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Etranges structures néandertaliennes découvertes dans la grotte de Bruniquel

Publié par Le Nouveau Paradigme sur 30 Mai 2016, 14:14pm

Catégories : #Mythologies - Civilisations anciennes

 

D'énigmatiques structures composées de fragments de stalagmites agencés par des Néandertaliens dans la grotte de Bruniquel il y près de 180 000 ans stupéfient les préhistoriens.

 

les structures de la grotte de Bruniquel

Cette restitution 3D des structures de la grotte de Bruniquel après suppression de la repousse de stalagmites révèle l'allure de ce que les Néandertaliens ont réalisé il y a 176 500 ans. Pour cela, ils ont dû déplacer 2,2 tonnes et 112 mètres de tronçons de stalagmites ! On note la présence de deux amas annulaires, dont le plus grand contient deux tas supplémentaires. L'ensemble est parsemé de huit foyers, dont deux sur les tas. 

X. Muth Get in Situ et P. Mora Archéostranpsfert, UMS 3D-SHS Univ. Bordeaux Montaigne
 

 

Michel SOULIER - SSAC

Un membre de l'équipe en train d'effectuer des mesures magnétiques dans la grotte. La structure apparaît telle qu'elle se présente aujourd'hui.

Michel SOULIER - SSAC

L'auteur

François Savatier est journaliste àPour la Science.

 

 

« Je vis avec les Néandertaliens depuis 30 ans. Si l'on m'avait dit qu'ils bâtissaient de  telles structures souterraines, je n'y aurais pas cru », explique Jacques Jaubert, de l'université de Bordeaux, à un parterre de journalistes rassemblés au siège du CNRS à Paris le 25 mai 2016. Quelles structures ? Il s'agit de deux amas annulaires et de petits tas formés par plus de 400 tronçons de stalagmites, parsemés de restes de foyers, que des spéléologues ont découverts dans la grotte de Bruniquel, qui surplombe l'Aveyron dans le Tarn et Garonne.

Ces structures sont composées de tronçons de stalagmites alignés, juxtaposés et superposés sur plusieurs rangs, avec des étais extérieurs et des éléments de calage. Des traces d'arrachement des stalagmites utilisées pour la construction sont visibles à proximité.

La présence de ces structures à quelque 300 mètres de l'entrée de cette grotte est déjà surprenante, mais ce qui a sidéré l'équipe franco-belge de préhistoriens et de paléoclimatologues qui vient de les dater, c'est qu'elles ont été construites il y a 176 500 ans. Cette datation est très sûre. Pour l'obtenir, Sophie Verheyden de l'Institut royal des sciences naturelles de Belgique, qui a dirigé le travail de datation, a choisi de prélever des carrottes en huit endroits de façon à obtenir des échantillons de calcite déposée juste avant la réalisation des structures (sur les tronçons couchés) et juste après (sur les stalagmites qui ont repoussé par la suite). Or les datations obtenues par la méthode radiométrique uranium-thorium sont très proches, si bien que leur moyenne indique l'âge de la structure avec une grande précision : la marge d'erreur est de 2 000 ans seulement. Cette découverte recule considérablement la date d'occupation des grottes par les humains, la plus ancienne preuve formelle datant jusqu'ici de 38 000 ans (grotte Chauvet).

Ainsi, les structures de la grotte de Bruniquel remontent au début du MIS6 (de l'anglais Marine Isotopic Stage), c'est-à-dire du stade qui va de 191 000 à 123 000 ans avant le présent. Cela implique que les hommes qui sont venus débiter, rassembler et disposer des bouts de stalagmites au fond de la grotte étaient des prédécesseurs des Néandertaliens dits classiques, c'est-à-dire ceux qui présentent toutes les caractéristiques osseuses définissant « classiquement » l'espèce néandertalienne. Pendant la longue époque froide qu'a été le MIS6, ces chasseurs-cueilleurs ont affronté les rigueurs d'un climat froid de type subarctique. Ainsi, ces humains qui nous ont précédés en Europe et qui comptent parmi nos ancêtres étaient a priori capables d'affronter le monde souterrain et connaissaient, bien avant Homo sapiens, des techniques pour s'y éclairer pendant plusieurs heures.

Interrogés par les journalistes sur l'interprétation qu'ils font de ces structures, les chercheurs, en bons scientifiques, se refusent à risquer une hypothèse à ce stade. « Maintenant que nous sommes certains des faits, justifie Jacques Jaubert, nous allons procéder par élimination ». L'un des détails importants à préciser sera de déterminer à quelle époque l'ancienne entrée de la grotte s'est effondrée, ce qui l'a scellée pour plus de 150 000 ans. Ensuite, les chercheurs testeront différentes hypothèses : s'agit-il d'un habitat ? De structures culturelles, à vocation cultuelle, par exemple ? Un long travail commence, qui permettra aux chercheurs de découvrir le sens des activités qu'ont menées les Néandertaliens au fond de la grotte de Bruniquel.


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