Le Nouveau Paradigme

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Une espèce de zèbre éteinte depuis un siècle, réapparaît...

Publié par Le Nouveau Paradigme sur 15 Février 2016, 11:38am

Catégories : #Sciences

 

Ils ressemblent à des zèbres qui auraient perdu une partie de leurs rayures : les quaggas, rayés noir et blanc du museau au ventre mais brun clair uni sur la croupe, ont disparu au XIXe siècle, massacrés par les chasseurs de l’ère coloniale – le dernier spécimen est mort dans un zoo à Amsterdam en 1883. Pourtant, on croise ces mammifères dans une vallée à deux heures du Cap, au pied des montagnes escarpées du Cap-Occidental.

 

Ce petit troupeau semi-rayé est le fruit du travail d’une poignée de scientifiques qui, depuis trente ans, font se reproduire des zèbres des plaines moins rayés que les autres, pour concentrer les gènes « sans rayures ». La cinquième génération est en tous points semblable au quagga.

 

 

Pas du clonage mais un « projet de reproduction sélective »


Le projet a été lancé par feu Reinhold Rau, un spécialiste d’histoire naturelle sud-africain né en Allemagne, qui avait fait analyser des échantillons de peau de quagga au South African Museum du Cap. Il avait alors découvert que l’ADN de cet animal était le même que celui du zèbre des plaines, à quelques rayures près – comme une différence de couleur des yeux chez les êtres humains. Sa décision était prise : il allait faire revenir le quagga.
Les critiques n’ont pas tardé. Certains experts de la biologie y voient une opération de marketing et une interférence inutile avec la nature.


« Nous ne faisons pas de génie génétique, se défend le professeur Harley. Nous ne faisons pas du clonage, pas de transferts sophistiqués d’embryons… Il s’agit d’un simple projet de reproduction sélective. S’il s’était agi d’une espèce différente, l’idée n’aurait eu aucun sens et n’aurait pas pu se justifier. »


Pour apaiser le débat, ces nouveaux animaux ont été formellement baptisés « quaggas de Rau », afin de les distinguer de leurs ancêtres disparus.
 

Rayés noir et blanc du museau au ventre, mais brun clair uni sur le postérieur, on les croise dans une vallée à deux heures du Cap.

 

Les quaggas de Rau peuvent se reproduire


Le guide Mike Gregor, directeur du programme et manager de la ferme, dénombre 100 spécimens en tout dans le projet, dont 6 individus de la quatrième et cinquième génération, considérés comme de vraies représentations de l’animal éteint. « Il y a toujours des polémiques avec ce genre de projet. Vous n’aurez jamais tous les scientifiques qui se mettent d’accord sur la bonne marche à suivre », relativise-t-il.
La différence entre le quagga et le zèbre des plaines est que le premier n’a pas de rayures sur l’arrière-main et sa robe est plus brune, affirme Eric Harley. Une différence d’apparence, pas de code-barre génétique.
Les quaggas qui broutent de nouveau dans la vallée de Riebeek n’ont pas été soumis aux traitements qui permettent de donner naissance à des zébroïdes (croisement d’un zèbre avec un autre équidé, cheval ou âne par exemple), qui sont des créatures hybrides en général infertiles. Les quaggas du XXIe siècle, eux, vont se reproduire.

 

lemonde

 

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