Le Nouveau Paradigme

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L'alimentation Paléo ce n'est absolument pas ce que vous pensez!

Publié par Le Nouveau Paradigme sur 7 Mars 2016, 21:27pm

Catégories : #Santé

Manger comme les hommes des cavernes

L’alimentation paléolithique, ou « Paléo » pour les initiés, c’est tout simplement se nourrir COMME l’auraient fait nos ancêtres de la Préhistoire avant la ô combien vénérée et détestée apparition de agriculture et de l’élevage, il y a 10.000 ans.

Le principe de cette diète (qui est également un mode de vie) est extrêmement simple :

Tous les produits laitiers (fromage, yaourt ou lait), les légumineuses et céréales, ainsi que les produits industriels transformés et modernes (chips, gâteaux, bonbons, pizza, etc.) sont interdit.

Seuls les légumes, les fruits, les baies, les noix, les viandes (rouges, blanches, noires…), les produits de la mer (huitre, moules, poissons, etc.), les tubercules (patates douces, tarots, ignames, patates…) ou encore les huiles végétales sont autorisés.

Certains produits, évidemment non Paléo, sont tout de même tolérés avec une grosse limite de consommation. C’est le cas du chocolat noir, du vin rouge.

On peut décemment classer cette alimentation comme très restrictive dans notre style de vie moderne et occidental puisqu’elle interdit des catégories entières d’aliments que l’on consomme plus ou moins régulièrement (le petit verre de lait, le gros morceau de fromage, les chips de mais, etc., etc.).

Mais voilà, si sur le papier manger Paléo peut paraître compliqué, dans la réalité, c’est quand même différent. Des milliers d’adeptes témoignent des bienfaits de ce régime sur la vitalité, le poids, l’énergie, sur certaines affections, ou même sur des maladies métaboliques graves (diabète ou obésité par exemple). Et témoignent également d’une certaine facilité d’adhésion au régime.

Ce régime séduit donc de plus en plus, et forcément reçoit de plus en plus de critiques et attaques venant de tous bords. Certains crudivores/végétaliens/véganes fustigent ces principes mortifères, tandis que d’autres puristes de l’alimentation traditionnelle y voient une mode dommageable pour la santé, les traditions, le terroir et que sais-je encore.

Beaucoup de choses sont dites, pas toujours vrais ni toujours fausses sur le régime Paléo, alors dans cet article on va remettre quelques points au clair en définissant ce que l’alimentation Paléolithique n’est SURTOUT PAS.

Un article qu’il faut donc mettre entre toutes les mains de ces détracteurs.

Ce que l’alimentation paléo n’est ABSOLUMENT PAS

1. Une mode farfelue ou un pseudo-régime

Manger comme nos ancêtres, ou plutôt comme le feraient nos ancêtres aujourd’hui gagne en popularité et pourrait facilement passer pour un régime fantaisiste. Mais ce régime bénéficie d’une littérature scientifique et de pistes physiologiques ou génétiques intéressantes et cohérentes dans notre contexte actuel d’une santé déclinante, et d’une alimentation fortement dénaturée.

Alors des dizaines d’études scientifiques existent sur ce sujet, et tendent à démontrer l’impact négatif des produits industriels transformés riches en calories et pauvre en nutriments ou en vitamines sur notre santé [1] [2] [3].

Notre génome serait idéalement adapté pour suivre une alimentation paléolithique, naturelle, riche en végétaux et en produits animaux [4]. Ceci entraînerait des améliorations de notre état de santé aussi bien au niveau de la sensibilité à l’insuline, que de notre tour de taille ou de notre pression artérielle [5]

En bref le régime paléo, et bien qu’il puisse en faire rire certains, bénéficie d’une base scientifique sérieuse qui trouve des explications biologiques vraisemblables, et qui parfois se retrouve être plus efficace que le sacro-saint régime méditerranéen [6].

Alors pour le régime fantaisiste, c’est malheureux, mais il faudra repasser.

