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Climat : le grand bluff des multinationales : le replay de "Cash Investigation"

Publié par Le Nouveau Paradigme sur 25 Mai 2016, 12:06pm

Catégories : #Société

Quand Engie, Total et Lafarge lavent plus vert, ça peut leur rapporter gros et polluer toujours autant. Ces entreprises se présentent comme "écolo-responsables" alors qu’elles émettent des quantités massives de CO2. Derrière les grandes déclarations de principes, c’est à qui trouvera les meilleurs moyens pour continuer à faire du business sans se soucier de la planète. Et chacun a sa spécialité.

Quand Engie carbure au charbon

Le premier volet de l’enquête mène les équipes de "Cash Investigation" aux antipodes. Rendez-vous à Morwell, à moins de 200 kilomètres de Melbourne, en Australie. Engie (ex-GDF Suez) y exploite la centrale à charbon la plus polluante du monde. En février 2014, un incendie s’est déclaré dans la mine à ciel ouvert qui l’alimente. Il a asphyxié toute une région pendant des semaines. Coût pour la collectivité australienne : 18 millions de dollars, tandis que des intérimaires chargés de "liquider" la catastrophe, sans masques, ont été atteints par des maladies de mineurs. Pire, un rapport parlementaire explique que toutes les causes de l’incendie auraient pu – et donc dû – être anticipées. Engie émet 131 millions de tonnes de CO2 par an. Son chiffre d’affaire ? 76 milliards d’euros. Grâce notamment au charbon et ses 26 centrales encore en activité. En 2009, 11% de l’électricité vendue par Engie dans le monde provenait du charbon, six ans plus tard, c’est 20%. Et l’éolien ? Tout juste 2%... 

Lafarge et le principe du "pollueur payé"

Face aux émissions de CO2, une solution a mis tout le monde d’accord, grands industriels compris : le marché du carbone. Il a été mis en place en Europe il y a une dizaine d’années et pourrait être étendu au monde entier. C’est une sorte de "permis de polluer" : chaque entreprise se voit accorder un quota de CO2, et doit payer pour chaque tonne émise au-delà. Selon le principe du "pollueur payeur".

Mais en se faisant octroyer très généreusement leurs quotas (gratuits), grâce à un intense lobbying auprès des pouvoirs publics, les grosses entreprises ont non seulement évité de payer pour leur pollution, mais ont pu revendre leurs surplus sur le marché. Et on est passé au principe du "pollueur payé". Le cimentier Lafarge – 93 millions de tonnes de CO2 émises par an – est passé maître à ce petit jeu. Entre 2008 et 2014, il aurait engrangé 485 millions d’euros en revendant ses quotas en trop. Une fortune obtenue grâce à la générosité du système mis en place par l’Union européenne.

Les sales sables bitumineux de Total

Dernière étape de l’enquête : le Canada et son pétrole le plus sale du monde, les sables bitumineux. Pour produire un seul baril de brut, il faut deux tonnes de sable, brûler énormément d’énergie et émettre des quantités astronomiques de CO2. Pourtant Total – 44 millions de tonnes de CO2 par an – vient d’investir pas moins de 12 milliards de dollars à Fort McMurray, en Alberta, une région boréale et glacée, pour extraire ce sable gris et poisseux. Afin de remplir les réservoirs de nos voitures, ici en Europe. Le pétrole devrait bientôt voyager depuis les contrées du nord-ouest canadien vers les supertankers de l’Atlantique grâce à un gigantesque oléoduc passant sous le fleuve Saint-Laurent, au Québec. Avec un débit de 2 000 litres à la seconde. Sa construction, très largement encouragée par Total, est une menace de plus pour le climat : selon une étude publiée en 2015, mettre en service ce tuyau équivaudrait aux émissions cumulées de 7 millions de voitures supplémentaires. 

Engie, Lafarge et Total, trois fleurons industriels français, devant les caméras, encensent la COP21 et s’engagent à respecter ses objectifs, alors que, hors champ, ils polluent à tous les étages. 

Après le documentaire, Elise Lucet reçoit sur le plateau de "Cash Investigation" Ségolène Royal, ministre de l’Environnement et nouvelle présidente de la COP21, ainsi que Nicolas Hulot.

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