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L’Europe interdit la pêche en eaux profondes au-delà de 800 mètres

Publié par Le Nouveau Paradigme sur 30 Juin 2016, 20:47pm

Catégories : #Environnement

 

La pêche en eau profonde avait été dénoncée dans une pétition de l’ONG Bloom, signée plus de 900 000 fois.

 

Ça y est, l’Union européenne (UE) vient de décider d’interdire le très destructeur chalutage au-delà de 800 mètres de profondeur dans ses eaux. La pêche un peu moins profonde, elle, devra se cantonner à jeter ses filets dans les zones qu’elle a déjà l’habitude de fréquenter, sanschercher à en exploiter de nouvelles. En outre, les zones marines reconnues comme abritant des écosystèmes vulnérables au-delà de 400 mètres seront aussi fermées à la pêche.

 

Ainsi en ont décidé la Commission, le Conseil des ministres européens chargés de la pêche, et le Parlement européen, lors d’une réunion jeudi 30 juin. C’est peu dire que cet arbitrage a été obtenu de haute lutte. Après plusieurs tentatives infructueuses, il sonne comme le clap de fin d’un long feuilleton riche en rebondissements. Quatre années de négociations institutionnelles serrées, de réticences politiques de la part d’élus des régions de pêche, de lobbying des industriels du secteur, de pressions des consommateurs sur la grande distribution pour qu’elle cesse de garnir ses rayons des poissons de grands fonds, de campagnes médiatiques et de détermination sans faille de la part des ONG défendant les océans.

 

Mobilisation des ONG

 

« C’est un résultat très positif. On n’a pas obtenu tout ce que nous voulions, mais c’est quand même une grande avancée pour les fonds marins, s’est réjoui Yannick Jadot, député européen écologiste, qui a participé au dialogue entre les trois institutions européennes. On n’y serait jamais arrivé sans l’extraordinaire mobilisation des ONG : Pew, la Deep Sea Conservation Coalition et Bloom. » Championne médiatique, redoutée des partisans de la pêche profonde, Bloom s’est illustrée, entre autres, par l’intérêt qu’elle est parvenue à susciter auprès du grand public sur une question comme celle des poissons des grands fonds. La pétition qu’elle avait lancée en 2013 a quand même obtenu presque 900 000 signatures en France. Un record dans le domaine de l’environnement.

 

En plus de des interdictions visant à protéger les grands fonds, l’Union européenne a décidé de mettre en place des mesures de collecte d’information sur la faune qui les fréquente, et qui reste mal connue. Les navires européens seront mis à contribution. Ceux qui pratiquent encore la pêche profonde devront accueillir des observateurs à leur bord. Combien ? C’est l’un des points qui avaient fait achopper la précédente réunion tripartite, le 14 juin. Les parlementaires européens avaient avancé l’idée de faire monter des experts à bord de 100 % des chalutiers, les ministres des états membres étaient prêts à les accueillir sur 15 % à 16 % des embarcations. Ce sont finalement 20 % des bateaux qui devraient embarquer un observateur lors de leurs campagnes. Avec cette transparence accrue, une fois que les scientifiques en auront appris davantage sur les poissons de fond à la reproduction lente, le nouveau règlement de pêche pourra donner lieu à une révision.

 

Interdiction limitée aux eaux européennes

 

L’autre bras de fer principal portait sur l’étendue des zones concernées. Les ONG souhaitaient que la fin du chalutage profond s’appliquât aux pêcheurs européens, y compris dans les eaux internationales. Ce ne sera pas le cas : l’interdiction est limitée aux eaux européennes. Des règles supplémentaires s’appliqueront aussi dans la zone internationale de l’Atlantique centre-est, avec notamment la présence d’observateurs à bord des bateaux (qui ne sont cependant pas tenus de respecter l’interdiction de chalutage en-dessous de 800 mètres).

Isabelle Thomas (socialiste), qui se présente comme « députée européenne de l’Ouest », proche des pêcheurs bretons donc, s’est elle aussi félicitée. « Pour mémoire, écrit-elle dans un communiqué, la Commission européenne proposait initialement l’interdiction pure et simple de la pêche en eaux profondes. J’étais pour ma part convaincue que nous pouvions trouver, au nom du développement durable, une solution qui tienne autant compte des impératifs environnementaux que des enjeux socio-économiques. Malgré la pression continue de certaines Cassandre, nous y sommes parvenus. »

 


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