2. Une alimentation basée exclusivement sur la viande (de mammout

 

Voici l’une des erreurs les plus classiques et les plus préjudiciables pour le régime Paléo. Non, le régime paléo ne se base pas sur la consommation quasi-exclusive de produits animaux, et encore moins de viande.

Le régime paléo fait justement la part belle aux légumes. Ils doivent être abondants dans les menus du « paléovore », pour les nombreuses vitamines, antioxydants, fibres et macronutriments intéressants qu’ils possèdent.

Il n’y a pas de pyramide alimentaire officielle pour l’alimentation paléo, mais Mark Sisson propose une pyramide alimentaire mise à jour qui illustre la part importante des légumes (mais également des produits animaux). D’autres auteurs placent, comme l’ancienne pyramide de Sisson, les légumes en première position, mais cela ne change pas grand-chose à l’idée des proportions et aux rôles majeurs des végétaux (sauf légumineuses et céréales).

C’est d’ailleurs l’une des raisons qui justifie que le régime Paléo suscite une excellente adhésion, c’est qu’il offre un large choix d’aliments, de recettes et de plats ce qui limite les risques d’arrêts prématurés.

 

3. Une alimentation dangereuse pour la santé

Certains l’affirment mais notre autorité sanitaire bien-aimée (Anses) ne s’est pas (encore) prononcée dessus. On peut en effet pointer du doigt la consommation de viande, récemment mise sur le banc des accusés avec le travail de l’OMS.

Pourtant, l’alimentation Paléo bénéficie depuis tout récemment d’une première méta-analyse qui pointe du doigt les multiples avantages de cette alimentation sur différentes composantes du syndrome métabolique comparé aux diètes officielles recommandées [7].

Cette méta-analyse confirme le rôle positif d’une telle alimentation sur le tour de taille, la pression artérielle ou encore les triglycérides circulants, et à moindre mesure sur la glycémie et le cholestérol [8] [9] [10] [11].

Plusieurs travaux indiquent les avantages d’une alimentation Paléo comparée à d’autres, notamment pour réduire les niveaux de graisses du foie [12] ou bien pour améliorer la sensation de satiété chez des diabétiques [13].

En bref, l’alimentation Paléo semble aujourd’hui être soutenue par des preuves scientifiques décentes, mais encore insuffisantes soyons clair, sur ses bienfaits sur notre santé.

4. Une apologie de l’holocauste des animaux d’élevage

J’imagine que certains d’entre vous ont bondis à la lecture de la pyramide alimentaire du régime Paléo. Toutes ces viandes, ces animaux élevés puis tués pour les adeptes de ce régime. Je suis bien conscient des conditions déplorables de la majorité des animaux d’élevage, et je ne partagerai pas ici les nombreuses vidéos (plus ou moins objectives) qui témoignent de l’atteinte au bien-être animal.

Pour défendre un tant soit peu la cause Paléolithique, et cela est d’ailleurs inscrit sur la pyramide que j’ai présenté plus haut, les produits animaux doivent être de qualité supérieur. Par qualité supérieur on entend des vaches nourris à l’herbe dans un pré, du gibier ou du poisson sauvage, ou bien choisir plutôt précieusement son éleveur parmi la masse.

L’idéologie Paléo en relation avec la viande et les produits animaux valorise plutôt les élevages responsables, où le bien-être animal est (plus ou moins) respecté, et où les animaux peuvent se nourrir et paître convenablement dans des conditions quasi-naturelles (ou peu stressante).

Bien sûr, ce genre d’éleveurs ou de producteurs ne représentent pas la majorité et doivent être délicat à trouver dans certaines régions ou parties du monde. Ce serait tout de même irréaliste que de penser que tous les « paléovores » s’orientent vers ce genre de produit de haute qualité, mais c’est tout de même l’un des moteurs principaux du concept.

5. LA solution miracle

Pour nuancer le tout et bien emballer notre affaire, je suis bien obligé de reconnaître que l’alimentation paléolithique n’est surtout pas LA SOLUTION MIRACLE à tous vos problèmes de santé, de poids, vos problèmes relationnels, d’acnés ou d’érection. Non.

