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Quand les cadres de la santé défendent très mal l’obscur calendrier vaccinal calédonien

Publié par Le Nouveau Paradigme sur 5 Juin 2016, 14:56pm

Catégories : #Société

gardasil-hpv-papillomavirus-vaccination-cancer

Je lançais en mars dernier mon tout premier article sur le calendrier vaccinal actuellement en cours en Nouvelle-Calédonie. Un calendrier vaccinal extrêmement chargé, qui contraint les nourrissons, les enfants et les ados à se faire vacciner contre 10 maladies (tuberculose, hépatite B, Diphtérie*, Tétanos*, Poliomyélite*, Coqueluche, Haemophilus b, rougeole, rubéole, oreillon).

On découvrait dans cet article l’absence de justification sérieuse pour ce programme de vaccination de la part nos autorités de santé. L’avis de plusieurs experts indépendants, dont certains possédants des compétences internationales sur ce sujet, soulignaient les bizarreries et les incompréhensions devant une charge vaccinale si forte.

Les autorités de santé ont également eu leur mot à dire, mais peinaient à justifier dûment et comme il se doit notre calendrier vaccinal.

Depuis la parution de cet article, puis d’un autre dans la foulée pour dénoncer la campagne mensongère pro-vaccination des autorités sanitaires calédoniennes sur le Gardasil, un débat sur la vaccination a eu lieu à Nouméa à l’initiative d’une association citoyenne « Ciné Citoyen » qui projette des documentaires et des films suivis de débat, sur des sujets de société.

J’ai été invité par l’association pour assister à la projection et au débat qui s’annonçait animé vu d’’une part le sujet (la vaccination clive énormément), et d’autre part vu la possible présence de responsables locaux, et de nombreux cadres de la santé (des médecins, pédiatres, chefs de service hospitalier, etc.)

J’attendais personnellement beaucoup de ce débat pour au moins une seule raison : pouvoir enfin rencontrer les professionnels de la santé qui arrangent notre calendrier vaccinal (même si la décision finale d’obligation est de nature politique) et de pouvoir les mettre faces aux nombreuses incohérences scientifiques et épidémiologiques, mais également aux abus de l’administration publique dans le partage d’une information loyale et honnête.

Alors voilà, la projection et le débat ont bien eu lieu. Un débat où les forces présentes n’étaient pas équilibrées, à mon grand regret.

Un débat où j’ai dû faire l’avocat du diable (avec un autre citoyen bien documenté sur le sujet, Florent) devant un parterre de médecins qui ont défendu becs et ongles la vaccination, avançant des arguments très discutables, comme on va la découvrir immédiatement.

Le délicat rapport de force

Comme je le disais, nous étions deux citoyens non professionnels invités pour ce débat. Nous n’étions absolument pas présents pour argumenter contre la vaccination. Nous n’étions pas là non plus pour attaquer tous les vaccins. Nous n’étions pas là pour faire miroiter en permanence les risques des vaccins, ou leur efficacité toute relative.

Nous étions là, au final, surtout pour tempérer les propos des médecins visiblement largement séduit par la vaccination de masse, et pour rétablir certaines vérités au public.

En face de nous, presque une dizaine de médecins, gynécos, et pédiatres qui n’ont cessé durant le débat de nous interrompre, de pester et de nous contredire –pratiquement- sur tous nos arguments ou propos avec un respect parfois très limite du temps de parole et des échanges. Je ne reviendrais pas sur ce point, mais les professionnels ont démontré ici une certaine difficulté pour argumenter dans le calme et écouter les avis divergents. C’est vraiment dommage (mais pas valable pour tous les professionnels ceci étant dit).

Donc, beaucoup de points ont été abordés durant ce débat, de nombreux médecins ont pu prêcher la parole vaccinale. Ok. Mais globalement, sans entrer dans une guerre d’études scientifiques qui deviendrait incompréhensible pour le public, les professionnels de la santé ont utilisé massivement deux arguments.

  1. L’argument d’autorité. Je suis médecin, je suis un professionnel diplômé et je sais de quoi je parle. Moi, je vous dis qu’il faut vous faire vacciner (insérez ici votre vaccin), je vaccine mes propres enfants ou le ferai quand ils seront en âge (un argument expressément énoncé par le gynécologue obstétricien de la salle pour le vaccin antipapillomavirus Gardasil (HPV)).
  2. L’argument de la peur. Pratiquement tous les spécialistes présents dans la salle qui ont défendu, parfois à tort mais également à raison, des vaccins ont fait miroiter à la salle des cas très grave qu’ils ont vus lors de consultations, justifiant ainsi de facto la vaccination.

