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35 heures : le rapport non publié qui fait polémique

Publié par Le Nouveau Paradigme sur 19 Juillet 2016, 20:46pm

Catégories : #Economie-politique

Un rapport de l’Igas estime que la réduction du temps de travail a créé 350.000 emplois et que les Français ne travaillent pas moins que leurs voisins.

C'est un document de 105 pages, rédigé en mai par l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) sur le temps de travail. Il aurait dû rester secret : première dans l'histoire de l'institution, Pierre Boissier, chef de l'Igas, avait décidé, comme il en a le pouvoir, de ne pas le transmettre au gouvernement. Sur Mediapart, il justifie ce choix par des « erreurs manifestes d'appréciation » et des « insuffisances flagrantes » dans l'investigation. Ses arguments n'ont pas convaincu un syndicat interne (Smigas), qui dénonce une « censure ».

Elle n'aura pas tenu : Mediapart et « Le Monde » ont dévoilé lundi ce rapport - non signé - qui entend relancer le débat sur les 35 heures près de vingt ans après les premières lois Aubry. Pour mieux les réhabiliter : à rebours des critiques du patronat et de la droite, il estime qu'elles « ont permis de créer 350.000 emplois entre 1998 et 2002 » car elles se sont accompagnées, condition nécessaire, d'une « maîtrise de l'évolution des coûts salariaux ». Les rapporteurs n'établissent cependant aucune évaluation nouvelle, se contentant de reprendre celles formulées en 2004 par la Dares (ministère du Travail).

« S'agissant de l'effet négatif des lois Aubry sur la compétitivité, aucun élément ne permet de confirmer cette affirmation », ajoutent les auteurs. Qui admettent toutefois que « le débat subsiste » sur les effets à moyen et long terme. Ces conclusions sont proches de celles du rapport parlementaire publié fin 2014 et dirigé par la députée PS Barbara Romagnan. Il avait à l'époque été contesté par de nombreux économistes, comme Pierre Cahuc (Crest) et Stéphane Carcillo (Sciences po) qui l'avaient qualifié de « rapport de désinformation parlementaire ».

"Plus à perdre qu'à gagner"

Le rapport de l'Igas reprend aussi un autre argument récurrent des défenseurs des 35 heures : les entreprises se sont très peu saisies des « très grandes marges de manoeuvre » apportées par les lois post-35 heures, en particulier celles de Xavier Bertrand en 2008, car elles « ont estimé qu'il y aurait plus à perdre qu'à gagner à remettre en cause l'équilibre atteint entre-temps de travail [...], rémunération et optimisation des organisations ». Au contraire, elles ont préféré se tourner vers la « flexibilité interne », avec une forte hausse des recours aux contrats courts depuis quinze ans.

Le rapport entend également tordre le cou à l'idée reçue que les Français travailleraient moins que leurs voisins : la durée effective « n'est pas particulièrement basse » si l'on intègre dans les comparaisons les salariés à temps partiel, très nombreux par exemple en Espagne, en Italie ou en Allemagne. Les auteurs pointent, en outre, que loin d'être une spécificité française, « la durée du travail diminue dans tous les pays de l'UE. » Le rapport se conclut par une série de recommandations pour faire de la réduction du temps de travail un levier de créations d'emplois, dont la mise en place d'accords permettant de ramener la durée de travail maximale des cadres à 44 heures par semaine assortie d'une aide de l'Etat contre la promesse d'embauches de cols blancs. Il préconise aussi un système de « job rotation » à la danoise où les salariés de PME et TPE partant en formation seraient remplacés par des chômeurs dont le salaire serait en partie pris en charge par Pôle emploi.

@DerekPerrotte

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/

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nes 20/07/2016 02:58

Il est temps de reconnaître les avantages de la diminution du temps de travail. L'idéal serait un travail à la carte mais ça c'est une autre histoire. Une évolution devrait passer par une généralisation des horaires aménagés adaptable bien sûr en fonction des secteurs d'activités. On sait que par rapport à leur " horloge interne " les gens sont plus performants le matin , ou l'après-midi voir en fin de journée. On sait qu'à ce stade l'aménagement d'horaire plus les 35 h peuvent amener une plus grande fluidité au niveau de la circulation, donc moins de perte de temps, plus de temps à se consacrer à soit où sa famille, une meilleure gestion de la tension, du stress.
Bien sûr que ça ne se fera pas avec une baguette magique et qu'il y a des inconvénients, il n'en demeure pas moins que le principal obstacle reste un blocage au niveau de la mentalité trop conservatrice à ce stade, cette appréhension pas toujours crédible (manque de temps, manque de contrôle, peur du résultat etc...) Si on doit juger un salarié sur ces performances, accordons lui cette " confortabilité " du temps de travail et de son aménagement.
Les "patrons " ont d'une certaine façon ouvert la brèche et montré la voie. Ainsi certains exigent de pouvoir contacter leurs employés par internet après les heures de travail. Rien que cela devrait suffire à leur ouvrir les yeux et se rende compte que demain un salarié ne sera plus obligé de se déplacer pour travailler, moins de structures, moins de dépenses, moins de circulation, moins de stress, un meilleur rendement par rapport à la liberté du temps de travail dans la journée.
Bref tout le monde est gagnant.

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