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Équateur : Veolia déverse ses eaux usées dans l’estuaire des quartiers pauvres

Publié par Le Nouveau Paradigme sur 11 Juillet 2016, 13:36pm

Catégories : #Environnement

Équateur : Veolia déverse ses eaux usées dans l’estuaire des quartiers pauvres

Le géant français de la gestion de l’eau, Veolia se retrouve dans un nouveau scandale. Il est accusé par les populations les plus pauvres de Guayaquil, capitale économique de l’Équateur – et la plus peuplée avec près de 3 millions d’habitants – de déverser ses eaux usées non traités – provenant des quartiers riches – dans l’estuaire qui longe les quartiers pauvres de la ville.

Installée depuis 2001, l’entreprise française n’affiche pourtant que des taux excellents concernant le traitement des eaux dans la capitale, mais de récentes études commandée par la présidence Équatorienne démontre que des eaux usées sont bel et bien déversées dans l’estuaire, augmentant ainsi le risque de choléra ou d’hépatite et détruisant un écosystème déjà fragilisé.

« À Guayaquil, la plus grande ville de l’Équateur, Veolia met en œuvre un programme d’accès à l’eau permettant à toutes les familles de bénéficier d’un service public de qualité ». Ainsi est la promesse du géant français en 2001 qu’elle continue de marteler aujourd’hui. Non loin du centre ville et des quartiers plus aisés, se trouve des habitations informelles qui subissent depuis 2001,« l’assainissement des eaux par Interagua [filiale de Veolia] ». Et oui, Veolia connaît un succès fou avec près de 100% d’eau assainis et 100% de connexion à l’eau potable. Néanmoins un autre chiffre, bien plus effrayant révèle une toute autre réalité, des tests réalisés par le ministère de l’Environnement démontre que dans 81% de l’eau prélevé dans l’estuaire Salado contient des coliformes fécaux,  et 44 millions de litres de ces eaux usées non traités sont reversé dans l’estuaire par le biais des canalisations qui relient les quartiers riches aux habitations informelles.

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« Ils doivent compléter leur réseau d’assainissement pour que toutes les maisons soient relié à l’eau potable et arrêter de déverser les déchets dans l’estuaire »

C’est la demande de toute la population issue des quartiers pauvres qui endure les conséquences désastreuses de ce procédé depuis trop longtemps déjà et qui payent quand même Interagua. Soutenu par le président Équatorien Rafael Correa. Les riverains de l’estuaire ont organisé le 22 mars dernier (à l’occasion de la journée internationale de l’eau) une manifestation à l’encontre des autorités municipales pour demander de stopper le déversement des eaux usées qui les mettent directement en danger. Caicedo, un habitant de ce quartier pauvre, avouait au Guardian, qu’il ne pouvait plus se baigner dans l’eau par risque d’attraper une allergie au mieux, et une hépatite ou le choléra au pire. Dans la ville au climat tropical où les températures avoisines les 31°C quotidiennement, ne pas  pouvoir piquer une tête peut être un supplice, surtout pour les plus jeunes.

« Ce prêt de la Banque mondiale devrait être une planche de salut pour les gens qui vivent autour de l’estuaire. Mais sans pression internationale, il a de fortes chances de devenir un nouvel exercice de com’ pour le maire Jaime Nebot, aux dépens des populations locales. »

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Il y a quelques mois, un nouveau prêt de 205 millions de dollars à été accordée à l’entreprise française par la Banque mondiale et la banque européenne d’investissements pour « dépolluer l’estuaire et connecter 30 000 nouvelles habitations à l’eau potable » mais rien ne nous dit si les habitations insalubres qui se trouvent près de l’estuaire bénéficieront de ce prêt. Au même moment,Veolia continue de générer des profits gigantesques et se défend en rappelant que « ceux qui n’ont pas de titres légaux de propriété ne peuvent bénéficier des services de Interagua », c’est de cette manière qu’elle affiche des résultats excellents, puisqu’elle ne tient pas compte de ces habitations qui, payent l’entreprise mais ne bénéficie pas des services. Face au scandale le ministère de l’Environnement a décidé de poursuivre l’entreprise française pour l’insalubrité qu’elle cause dans l’estuaire et son ministre a mandaté une enquête pour savoir si la municipalité avait la compétence de privatiser son service d’eau en 2001, sachant qu’une étude réalisé il y a quelques années indiquait que la capitale Quito (dont la gestion de l’eau est confié au service public)  avait de meilleurs résultats que ce de la capitale économique.

Sources : / Multinationales.org : Dans la plus grande ville d’Équateur, les populations pauvres dénoncent les promesses non tenues de Veolia / The Guardian : Ecuadorians tired of waiting for a cleanup of Guayaquil’s filthy waters

Commenter cet article

blanche albertas 12/07/2016 12:29

Les armes de destruction massive, toujours. Pollution de l'eau, de l'air et autres.
En cas de cataclysme, les villes des décideurs sont prêtes dans l'inframonde....

olivier 12/07/2016 08:44

honte a la representativité de la FRANCE ,ses dirigeants doivent etre virés au plus vite ainsi q le ministre de l'ecologie ,de la santé, et de l'industrie............

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