La chef du service de pédiatrie a utilisé avec brio cet argument. On peut également parler d’un biais dit de « sélection », malheureusement classique, où l’on va dramatiser au-délà du raisonnable l’occurrence d’une maladie puisqu’on y est confrontée.

Ainsi, et malgré le fait que j’énonce les chiffres officiels de nos autorités sanitaires sur la prévalence de la tuberculose en Calédonie, suggérant un retrait de l’obligation vaccinale, la chef du service confrontrée à la maladie me réponds d’un trait « ce n’est pas ce qu’on vit dans les services ». Complétant qu’il faut « rester prudent et qu’il faut des chiffres plus globaux ».

Comment répondre à cela ? Doit-on faire confiance aux ressentis des professionnels de la santé dans les cabinets et les hôpitaux ou bien aux données épidémiologiques qui nous permettent justement de prendre du recul sur l’affect, et les émotions ?

J’imagine facilement que si l’on devait se fier aux ressentis des médecins, il est évident que toutes les spécialités confrontées à des maladies graves, invalidantes ou handicapantes hurleraient pour que l’on enraye la ou les maladies, même si les cas sont rares.

Le fait est que ces praticiens hospitaliers sont confrontés aux cas les plus graves et qu’il est donc dommage de se baser sur un ressenti pour faire des choix majeurs de santé publique.

Pour illustrer ce biais et vous présenter la légèreté de l’argumentaire de certains professionnels, le témoignage d’une gynécologue présente dans la salle sur le cancer du col de l’utérus est éloquent. Nous débâtions sur la prévention de ce cancer par un vaccin, notamment le Gardasil utilisé en Nouvelle-Calédonie, et largement soutenu par nos autorités compétentes.

Malgré le fait que les données épidémiologiques locales attestent que les cas de décès du cancer du col sont rares (en 8ème position, avec 16 cas en 2012 dont 10 étaient décédées en novembre 2014), le discours de la professionnelle était alarmiste.

Selon elle, l’infection aux HPV est une « maladie très fréquente », qui peut aboutir dans une extrême minorité des cas sur des lésions précancéreuses (CIN).

La gynéco complète que des « CIN, j’en vois tous les jours ». Nous retrouvons ici le biais de sélection, notamment mis en avant par d’autres spécialistes, et qui serait un argument de poids en faveur de la vaccination ? Ce sont des propos qui font fi des données épidémiologiques et j’ai dû très rapidement prendre la parole pour rappeler à notre spécialiste ce fameux biais qu’elle venait de faire usage au grand dam du public présent.

Mais plus grave encore, la professionnelle s’est livré à une dramatisation très forte des infections, allant même jusqu’à parler de l’efficacité du vaccin avérée sur le cancer du col… selon le ressenti de ses collègues australiens.

Sans vouloir dédramatiser à l’extrême les complications des infections par papillomavirus pouvant notamment entraîner des verrues génitales, la gynécologue de la salle s’est livrée à un déballage d’extrémisme. Selon elle, les verrues génitales sont « extrêmement, extrêmement fréquentes, extrêmement invalidantes, extrêmement pénalisantes et dramatiques », notamment pour les couples.

D’une manière très catégorique, la professionnelle nous indique que le vaccin Gardasil est très sûr, avec « zéro effet secondaire » et une efficacité démontrée, comme je vous le disais, sur la base de témoignages de collègues australiens qui « voient une nette diminution des cancers du col ».

Voilà des propos qui ne pouvaient que me faire bondir. Si le public dans la salle ignore les dernières publications scientifiques, qui ne démontrent à l’heure AUCUNE efficacité du vaccin sur les cas de cancer du col, ils pourraient à tort penser que son efficacité est démontrée.

J’ai dû rappeler à l’ordre la spécialiste qu’il était dangereux de vanter les bienfaits d’un produit de santé sans justification scientifique sérieuse et qu’il était de notre devoir dans ce débat public d’utiliser des arguments objectifs et loyaux.

Je suis resté dans les clous bien entendu, mais il est inconcevable qu’un spécialiste tienne des propos infondés, basés principalement sur des ressentis et n’informant pas correctement les citoyens.

Avec ces exemples, vous avez un aperçu de la nature du débat où mes prises de paroles étaient principalement dédiées à rétablir certains faits, des prises de paroles bien souvent peu appréciées par les médecins et pédiatres.

