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Zika : le monde en alerte, l'épidémie est mortelle!

Publié par Le Nouveau Paradigme sur 6 Février 2016, 17:46pm

Catégories : #Santé

Gisele Felix, femme enceinte de 5 mois à Rio de Janiero, se protège contre les piqures de moustiques

La Colombie annonce trois décès de patients atteints de Zika et du syndrome Guillain-Barré. Porto Rico décrète l'état d'urgence sanitaire. L'ONU défend l'avortement en Amérique latine.

L'épidémie de virus Zika qui sévit en Amérique latine et dans d'autres pays, inquiète le monde. La Colombie a annoncé vendredi trois décès chez des patients ayant contracté le virus Zika, en pleine expansion en Amérique latine, et souffrant du syndrome neurologique de Guillain-Barré. «Nous avons confirmé et attribué trois décès au Zika» et «les trois morts ont été précédées du syndrome de Guillain-Barré», a déclaré la directrice de l'Institut national de la Santé (INS), Martha Lucia Ospina, lors d'une conférence de presse, alors que le virus est soupçonné de provoquer cette maladie neurologique pouvant mener à la paralysie définitive. Elle a ajouté que «six décès» étaient par ailleurs «à l'étude. D'autres cas vont apparaître», a-t-elle averti, soulignant que «le monde se rend compte que le Zika est cause de mortalité. Pas très élevée, mais oui, il est cause de mortalité».

La Colombie est le deuxième pays, après le Brésil, le plus touché au monde par l'épidémie du virus Zika, transmis par des moustiques, et également soupçonné d'entraîner une grave malformation congénitale, la microcéphalie (réduction du périmètre crânien, néfaste au développement intellectuel).

De son côté, le ministre de la Santé, Alejandro Gaviria, a souligné la «préoccupation» des autorités quant à ce risque de mortalité, chez des patients contaminés par le virus Zika, qui se manifeste par des symptômes grippaux bénins, et atteints du syndrome de Guillain-Barré.

Selon le dernier bilan de l'INS publié le 30 janvier, 20.297 cas confirmés de Zika ont été recensées sur le territoire, dont 2.116 femmes enceintes. La semaine dernière, les autorités ont décrété le premier niveau d'alerte, verte, afin que les hôpitaux se préparent à répondre à une expansion de la maladie, et ont recommandé aux femmes de reporter de six à huit mois leurs grossesses.»

La Colombie n'est pas le seul pays concerné par l'épidémie. Le gouverneur de Porto Rico, Alejandro Garcia Padilla, a décrété l'état d'urgence sanitaire vendredi trois nouveaux cas de Zika ont été répertoriés dans l'archipel américain de Porto Rico, ce qui porte le nombre total de personnes infectées à 22, selon les autorités. Parmi ces patients figure une femme enceinte. «Notre objectif principal est d'assurer la sécurité des Porto-ricains et de leur donner des conseils sur les mesures préventives nécessaires», a déclaré M. Garcia Padilla dans un discours depuis le palais présidentiel.

Des responsables ont précisé que dans le cadre de ce plan d'urgence l'accent allait être mis sur la lutte contre les moustiques, principaux vecteurs du virus. D'autres mesures vont également entrer en vigueur, comme le gel des prix de certains produits, comme les préservatifs, une mesure prise après un cas confirmé de transmission du virus par voie sexuelle aux Etats-Unis. «Le Zika doit être traité comme une maladie sexuellement transmissible, nous devons prendre les précautions adéquates», a dit Ana Rius, secrétaire à la Santé de l'île des Caraïbes. Mme Rius, qui avait déjà conseillé aux femmes le mois dernier d'éviter de tomber enceintes, a aussi annoncé qu'une période de quarantaine avait été établie pour les dons du sang.

A ce titre, l'ONU a demandé vendredi aux pays touchés par le virus Zika, soupçonné de provoquer des malformations congénitales, d'autoriser l'accès des femmes à la contraception et à l'avortement, une question encore sensible en Amérique latine. Le fait que l'avortement et la pilule contraceptive restent interdits dans beaucoup de pays latino-américains n'a pas empêché certains gouvernements - Salvador, Colombie, Equateur notamment - de conseiller d'éviter toute grossesse.

