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Contrôles d'hygiène : la réforme qui fait trembler les restaurateurs

Publié par Le Nouveau Paradigme sur 18 Juin 2016, 18:34pm

Catégories : #Economie-politique

Broze/Reporters-REA: Alimentation - assiette - interdit© Tous droits réservés Alimentation - assiette - interdit

Bientôt plus de transparence sur l'hygiène des restaurants ! A partir du 1er juillet, les données des contrôles sanitaires réalisés par l'administration seront rendues publiques. Cette réforme fait hurler les représentants des restaurateurs, qui craignent un effondrement de la fréquentation des établissements n'ayant pas la meilleure note…

La mesure, qui découle d'une loi de 2014, a déjà fait l'objet d'une expérimentation à Paris et Avignon. Les données issues des contrôles réalisés en 2015 avaient été dévoilées au travers de cartes interactives (celle d'Avignon est toujours consultable), les restaurants étant gratifiés d'une vignette déterminant un niveau d'hygiène "bon", "acceptable" ou "à améliorer".

Le dispositif définitif doit encore être avalisé par un décret transmis au Conseil d'Etat. A en croire Hubert Jan, président de la branche Restauration de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (UMIH), sa dernière version a entériné un système de "smileys" en quatre niveaux : "très satisfaisant", "satisfaisant", "à améliorer" et "à corriger de façon urgente". Les données devraient être consultables sur Internet, l'affichage de la pastille en vitrine du restaurant restant facultative.

Si ce dernier est si remonté contre cette réforme, c'est qu'il craint que cette vignette soit mal interprétée par les consommateurs. "Une étude menée lors de l'expérimentation à Paris et Avignon a démontré que 70% des clients préféraient éviter les restaurants ayant obtenu une note intermédiaire, bien qu'ils ne soient pas considérés comme de mauvais élèves sur le plan sanitaire. Or plus de 60% avaient obtenu une telle note. C'est donc l'activité de près de la moitié des restaurants qui risque de péricliter", s'alarme-t-il.

 

 

Autre critique : le manque de clarté du système de notation. "La plus mauvaise note sera a priori caractéristique d'un vrai problème, devant être corrigé rapidement pour que l'établissement reste ouvert. Pour le reste, c'est beaucoup plus flou. Par exemple, un établissement pourrait être rétrogradé de "très satisfaisant" à "satisfaisant" pour le simple fait d'avoir un carrelage ébréché…", souligne Hubert Jan.

Ce représentant des restaurateurs déplore par ailleurs le fait que ces données ne donneront qu'une vision partielle de l'hygiène des restaurants français. "Au départ, seuls les établissements contrôlés tout récemment auront une note. Et cette dernière aura une durée de validité de 1 an. Or les contrôles sont réalisés, en moyenne, tous les 3 ans à Paris et tous les 10 ans en province. Du coup, on n'aura la vision que sur un dixième des restaurants de province, et un tiers des établissements de la capitale".

Enfin, l'UMIH redoute la manière dont seront exploitées ces données par les sites d'avis en ligne. "Ces sites devraient se précipiter pour inclure les smileys sur les fiches des différents restaurants. Mais qui sait s'ils les mettront à jour ensuite, lorsque la note aura disparu au bout d'un an ou aura été modifiée".

Thomas Le Bars

Capital.fr

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