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La première carte des victimes des pesticides

Publié par Le Nouveau Paradigme sur 22 Avril 2016, 15:27pm

Catégories : #Environnement

L'association Générations futures a collecté plus de 400 témoignages de riverains ou de professionnels victimes de nuisances ou de maladies.


© LP/Infographie - C. Têche Le Parisien

Il y a une dizaine d'années, Marie et son conjoint ont acheté, en Charente, une grande maison entourée de champs céréaliers. Ils ne s'inquiètent pas des pulvérisations de pesticides deux à cinq fois par an. Mais l'époux de Marie a développé depuis un cancer de la prostate. « On nous l'a présenté comme le cancer des viticulteurs. »

L'année dernière, Vincent Castet, 63 ans, demande à un viticulteur voisin de stopper un épandage car le vent était trop fort et qu'il est hors la loi. Pour toute réponse, il reçoit un nuage de pesticides. Trois semaines plus tard, le jeune sexagénaire fait un infarctus. Plus de 400 témoignages de ce type, de riverains et de professionnels victimes des pesticides, ont été récoltés par l'association de défense de l'environnement Générations futures.

Depuis hier, tous sont répertoriés sur une carte interactive, publiée par l'association sur le site Victimes-pesticides.fr. Cette carte vise « à rendre visibles ces différentes victimes et ces cas, mais aussi à faire avancer la législation. Elle n'est pas encore assez forte sur le sujet », regrette Nadine Lauverjat, coordinatrice de Générations futures.

Des citoyens inquiets

Quand l'association a commencé à collecter les témoignages, en 2010, il ne s'agissait que d'e-mails de militants. Depuis, le profil a largement évolué, faisant place à une multitude de citoyens lambda inquiets pour leur santé et celle de leur entourage.

« Ils veulent se protéger, immédiatement, et prendre des précautions notamment vis-à-vis des enfants », constate Nadine Lauverjat. Mais les requêtes ne sont pas si aisées. Hier, un agriculteur de 58 ans atteint d'un cancer qu'il impute aux pesticides, et pour lequel il demandait des réparations à l'Etat, a été débouté par la cour d'appel de Metz.


Générations futures et tous ceux qui ont, ou voudront bien, témoigner espèrent que cela aboutira à des études « sérieuses » sur les dangers encourus en cas d'exposition aux pesticides, la mise en place, concrètement, d'une zone tampon de 100 m entre les terrains agricoles et les aires d'habitation, ainsi que la reconnaissance des maladies professionnelles.

« Lors de consultations médicales, quelques victimes sont parvenues à obtenir des certificats dans lesquels des liens avec les pesticides sont établis, mais cela est toujours fait avec beaucoup de précaution », souligne Nadine Lauverjat.

Ce que dit la loi

Selon l'article 253-7-1 du Code rural, le préfet peut interdire ou encadrer l'utilisation de pesticides dans des zones fréquentées par le grand public ou des groupes vulnérables. Il est aussi interdit de les pulvériser en cas de vent de plus de 15 km/h. L'arrêté du 12 septembre 2006 exige, lui, que tous les moyens soient mis en œuvre pour que les produits phytopharmaceutiques autorisés ne sortent pas de la zone traitée.

Certains sont soumis à une largeur de zone non traitée de 5 à 100 m. Enfin, le plan Ecophyto 2 lancé en 2015 par le gouvernement vise une diminution des pesticides de 25 % d'ici à 2020 et de 50 % à l'horizon 2025, notamment en formant les agriculteurs.

Le Parisien

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