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L'été va débuter plus tôt à cause du dérèglement climatique

Publié par Le Nouveau Paradigme sur 20 Mai 2016, 21:32pm

Catégories : #Climat

Après avoir établi un critère thermodynamique objectif permettant de distinguer deux grandes saisons en Europe de l’Ouest (une saison d’été et une saison d’hiver), deux chercheurs ont montré à travers leurs recherches et simulations climatiques que l’été commence à présent environ 10 jours plus tôt que dans les années 1960. Une tendance corrélée aux émissions de gaz à effet de serre et d’aérosols liés aux activités humaines. Si ce rythme se poursuit, ils prévoient que le début d’été sera encore plus précoce d’environ 7 jours à la fin du XXIe siècle.

Dans les années 1960, l’été commençait autour du 10 avril mais depuis les années 2000, il débute plus tôt, autour du 31 mars, selon l’étude de deux chercheurs français publiée dans Nature Climate Change. © FreeProd33, shutterstock.comDans les années 1960, l’été commençait autour du 10 avril mais depuis les années 2000, il débute plus tôt, autour du 31 mars, selon l’étude de deux chercheurs français publiée dans Nature Climate Change. © FreeProd33, shutterstock.com

 

Le cycle des saisons (dates de début et durées des saisons) est immuable dans la mesure où il est défini comme étant directement relié, en un point sur Terre, aux fluctuations en ce point de l’intensité du rayonnement solaire au cours d’une année. Pourtant, ce n’est pas ainsi qu’il est ressenti par l’Homme dont la perception, empreinte de subjectivité, dépend de critères considérés (dépassement d’un seuil de température, date de migration de l’hirondelle, date de vendanges, etc.). Ceci n’a rien d’étonnant car, si l’évolution des températures au cours d’une année suit bien les fluctuations du rayonnement solaire, elle est néanmoins modulée par les caractéristiques locales de la météo et du climat.

Souhaitant étudier l’évolution au cours du temps de cette modulation du cycle des saisons en Europe de l’Ouest, deux chercheurs issus du laboratoire Climat, environnement, couplages et incertitudes (CECI, CNRS/CERFACS) et du Centre national de recherches météorologiques (CNRM, CNRS/Météo-France) ont élaboré une définition objective des saisons dans cette partie du « vieux continent », basée sur un critère thermodynamique spécifique à cette région.

Toute l’année, la température de l’Europe de l’Ouest est en effet fortement influencée par la force et la plus ou moins grande pénétration des vents d’ouest à l’intérieur du continent, lesquels sont liés aux anomalies de pression atmosphérique. Or, la relation température pression se trouve être opposée entre l’hiver et l’été : des anomalies négatives de pression atmosphérique sur l’Europe du Nord correspondent à des vents d’ouest renforcés sur l’Europe occidentale, lesquels induisent des conditions chaudes en hiver mais froides en été. En d’autres termes, pression et température sont anti-corrélées en hiver mais corrélées en été. Les chercheurs ont donc décidé de choisir la date de ce changement de signe de la corrélation saisonnière pour définir le début de deux grandes saisons distinguées par ce critère thermodynamique, à savoir une dynamique d’hiver où les vents d’ouest océanique contribuent à réchauffer l’Europe de l’Ouest, et une dynamique d’été où l’inverse s’établit.

Évolution de la date du début d’été estimée à partir d’observations (magenta) et de 10 simulations (simulations historiques et projections après 2012). Chaque point de couleur représente le résultat d’une simulation et la plage grisée correspond aux variations possibles de la date de début d’été dues à la seule variabilité interne du climat. © CNRS

 

 

Vers un début d’été 20 jours plus tôt qu’avant l’ère préindustrielle

Utilisant deux jeux de réanalyses atmosphériques et des données de stations météorologiques indépendantes, les chercheurs ont pu mettre en évidence une tendance prononcée à l’avancement de la date de début d’été : celui-ci commençait en effet autour du 10 avril dans les années 1960, mais 10 jours plus tôt dans les années 2000, soit autour du 31 mars.

Les chercheurs ont ensuite analysé un ensemble de 10 simulations globales du modèle CNRM-CM5 (simulations historiques sur la période1850-2012 et projections sur le XXIe siècle) produites pour le cinquième rapport du Giec. Ils ont pu mettre en évidence que les simulations historiques ne reproduisaient cette tendance à l’avancement de la date du début d’été que si l’évolution observée des forçages naturels (solaire et volcans) et anthropiques (émission de gaz à effet de serre, d’aérosols…) était prise en compte. Ils montrent ainsi que ces forçages sont responsables pour partie de cette tendance, qui ne peut donc être expliquée par la seule variabilité interne climatique. Afin de déterminer lequel de ces forçages était impliqué, ils ont analysé des simulations historiques où forçages naturels et anthropiques étaient appliqués un à un. Ils ont ainsi pu attribuer la tendance à l’avancement de la date du début d’été à l’augmentation des gaz à effet dans l’atmosphère, les aérosols anthropiques venant moduler cette tendance et les forçages naturels ayant une contribution mineure.