L’alimentation paléolithique est une alternative encore jeune, qui se fraye un chemin dans les couloirs de la science et qui n’a probablement pas fini de nous surprendre, et de nous décevoir.

Cette diète semble donc apporter une réponse aujourd’hui à l’épidémie d’obésité et de diabète, ou encore de maladies cardiovasculaires. Une réponse que nombreux jugent pertinente et intéressante, à une époque où les traditions alimentaires se perdent, où la convivialité des repas est remplacée par les déjeuners sur le pouce, à une époque où l’on entend tout et son contraire.

Alors si le régime Paléolithique ou Ancestrale ou Préhistorique vous intéresse, et bien sachez que ce n’est pas une mode si débile que ça, et j’ai même écrit un article pour vous aider à devenir un vrai Paléo, étape par étape… ; )


 

Références

[1] Cordain, L., S. B. Eaton, A. Sebastian, N. Mann, S. Lindeberg, B. A. Watkins, J. H. O’Keefe, and J. Brand-Miller. 2005. Origins and evolution of the Western diet: health implications for the 21st century. American Society for Clinical Nutrition 81:341-354.
[2] Eaton, S. B. and S. B. Eaton Iii. 2000. Paleolithic vs. modern diets – slected pathophysiological implications. European Journal of Nutrition 39:67-70.
[3] Eaton, S. B., M. J. Konner, and L. Cordain. 2010. Diet-dependent acid load, Paleolithic nutrition, and evolutionary health promotion. The American Journal of Clinical Nutrition 91:295-297.
[4] Lindeberg, S. 2005. Palaeolithic diet (« stone age » diet).
[5] Jönsson, T., B. Ahrén, G. Pacini, F. Sundler, N. Wierup, S. Steen, T. Sjöberg, M. Ugander, J. Frostegård, L. Göransson, and S. Lindeberg. 2006. A Paleolithic diet confers higher insulin sensitivity, lower C-reactive protein and lower blood pressure than a cereal-based diet in domestic pigs. Nutrition & Metabolism 3:39.
[6] Jönsson, T., Y. Granfeldt, C. Erlanson-Albertsson, B. Ahrén, and S. Lindeberg. 2010. A paleolithic diet is more satiating per calorie than a mediterranean-like diet in individuals with ischemic heart disease. Nutrition & Metabolism 7:85.
[7] Manheimer, et al. “Paleolithic nutrition for metabolic syndrome: systematic review and meta-analysis.” American Journal of Clinical Nutrition (2015): Ahead of print.
[8] Boers, Inge, et al. “Favourable effects of consuming a Palaeolithic-type diet on characteristics of the metabolic syndrome: a randomized controlled pilot-study.” Lipids Health Dis 13.1 (2014): 160.
[9] Jönsson, Tommy, et al. “Beneficial effects of a Paleolithic diet on cardiovascular risk factors in type 2 diabetes: a randomized cross-over pilot study.” Cardiovasc Diabetol 8.35 (2009): 1-14..
[10] Lindeberg, Staffan, et al. “A Palaeolithic diet improves glucose tolerance more than a Mediterranean-like diet in individuals with ischaemic heart disease.” Diabetologia 50.9 (2007): 1795-1807
[11] Mellberg, Caroline, et al. “Long-term effects of a Palaeolithic-type diet in obese postmenopausal women: a 2-year randomized trial.” European journal of clinical nutrition 68.3 (2014): 350-357.
[12] Otten, J., Mellberg, C., Ryberg, M., Sandberg, S., Kullberg, J., Lindahl, B., … & Olsson, T. (2016). Strong and persistent effect on liver fat with a Paleolithic diet during a two-year intervention. International Journal of Obesity.
[13] Jönsson, T., Granfeldt, Y., Lindeberg, S., & Hallberg, A. C. (2013). Subjective satiety and other experiences of a Paleolithic diet compared to a diabetes diet in patients with type 2 diabetes. Nutrition journal, 12(1), 1.

http://www.dur-a-avaler.com

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