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Le zoo de Buenos Aires fermé de force : 2 500 animaux bientôt libérés !

Publié par Le Nouveau Paradigme sur 27 Juin 2016, 06:26am

Catégories : #Société

 


 

La ville de Buenos Aires envisage de rendre la liberté aux animaux captifs de son Zoo. Une fermeture triomphale pour les défenseurs de la cause animale et qui marque une véritable évolution dans la manière de considérer les relations entre êtres humains et autres espèces. Car dans ce zoo vieux de 140 ans, comme ailleurs, les animaux vivent enfermés au quotidien dans des situations dégradantes.

Selon les plans annoncés par Horacio Rodríguez Larreta, maire de la ville, les 2 500 animaux vivant aujourd’hui en captivité devraient être progressivement réaccoutumés à la vie sauvage au sein de réserves naturelles nationales. Le zoo poursuivra dès lors sa transformation en éco-centre éducatif ainsi qu’en centre de soin pour les animaux victimes du trafic illégal. Une revirement radical vers un projet enfin positif pour l’environnement.

Mises en cause perçantes

Comme pour d’autres zoos à travers le monde (à ne pas confondre avec les réserves naturelles), de nombreuses critiques avaient été émises à l’encontre du zoo de Buenos Aires. En 2012, un ours polaire y avait trouvé la mort au cours d’une vague de chaleur en raison de l’inadaptation des infrastructures et des conditions climatiques propres à son mode de vie. Son compagnon de réclusion, Arturo, était alors entré dans une dépression… Une histoire qui a fait le tour du monde et est désormais devenue un symbole de la vie en captivité animalière.

02_zoo_buenos_airesPublicité qu’utilisait le zoo pour sa promotion

Sous la pression du public et des scientifiques, la ville a décidé récemment la fermeture de l’institution. L’avocat de la campagne en faveur de la susnommée fermeture du zoo a indiqué après cette « victoire » : « le plus important est de mettre fin au modèle de captivité et d’exhibition. Un changement est en marche auquel nos esprits sont déjà prêts, puisque même les enfants considèrent comme évident que les animaux ne doivent pas être tenus en cage ».*

La décision courageuse semble suivre l’évolution des mentalités, signe d’une prise de conscience évidente que la captivité animale n’est plus porteuse de sens. Elle est un rappel humaniste aux propos du psychanalyste et psychiatre français Boris Cyrulnik : « Le jour où les humains comprendront qu’une pensée sans langage existe chez les Animaux, nous mourons de honte de les avoir enfermés dans des zoos et de les avoir humiliés par nos rires… ».

Certains animaux du zoo, comme l’orang-outang Sandra, resteront cependant condamnés à être enfermés : hybride de deux espèces d’orangs outangs différentes, celle-ci serait incapable de se socialiser en milieu naturel et se retrouverait par conséquent en situation de danger. Néanmoins, souligne un responsable conscient du stress et de la honte qu’ils peuvent ressentir, ces animaux ne seront plus rendus visibles au public et pourront vivre dans des lieux adaptés.

01_zoo_buenos_airesIl y était possible de poser avec des animaux sauvages

Pédagogie et nature urbaine, à quel prix ?

La question de l’utilité du zoo suscite régulièrement des débats houleux. Les arguments en faveurs de leur maintien sont nombreux : pédagogie, maintien du lien avec la nature, préservation des espèces en voie de disparition… Cependant, des voix s’élèvent progressivement pour exprimer leur désaccord. Contrairement aux réserves naturelles, au sein desquelles les animaux peuvent vivre de manière autonome, ils subissent au zoo de manière quotidienne la présence de visiteurs, ainsi qu’un manque d’espace flagrant.

Cloitrés, nourris d’une manière peu naturelle et constamment observés, ces animaux ne se comportent pas comme dans leurs milieux de vie. De quoi faire douter de l’intérêt pédagogique que représentent les parcs zoologiques. Selon Jean-Claude Nouët, les zoos sont des lieux de consommation destinés « à distraire des flâneurs au prix de la captivité d’animaux et de leur mal-être ». Il ajoute : « Considérer que les zoos ont un rôle direct dans la préservation de la nature, c’est une imposture ! Tout au plus y participent-ils, en faisant des dons à des organismes qui mènent localement, en Afrique ou à Bornéo, des opérations de sauvetage d’espèces menacées ».

Ces arguments liés à la marchandisation du vivant viennent renforcer d’autres éléments rapportés par des études scientifiques récentes. Les animaux font preuve d’empathie, d’entraide. Certains comme la pieuvre ont des capacités mémorielles importantes, et d’autres comme les dauphins ou les baleines utilisent un langage qui leur est propre. Il devient donc difficile de les considérer comme de simples produits qu’il serait possible d’exploiter ou de placer en vitrine pour engendrer des profits. À nouveau, on peut considérer une différence de fonds comme de forme entre les « zoo » à visée commerciale et les réserves naturelles.

04_zoo_buenos_airesSandra, précédemment libérée. Photo : Marcos Brindicci / Reuters

Progressivement, on prend la mesure de ces découvertes. En droit français, la réforme récente du Code civil (2015) a permis de donner un statut particulier aux animaux, distinct des « biens » : le droit leur reconnaît leur caractère sensible. Cependant, le combat se poursuit pour les défenseurs de la cause animale. L’un des enjeux en est la reconnaissance de droits, un mouvement dont l’avocat américain Steven Wise est l’un des représentant. Par ailleurs, on notera que Sandra, une orang-outan de 29 ans, a été jugée «détenue illégalement» par la justice argentine. L’animal avait ainsi pu quitter le zoo de Buenos Aires pour rejoindre un sanctuaire.

En définitive, les discussions sur le maintien ou non des zoo connaissent eux aussi un écho en Europe : en 2014, Damien Aspinal, propriétaire d’un zoo en Grande-Bretagne s’exprimait en faveur de la fermeture de ceux-ci. La réouverture du « zoo de Vincennes » à Paris, ne s’est pas non plus faite sans opposition. Peu à peu la société remet en cause la vision anthropocentriste de la supériorité des être humains sur les autres espèces. Une évolution qui pourrait également marquer le début d’une considération plus grande qui serait accordée à la nature, prise de manière générale.

 


Sources : theguardian.com / nouvelobs.com / washingtonpost.com

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