Mais d’autres points doivent également être partagés dans cet article. Des points majeurs qui indiquent selon moi le dogmatisme dangereux de certains spécialistes concernant la vaccination, mais surtout des vaccins discutables comme le Gardasil sur les HPV.

« On ne doit pas revenir sur la vaccination »

Croyez-le ou non, le gynécologue obstétricien intervenant dans ce débat, Samuel, qui était plutôt charismatique avec une excellente élocution, a prononcé une telle phrase.

Une phrase inadmissible dans une démocratie. Une phrase inadmissible quand une institution procède à des obligations de soins, allant à l’encontre je vous le rappelle des droits de l’Homme. Une phrase qui fait manifestement écho à celle prononcée par la Ministre Marisol Tourraine disant que « la vaccination, ça ne se discute pas ».

Bien sûr que la vaccination se discute. Sinon pourquoi venir à ce débat ? Devant cette remarque autoritaire et surprenante, je n’ai même pas réagi. J’aurais dû. Mais la suite était presque encore plus intéressante. Samuel, qui avait l’air fort sympathique, a malheureusement utilisé tous les arguments discutables pour défendre la vaccination contre les HPV.

Premièrement, l’autorité. Le gynécologue a tenu à préciser que ses enfants n’avaient pas encore l’âge pour se faire vacciner mais qu’ils le feraient sans l’ombre d’un doute dès l’âge légal atteint. Voilà de quoi encourager les parents, sur la base d’un argument fallacieux, qui sort de tout cadre scientifique et rigoureux. Dommage.

Deuxièmement, l’approximation. Lors de sa prise de parole concernant les infections aux papillomavirus, qui sont très courantes chez l’homme et qui se résorbent dans la très grande majorité des cas, le spécialiste balance qu’elles ne sont « pas si graves que ça ».

Pas si grave ? Oui, Samuel a raison mais l’approximation sert ici la vaccination. La réalité des chiffres est tout autre. Dans plus de 90% des cas, les infections aux HPV se résorbent d’elles-mêmes. Encore plus fort, même les lésions précancéreuses se résorbent d’elles-mêmes, dans 57%, 43% et 32% des cas, respectivement pour les CIN1, 2 et 3.

Voilà des chiffres que j’ai dû annoncer à la suite de sa prise de parole, tout comme un autre : les risques de développer un cancer invasif sont de l’ordre de 1.7% à la suite d’une infection aux HPV (des chiffres officiels, validés par les professionnels lors du débat, et consultables dans mon dernier article dédié).

Troisième point soulevé par le gynécologue obstétricien, celui de ne pas s’attarder sur les cas individuels. Pourquoi dire cela ? Et bien dans le documentaire projeté ce soir-là, beaucoup de témoignage provenaient de familles avec un enfant qui serait devenu autiste (par exemple) à la suite d’une vaccination. Ces témoignages ne font malheureusement pas offices de preuves scientifiques, je suis bien d’accord, et tendent à dramatiser la vaccination en jouant les peurs.

Le professionnel avait donc raison de le souligner. Toutefois, j’ai dû prendre la parole par la suite pour rappeler à Samuel, le gynéco et à toute l’assemblée, que cette stratégie de communication « anti-vaccin » était également utilisée par les « pro-vaccins », exactement comme nous avions pu le voir dans un reportage projeté. Ainsi, une campagne pour la vaccination contre la coqueluche nous montrait le décès d’un enfant touché par la maladie, montrant les quintes de toux inquiétantes et jouant irrémédiablement sur la peur pour inciter à la vaccination. Bref, un but partout.

Les chiffres officiels des autorités… contestés par ces mêmes autorités

C’est peut-être le moment le plus amusant du débat, si j’ose dire. Lors des échanges sur la vaccination obligatoire contre la tuberculose avec le fameux BCG en Nouvelle-Calédonie, j’ai souhaité mettre les responsables faces aux chiffres officiels de l’épidémiologie de la maladie issus d’un document public et officiel datant de 2013 (le plus récent…).

D’après ce document, qui fait foi disons-le clairement, je révèle l’incidence de plus en plus basse de la tuberculose sur le territoire ainsi que trois chiffres clés : l’incidence des ED+, les examens directs positifs. Selon la Direction des affaires sanitaires et sociales (DASS), si l’incidence des ED+ est inférieur à 5 pour 100.000 habitants sur les trois dernières années, alors on peut envisager une levée de l’obligation vaccinale.

