Le Nouveau Paradigme

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Commencer à penser par soi même c'est déjà faire partie de la solution


Avec ou sans le Royaume-Uni, l'Europe est à l'heure des choix

Publié par Le Nouveau Paradigme sur 23 Juin 2016, 07:35am

Catégories : #Economie-politique

Quel que soit le résultat du référendum, elle ne pourra certainement pas continuer comme avant.

Et après? Place à l’imagination. Quelle que soit l’issue du référendum britannique, l’Europe ne pourra pas continuer comme avant. Si le «oui» au maintien de la Grande-Bretagne dans l’Union européenne l’emporte, il faudra tenir compte du coup de semonce. Si c’est le «non», il faudra redéfinir les objectifs et les limites de l’UE afin d’éviter un effet de contagion et le détricotage du projet européen.

Tout le monde est d’accord, on ne pourra pas continuer comme avant. Mais que faire? L’éventail des avis s’étire des europhobes à ceux que les Realpolitiker appellent les «eurobêlants». Les premiers veulent multiplier les votes populaires pour faire exploser l’UE. Les seconds militent pour les Etats-Unis d’Europe, une fédération qui dépasserait à la fois les égoïsmes nationaux, l’hégémonie technocratique et le manque de légitimité démocratique.

Partisan de cette solution, l’ancien député vert européen Daniel Cohn-Bendit, qui a publiéun livre dans ce sens avec le libéral belge Guy Verhofstadt, est allé récemment plaider cette cause auprès de François Hollande. Il a invité le président de la République à profiter du référendum britannique pour prendre une initiative à la mesure des crises multiples traversées par l’Europe.

L’idée n’est pas nouvelle. La feuille de route avait été tracée par un ami de longue date de Cohn-Bendit, Joschka Fischer. Alors ministre des Affaires étrangères d’une coalition rouge-verte à Berlin, ce dernier avait prononcé un discours remarqué le 12 mai 2000 à l’université Humboldt. Il proposait une Fédération des Etats-nations, dans le sens de Jacques Delors, avec les membres de l’UE les plus engagés. En France, c’était la cohabitation entre Jacques Chirac et Lionel Jospin et la proposition de Fischer avait rencontrée l’indifférence française. Ce n’était pas la première fois.

 

 

 

Depuis le temps où Paris et Berlin annoncent une démarche commune pour relancer l’Europe et que rien ne se passe, il est permis d’être sceptique. Les Français votent dans moins d’un an pour élire un président de la République, les Allemands dans un peu plus d’un an pour renouveler leur Parlement. Est-ce le moment d’aller à contre-courant –ce qui devrait être le rôle de véritables hommes (femmes) d’Etat– d’opinions publiques de plus en plus tentées par le populisme?

En attendant, c’est le concours Lépine des réformes partielles. Leurs inconvénients risquent de l’emporter sur leurs avantages. Première question: faut-il ne pas aller trop loin pour ne pas avoir à modifier les traités? Une modification des textes existants, a fortiori un nouveau traité de l’Union, impliquerait des référendums dans un certain nombre de pays. L’hypothèse d’un rejet est dans l’état actuel plus que probable. Ce qui n’empêche par Nicolas Sarkozy, par exemple, de proposer un nouveau traité, pour un Schengen-2, avec un président stable de Frontex (l’organisation de contrôle des frontières extérieures de l’Union) au sein d’un «Euro-Schengen», sur le modèle de l’Eurogroupe pour la monnaie unique, voire coïncidant avec lui.

Alain Juppé, lui, s’intéresse à l’économie. Il propose une harmonisation fiscale, sociale et budgétaire de la zone euro, dont on comprend qu’elle devrait être le noyau de l’Europe intégrée, au centre d’une Union plus large et plus lâche, à vingt-sept ou vingt-huit. Le candidat à la primaire des Républicains propose encore un Livre blanc européen sur la défense. Son intérêt réside autant dans l’exercice de rédaction qui obligerait les Européens à clarifier leurs divergences sur leurs intérêts vitaux, que dans ses éventuelles conclusions. Renforcement de la surveillance des frontières extérieures et harmonisation du droit d’asile viennent compléter la volonté d’Alain Juppé de chercher une solution dans «plus d’Europe».

A condition sans doute, comme le dit Emmanuel Macron, de «délivrer l’Europe de ce qu’elle est devenue», une machine sans projet ni vision, occupée à gérer les crises les unes après les autres. Jusqu’à l’été dernier et l’arrivée massive de réfugiés syriens et irakiens, les dirigeants européens ont été accaparés par la crise économique et ses conséquences, illustrée à son paroxysme par le psychodrame autour du «Grexit». Le renforcement de la gouvernance de la zone euro avait alors la priorité: ministre européen des Finances, création d’un Trésor européen, Parlement de la zone euro, etc. Les idées foisonnaient. Il ne s’est rien passé et peut-être ne se passera-t-il rien étant donné l’écart des positions entre la France et l’Allemagne. La première devrait accepter enfin la discipline budgétaire et faire des réformes; la seconde devrait accepter de mettre dans le circuit les excédents accumulés ces dernières années. Ni l’une ni l’autre n’y sont prêts.

Dans ces conditions pourquoi ne pas essayer de changer de terrain et tenter de relancer une politique commune de défense et de sécurité. D’autant plus nécessaire si les Britanniques, jusqu’à maintenant alliés privilégiés des Français dans ce domaine, quittaient l’UE. L’Allemagne, dont le budget militaire a dépassé depuis deux ans celui de la France en valeur absolue (mais pas en pourcentage du PIB), semble disposée à assumer plus de responsabilités tout en partageant mezzo voce les réticences françaises vis-à-vis de l’activisme de l’OTAN près des frontières russes.

Pour sortir de la contradiction entre la demande d’un rôle plus puissant de l’Europe dans le monde (les trois quarts des Français et des Allemands interrogés par Pew Research le disent) et l’euroscepticisme galopant, l’ancien ministre des Affaires étrangères et ancien conseiller de François Mitterrand, Hubert Védrine veut remettre tout à plat et convoquer«une nouvelle conférence de Messine» (nom de la ville où s’est tenue en 1955 la conférence qui devait mener à la création du Marché commun). «Une nouvelle hiérarchie des priorités s’imposerait autour de la sécurité des Européens et de la défense des modes de vie européens dans le monde de demain», écrit Hubert Védrine dans Le Monde. Nouveau Schengen pour un contrôle efficace des frontières extérieures, création d’un pilier européen de l’Alliance atlantique pour la défense, équilibre entre protection sociale et créativité individuelle, prise en compte des impératifs écologiques sans nivellement technocratique, le rôle de la Commission étant d’entrainer et non de se substituer aux décisions nationales ou locales.

Et puisqu’il s’agit d’associer les peuples à la définition de leur destin européen, des référendums seraient ensuite organisés le même jour dans les pays participant à cette conférence. Serait mis aux voix non un traité aux nombreux articles illisibles mais un texte court, politique, traçant les grandes ambitions de cette nouvelle Europe. Avec ou sans les Britanniques.

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alphonse 23/06/2016 09:59

faux -Q de l'europe qu'ils ont construit avec les USA et israel et un peu la France (nos zélus corrompus) qu'ils se tirent au plus vite:BREXIT ,YES ! trop de privileges que les vrais europeens n'ont meme pas ! un comble alors qu'ils aillent faire ingerence ailleurs et l'on soufflera mieux !

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