Le Nouveau Paradigme

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L’influence de la Lune sur la Terre dépasse largement le simple cas des marées.

Publié par Le Nouveau Paradigme sur 8 Mai 2016, 20:56pm

Catégories : #Sciences

Le champ magnétique terrestre peut dire merci à la Lune

Le champ magnétique terrestre nous protège chaque jour des particules chargées et des radiations issues du rayonnement solaire. Mais comment a-t-il réussi à se maintenir jusqu’à aujourd’hui ? Selon le modèle classique, c'est grâce au noyau terrestre, qui se serait refroidi d’environ 3.000 degrés au cours des derniers 4,3 milliards d’années. Cependant, une nouvelle étude suggère au contraire que la température au cœur de la Terre aurait baissé de seulement 300 degrés. L’action de la Lune, négligée jusqu’à présent, aurait alors compensé cette différence pour maintenir la géodynamo active.


CNRS

 

Une puissance de 3.700 milliards de watts est constamment fournie à la Terre par transfert des énergies gravitationnelle et de rotation du système Terre-Lune-Soleil. © Sebastian Kaulitzki, Shutterstock

 

 

Le modèle classique de formation du champ magnétique terrestre soulevait un paradoxe majeur : pour que la géodynamo fonctionne, la Terre aurait dû être complètement fondue il y a quatre milliards d’années et son noyau aurait dû refroidir lentement, passant d’environ 6.800 °C à l’époque, à quelque 3.800 °C aujourd’hui.

Des travaux récents de modélisation de l’évolution précoce de la température interne de notre planète ont été menés, tout comme des études géochimiques sur la composition des carbonatites et des basaltes les plus anciens. Tous deux vont à l’encontre d’un tel refroidissement.

Des températures aussi élevées sont donc exclues. D'ailleurs, l’équipe de chercheurs du CNRS et du laboratoire Magmas et volcans, de l’université Blaise Pascal, propose une autre source d’énergie dans une étude publiée dans la revue Earth and Planetary Science Letters.

 

 

Les effets gravitationnels associés à la présence de la Lune et du Soleil induisent sur Terre la déformation cyclique du manteau et des oscillations de l’axe de rotation. Ce forçage mécanique appliqué à toute la Planète induit de forts courants dans le noyau externe constitué d’un alliage de fer de très faible viscosité. Ces courants sont suffisants pour générer le champ magnétique terrestre. © Julien Monteux, Denis Andrault

 

 

Un effet déjà vu ailleurs dans le Système solaire

La Terre adopte une forme aplatie, tourne autour d’un axe incliné qui oscille autour des pôles et son manteau se déforme élastiquement par un effet de marée dû à la Lune. Les chercheurs ont montré que cet effet pourrait stimuler continuellement les mouvements de l’alliage de fer liquide qui constitue le noyau externe, et générer en retour le champ magnétique terrestre.

Une puissance de 3.700 milliards de watts est constamment fournie à la Terre par transfert des énergies gravitationnelle et de rotation du système Terre-Lune-Soleil, et jusqu’à plus de 1.000 milliards de watts seraient disponibles pour provoquer ce type de mouvements dans le noyau externe. Cette énergie est suffisante pour générer le champ magnétique terrestre ce qui, avec la Lune, résout le paradoxe majeur du modèle classique. Un tel effet des forces gravitationnelles sur le champ magnétique d’une planète est déjà amplement documenté pour Io, Europe, deux satellites naturels de Jupiter, et de nombreuses exoplanètes.

Puisque ni la rotation de la Terre autour de son axe, ni l’orientation de cet axe, ni l’orbite de la Lune ne sont parfaitement régulières, leur influence cumulée sur les mouvements dans le noyau est instable et peut faire fluctuer la géodynamo. Ce phénomène permet d’expliquer certains pulses de chaleur dans le noyau externe et à sa frontière avec le manteau terrestre.

Historiquement, cela a pu conduire à des pics de fusion dans le manteau profond et à d’éventuels évènements volcaniques majeurs à la surface de la Terre. Ce nouveau modèle souligne que l’influence de la Lune sur la Terre dépasse donc largement le simple cas des marées.

 

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