L’analyse des projections climatiques réalisées sur 2005-2100, avec pour scénario d’évolution des émissions de gaz à effet de serre et d’aérosols celui dit du « laisser-faire » (ou RCP8.5, correspondant à une croissance continue, sans limite ni atténuation, de la concentration des gaz à effet de serre et des aérosols dans l’atmosphère), leur a permis de montrer que la précocité de l’été devrait être de plus en plus marquée : l’été s’établirait en moyenne autour du 25 mars en 2100, soit environ 20 jours plus tôt que pour un climat typique de l’époque préindustrielle (l’été commençait en moyenne autour du 12 avril).

Évolution de la couverture neigeuse sur l’Europe de l’est estimée à partir d’observations (NSIDC en vert et réanalyses MERRA en magenta) et de 10 simulations (simulations historiques et projections après 2012, la plage beige correspondant à l’enveloppe des évolutions possibles et la courbe noire à leur moyenne). Les droites représentent les tendances respectives à la diminution de la couverture neigeuse. © CNRS
Évolution de la couverture neigeuse sur l’Europe de l’est estimée à partir d’observations (NSIDC en vert et réanalyses MERRA en magenta) et de 10 simulations (simulations historiques et projections après 2012, la plage beige correspondant à l’enveloppe des évolutions possibles et la courbe noire à leur moyenne). Les droites représentent les tendances respectives à la diminution de la couverture neigeuse. © CNRS

 

L’Europe de l’Est se réchauffe plus vite que l’Europe de l’Ouest

Les chercheurs ont également pu montrer que l’avancée de l’été sur l’Europe de l’Ouest s’expliquait en partie par la disparition plus précoce de la neige en fin d’hiver sur l’Europe de l’Est (de l’Allemagne à la Russie), une tendance forte d’après les divers jeux de données observationnelles (environ 3 millions de km2 de surface enneigée en moins par décade sur la période 1979-2014 pour le mois de mars) et bien reproduite par le modèle. L’Europe de l’Est se réchauffant plus vite que l’Europe de l’Ouest, de par cette disparition de neige et des processus de rétroaction associés, l’air transporté vers l’Europe occidentale par les épisodes de vent d’est est aujourd’hui beaucoup plus chaud que dans les années 1960.

Par ailleurs, le climat se réchauffant globalement et graduellement, les chercheurs s’attendaient à détecter un recul de la date du début d’hiver. Or il n’en est rien, avec le critère thermodynamique retenu dans leur étude pour définir cette date (située autour du 2 octobre).

Ces tendances sur les dates de début de saisons sont tout à fait compatibles à celles de marqueurs phénologiques tels que la date de débourrage de la vigne en Alsace, la date de floraison des cerisiers, etc. Cela montre que les effets de l’activité humaine sur le vivant ne s’expliqueraient pas uniquement par le simple « réchauffement global » mais pourraient également s’écrire de manière plus subtile, au niveau de l’Europe de l’Ouest, par la modification de la relation intrinsèque entre circulation atmosphérique et température.

CNRS

 

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anckou 22/05/2016 22:05

ce ne sont que des simulations faites par des pseudos chercheurs (non pas des trouveurs pour notre malheur),les printemps sont d'années en années plus froids et pourris nmais les automnes sont plus longs ,je parlerais moi d'un décalage des saisons et je banirais le mot réchauffement pour mettre déréglement ,bien sur je ne suis pas chercheur j'ai juste un peu de jujotte et aussi en temps qu'apiculteur je marque les temperatures (les vraies pas les officieles)le temps la periode des mielées et des floraisons et ce sur 4 départements

Cassie 22/05/2016 03:46

Oui ben, dans les Pyrénées, c'est pas trop le cas, on a encore eu de la neige il y a quelques jours et franchement ça fait quelques années déjà qu'on n'a plus du tout de printemps avec des températures agréables, il y a quelques jours il faisait encore 8º en pleine journée à 1200m d'altitude, c'est pas vraiment ce que j’appellerais un été précoce.
Ça fait 5 ans au moins qu'on ne peut couper le chauffage avant le mois de juin tellement il fait froid, d'ailleurs il y a 2 ans on l'a coupé le 20 juin et l'année passée le 1er juin.
Il fait peut-être plus chaud en plaine, mais je trouve qu'il fait de plus en plus froid en altitude dans l'entre-saison, donc ça pourrait vouloir dire que les hautes couches de l'atmosphère se refroidissent, ce qui expliquerait parfaitement les tempêtes de plus en plus nombreuses

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