L’incidence des ED+ était en 2011 de 4.8, en 2012 de 5.1 et en 2013 de 3.1, avec une tendance à la baisse pour les années suivantes.

Ces chiffres, pourtant officiels, ont été contestés publiquement devant les citoyens présents par les mêmes personnes les ayants émises. Plus grave, les responsables locaux semblaient ignorer l’existence de ces chiffres.

Pourtant ils posent de sérieuses questions :

  • Sont-ils fiables si les autorités les contestent ?
  • Ou bien sont-ils dérangeants, du moins trop dérangeants lors d’un débat public ?
  • Qu’en est-il des chiffres de l’incidence des années 2014 et 2015 qui devraient manifestement être inférieur à 5 pour 100.000 habitants ?

J’ai assisté avec un étonnement sans nom à la colère de l’ensemble des spécialistes venus défendre la vaccination m’indiquant que mes chiffres étaient faux, un comble me direz-vous, et une contradiction qui n’a manifestement pas gênée nos cadres de la santé.

Mais moi, ç me gêne.

Alors pour me répondre, un professionnel dans j’ai oublié le nom sort des chiffres venant de nul part sur l’incidence de la tuberculose, une incidence qui serait deux fois plus élevée que les années précédentes. Des chiffres invérifiables, non publiés qui ne servent pas l’intérêt général.

Dans le même registre, l’obligation vaccinale concernant l’hépatite B n’est pas clairement justifiée par nos autorités sanitaires. Les experts que j’avais consultés sur cette question trouvaient l’obligation vaccinale abusive, surtout dans un pays comme la Nouvelle-Calédonie avec un système de santé performant. L’incidence de la maladie va dans ce sens, mais là encore, les autorités sanitaires représentées par plusieurs personnalités ce soir –là ont sorti des graphiques et des chiffres tout droits d’un chapeau de magicien. Des chiffres qualifiés de confidentiels qui n’ont pas encore été publié selon eux.

Honnêtement, je suis un peu sensibilisé à la lecture de graphiques, de courbes, et tout le tralala, mais là, on a été baladé par les explications et les commentaires censés justifier cette obligation. Peut-être ai-je raté quelque chose, mais nous retrouvons une stratégie de communication bien particulière, que si j’en venais à l’utilisais, je serais allumé en moins de temps qu’il ne faut pour le dire.

Un premier débat qui appelle des actions concrètes

Au final, et même si le débat était déséquilibré car il aurait fallu des spécialistes avec des avis plus objectifs, nuancés et critiques sur la vaccination, ce débat aura eu le mérite de poser la première pierre d’un débat local.

Ce débat aura eu le mérite de montrer publiquement le niveau des argumentaires des uns et des autres, et je dois dire que je suis surpris de l’attitude et du niveau scientifique très léger de certains professionnels lors de ce débat.

  • Il est clair qu’écrire de simples articles ne fera pas changer les choses, ni aujourd’hui, ni demain.
  • Il est clair que les responsables du calendrier vaccinal et les politiques en charge de voter les obligations doivent être directement sollicités, questionnés et placés devant leur responsabilité.
  • Il est clair que le paysage associatif calédonien manque terriblement d’un tissu de citoyens actifs, sensibilisés et bien entourés pour interpeler l’opinion public et faire pression sur des questions majeurs de société et de santé publique.

Je n’en dirais pas plus pour le moment, le sujet est loin d’être clos et nos autorités sanitaires ont encore beaucoup de chose à nous dire, beaucoup de justification à fournir et beaucoup de transparence à mettre en place.

Mon petit doigt me dit qu’une association risque bientôt d’agir en ce sens.


Notes

* Ce sont les trois seules maladies encore soumises à l’obligation vaccinale en France.

 http://www.dur-a-avaler.com/

Commenter cet article

Letruffier 06/06/2016 00:52

En lisant la pétition du Pr Joyeux, j'ai appris que les médecins (en France en tout cas) sont directement intéressés par l'acte de vaccination puisqu'ils toucheraient 140 € pour 20 vaccins si je me souviens bien. C'est loin d'être négligeable vu que ça débite chez les généralistes.

Au fait le débat national se fait toujours attendre...

Tonnerre 05/06/2016 19:52

Même chose en Polynésie ! On vaccine à fond les manivelles ! ! ! Les toubibs ne réfléchissant pas ! mais surtout par précaution administrative et pour se couvrir au cas ou ! Donc ! silence ! On vaccine.....c'est écœurant !

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