«Comment peuvent-ils demander à ces femmes de ne pas tomber enceintes mais ne pas leur offrir la possibilité d'empêcher la grossesse?», a déclaré à la presse la porte-parole du Haut-commissariat aux droits de l'Homme, Cécile Pouilly. «Le conseil adressé aux femmes de retarder la grossesse ignore le fait que beaucoup d'entre elles n'ont tout simplement pas le pouvoir de décider si ou quand elles veulent tomber enceinte dans un environnement où la violence sexuelle est monnaie courante», a estimé Zeid Ra'ad Al Hussein dans un communiqué. Il a appelé les gouvernements à «s'assurer que les femmes, les hommes et les adolescents ont accès à des services et des informations de qualité sur la santé et la reproduction, sans discrimination», via le droit à la contraception, aux soins maternels et à l'avortement dans un environnement sécurisé.

La ministre salvadorienne de la Santé, Violeta Menjivar, a assuré vendredi que les contraceptifs étaient désormais plus facilement disponibles dans les hôpitaux publics du pays, renouvelant son «appel aux femmes à penser de manière responsable». L'épidémie a également rouvert le débat sur l'interruption de grossesse au Brésil, le plus grand pays catholique du monde.

De fait, la loi brésilienne ne permet d'avorter qu'en cas de viol, quand la vie de la mère est en danger ou dans le cas de foetus acéphales (sans cerveau). De même, en Colombie et en Equateur, l'interruption volontaire de grossesse n'est autorisée qu'en cas de danger pour la santé de la mère.Au Salvador, elle est carrément punie par des peines allant jusqu'à 40 ans de prison: en novembre, Amnesty International dénonçait l'incarcération d'une vingtaine de femmes dans ce pays pour avoir avorté.

Le virus se propage de manière exponentielle en Amérique latine via les moustiques de type Aedes.Vendredi, des chercheurs brésiliens ont indiqué l'avoir aussi détecté sous forme active dans la salive et l'urine, même si «cela ne signifie pas qu'il existe une capacité de transmission» par cette voie.

Et cette semaine, les Etats-Unis ont signalé un cas de transmission par voie sexuelle, au Texas. Ainsi, les autorités de santé américaines ont recommandé vendredi aux personnes de retour des zones à risque de pratiquer l'abstinence sexuelle ou d'utiliser des préservatifs.

Les nouvelles recommandations des Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) visent tout particulièrement les femmes enceintes et leur partenaire, ainsi que celles en âge de procréer inquiètes à propos du virus Zika.

Celui-ci se transmet majoritairement par une piqûre d'un moustique infecté, mais les CDC ont admis cette semaine qu'une personne avait attrapé le Zika par voie sexuelle au Texas. Le conjoint de cette personne avait été infecté par le virus lors d'un récent voyage au Venezuela.

«Les hommes avec des partenaires sexuelles enceintes qui résident ou ont voyagé dans des zones où le virus Zika se transmet activement, et leurs partenaires sexuelles devraient utiliser correctement et sur une base constante des préservatifs durant leurs actes sexuels (vaginaux, anaux ou oraux), ou devraient s'abstenir d'avoir des activités sexuelles pendant la durée de la grossesse», ont indiqué les CDC.

Le plus gros laboratoire de recherche au Brésil, pays particulièrement touché par le Zika, a affirmé que le virus chez les personnes infectées pouvait être trouvé dans la salive et le sperme, tout en soulignant qu'il n'y a pas encore de preuves qu'il puisse se transmettre par ces fluides.

Parallèlement, devant l'explosion de cas de cette malformation en Amérique du Sud, l'OMS a décrété une «urgence de santé publique de portée internationale». L'Organisation mondiale de la santé a aussi jugé jeudi «approprié» de reporter les dons de sang des voyageurs revenant de pays à risque où sévit le virus.

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