu'un en hypoterme et en arrêt cardiaque, qui est entrain de "mourir de froid", les urgences tentent de le réanimer avec une circulation extra-corporelle, pour faire remonter la température du corps, ce qui lui fera retrouver une oxygénation normale du sang, jusqu'à ce que le corps redevienne chaud et qu'on puisse faire le bilan des possibles lésions cérébrales.

Les chances de survies de quelqu'un qui est en train de mourir de froid sont minimes. Elles dépendent de la température du corps, du taux de potassium dans le sang et de la personne (si elle est vieille ou fragilisée, son taux de survie diminue encore). A moins de 32 degrés, si le patient est en arrêt cardiaque, il est éligible à une circulation extra-corporelle uniquement si son taux de potassium est inférieur à 10 mmol/l.

 

Le sauvetage de ce jeune homme de 25 ans qui n'avait plus de pouls est tout de même spectaculaire.

Y a-t-il des avancées scientifiques en matière de réanimation ou plus généralement de l'utilisation du froid en médecine ?

 

Le froid, puisqu'il ralentit le métabolisme, protège le cerveau. Donc il est possible de réchauffer des corps et de les ramener à la vie, comme l'explique l'article du Washington post, où le patient n'avait plus de pouls mais a pû parfaitement tout récupérer parce qu'il était en hypotermie.

 

Aujourd'hui en médecine, on peut utiliser depuis 4/5 ans de l'hypotermie induite et provoquée pour protéger le cerveau de lésions définitives en cas d'arrêt cardiaque. Un cervau non oxygéné à 37 degrés meurt et se met au bout de quelques minutes en coma. Alors que si vous être hypotherme, vous pouvez récupérer sans séquelle.

 

Y a-t-il des populations plus à risque que d'autres ?

 

Les gens qui "meurent de froid", il y en a très peu.

Ce sont des gens éventuellements tombent dans des lacs gelés, ou alors les sans abris qui dorment dehors. Les gens sous l'emprise de l'alcool ou d'une drogue aussi, parce qu'ils ne se rendent pas compte des effets du froid et vont moins se lever et moins marcher pour chercher à se protéger du froid. Puis il y a les explorateurs, comme cet anglais qui est mort d'épuisement et de froid en antarctique, retrouvé il y a 15 jours. Les alpinistes aussi, les skieurs, les marins (le britannique Henry Worsley est mort après 71 jours de traversée sans assistance) et les kayakistes.


 

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