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Triple attentat suicide à l'aéroport d'Istanbul

Publié par Le Nouveau Paradigme sur 29 Juin 2016, 06:04am

Catégories : #Nouvel ordre mondial

Trois kamikazes se sont fait exploser mardi soir faisant au moins 36 morts et près de 150 blessés. Les premiers indices impliquent l'organisation djihadiste État islamique, selon les autorités.

figarofr: Les experts de la police turque investissent l'aéroport pour relever des indices sur le triple attentat.© MURAD SEZER/REUTERS Les experts de la police turque investissent l'aéroport pour relever des indices sur le triple attentat.

Correspondante à Istanbul

Le terrorisme a de nouveau frappé Istanbul, et cette fois-ci en son cœur économique et touristique. Il est aux environs de 22 heures, ce mardi soir, quand deux explosions, accompagnées de coups de feu, retentissent au niveau des départs à l'aéroport d'Atatürk. Aussitôt, les réseaux sociaux s'empressent de relayer les images de l'horreur: morceaux de plafond pulvérisés au sol, passagers paniqués, défilé d'ambulances sur le parking où, habituellement, s'alignent les taxis jaunes, réquisitionnés dans l'urgence pour évacuer les blessés. Très vite, ce que tout le monde redoutait est officiellement confirmé: il s'agit bien d'un attentat suicide.

Selon une source officielle, «deux suspects se sont fait exploser à l'entrée du terminal international, avant de passer aux rayons X de la sécurité placée à l'entrée de l'aéroport». Toujours d'après cette même source, les kamikazes auraient fait détoner leurs explosifs après que des policiers les ayant repérés eurent tiré des coups de feu pour tenter de les «neutraliser». Certains témoins évoquent, pour leur part, des tirs de grenades. D'autres, des tirs de kalachnikovs.

 

Des scènes de panique

Les images qui ont défilé toute la soirée sur CNN Türk donnent un aperçu de la panique ambiante. On y voit de nombreux policiers en gilets pare-balles déployés devant l'aéroport, dans un concert de sirènes stridentes. À la hâte, ils établissent un périmètre de sécurité, tandis que les équipes médicales se relaient. D'après un premier bilan qui risque d'augmenter, le premier ministre Binali Yildirim évoque 36 morts. Le ministre de la Justice, Bekir Bozdag a, lui, brièvement expliqué qu'«un terroriste a commencé à tirer avec une kalachnikov, puis s'est fait exploser».

La chaîne Haber Türk évoque 150 blessés, dont un petit nombre dans un état grave, acheminés dans les hôpitaux des environs. Sur Twitter, une vidéo amateur montre des dizaines de passagers plaqués au sol, le visage blême, à l'intérieur du terminal, tandis que des tirs retentissent au loin. Un voyageur cité sur Facebook décrit, quant à lui, de nombreuses personnes paniquées en train de courir dans le sens opposé des coups de feu.

Certains d'entre eux se sont retranchés dans les boutiques de l'aérogare. Peu après l'explosion, Turkish Airlines a indiqué que les vols en partance de l'aéroport étaient temporairement suspendus. Certains vols ont été déroutés sur l'autre aéroport de la ville, Sabiha Gokcen, situé sur la rive asiatique. Plus tard dans la nuit, le trafic aérien a peu à peu repris normalement. 

 

Une spirale infernale d'attentats

 

Contacté sur place, un passager raconte être sur le point d'être transféré dans un hôtel de la ville pour y passer la nuit. Tentant de se rassurer, il dit que «le pire a été évité». Réputé pour sa sécurité renforcée, l'aéroport d'Atatürk, situé sur la partie européenne de la ville d'Istanbul, possède en effet deux dispositifs de contrôle: le premier, dès l'entrée (où les terroristes se sont fait exploser) ; le deuxième, après la zone de contrôle des passeports. «S'ils avaient réussi à pénétrer dans le terminal, cela aurait été un vrai carnage», dit-il.

Depuis un an, la Turquie est embarquée dans une spirale infernale d'attentats, tantôt imputés à l'organisation de l'État islamique, tantôt aux rebelles kurdes du PKK, qui sont en guerre contre l'armée dans le sud-est du pays. Pour l'heure, aucune revendication n'a été prononcée. Interrogé par CNN Türk, Abdullah Agar, un spécialiste des questions sécuritaires dit privilégier la thèse d'un attentat djihadiste. «Cela ressemble beaucoup à leurs méthodes», avance-t-il en référence aux récentes attaques survenues à l'aéroport et dans le métro de Bruxelles.

En janvier 2016, la ville d'Istanbul avait été endeuillée en son cœur historique, quand un kamikaze avait fait détoner sa ceinture d'explosif dans le quartier historique de Sultanahmet. En mars, c'est la fameuse avenue Istiklal, l'artère la plus fréquentée de la ville qui, à son tour, avait été rattrapée par le terrorisme. Non revendiqués, ces deux attentats portent néanmoins, selon les autorités turques, l'empreinte de Daech. En décembre, l'autre aéroport d'Istanbul, Sabiha Gokcen, avait également été touché par un attentat qui avait fait un mort, un employé. En visant cette fois-ci l'aéroport d'Atatürk, les kamikazes ont frappé fort: ils s'attaquent à un des lieux de transit international les plus prisés au monde. Istanbul est en effet un des «hubs» très connus des voyageurs étrangers. Coïncidence du calendrier, cet attentat survient au lendemain d'une série de gestes d'ouverture d'Ankara en direction d'Israël et de la Russie, avec qui la Turquie entretenait des relations diplomatiques houleuses.

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