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La prochaine guerre mondiale aura-t-elle lieu en mer de Chine?

Publié par Le Nouveau Paradigme sur 14 Juillet 2016, 13:31pm

Catégories : #Nouvel ordre mondial

CARTE. La prochaine guerre mondiale aura-t-elle lieu en mer de Chine?© Reuters CARTE. La prochaine guerre mondiale aura-t-elle lieu en mer de Chine?

Mardi, la Cour permanente d'arbitrage de La Haye a donné raison aux Philippines dans un contentieux territorial l'opposant à la Chine. Pékin a très vite réagi : "La décision des juges est nulle et non avenue." Un nouvel acte dans la montée inexorable des tensions en mer de Chine.

Tout remonte à la fin de la Seconde guerre mondiale. En 1948, Pékin établit "la ligne en neuf traits" (aussi appelée "la langue de boeuf"), une délimitation très large du territoire maritime chinois, allant des côtes japonaises au Cambodge (en pointillés rouges sur notre carte). Depuis 2013, et la réinscription de cette zone dans son dixième traité constitutionnel,la Chine multiplie les actions pour faire valoir sa souveraineté sur cette zone. L'objectif? Maîtriser un immense espace qui correspond à l'une des plus grandes voies commerciales navigables de la planète, mais aussi contrecarrer les autres puissances régionales.

Cliquez sur notre carte pour l’agrandir :

 

© Fournis par JDD

 

(Catherine Nocquet/JDDATA)

Le cas de l'atoll de Scarborough tranché en justice

La Cour permanente d'arbitrage de La Haye se penchait sur le cas de l'atoll de Scarborough. Si la justice a donné raison à Manille mardi, c'est parce que cette île a toujours fait partie du territoire philippin. En 2012 pourtant, des militaires chinois ont débarqué sur l'atoll pour y installer une petite base. Manille a d'abord voulu trouver une issue légale au conflit mais si l'armée chinoise, après la décision rendue mardi, refuse de quitter l'île, ce pourrait être une déclaration de guerre. Et les Etats-Unis pourraient très vite y prendre leur part. Occupant une base navale non loin de Manille, la marine américaine a montré ses muscles en juin en réalisant un impressionnant exercice militaire avec deux porte-avions, 140 avions de chasse et 12.000 hommes.

Les îles Spratleys, la guerre du milieu

Ce chapelet d'îles, étalé sur 1.000 km de long, est l'objet de toutes les convoitises. Pour cause, un tiers du commerce maritime de la planète transite dans ces eaux très riche en poissons et dont le sous-sol regorge de pétrole et de gaz. Un trésor qui intéresse tous les pays frontaliers : le Vietnam, la Malaisie, le Bruneï, les Philippines et bien sûr la Chine. Les pêcheurs philippins se sont très vite installés sur ces îles, tandis que la marine malaise a occupé dans les années 90 le sud de la zone, officiellement pour lutter contre la piraterie maritime. Dans le même temps, la Chine installe sa Flotte du Sud sur l'île d'Haïnan, au nord des Spratleys. En 2008, est inaugurée l'immense base navale de Yulin, sur le continent juste en face d'Haïnan. Depuis, Pékin tente d'installer des bases militaires provisoires dans les Spratleys.

L'archipel des Paracels, la chasse gardée du Vietnam

Washington pourrait également intervenir sur un autre théâtre d'opération : une quarantaine de gros récifs et atolls situés non loin de l'île chinoise d'Haïnan. Les pêcheurs vietnamiens occupent ces îles depuis les années 70, mais jamais les Paracels n'ont fait partie du territoire national. Pékin a tenté de coloniser certaines de ces îles, revendiquant des "droits de passage historique" qui n'ont en réalité aucune valeur légale. En 1974 puis en 1988, des escarmouches meurtrières ont déjà eu lieu entre militaires chinois et vietnamiens. Le week-end dernier, la Chine a déployé sa Flotte du Sud entre Haïnan et les Paracels. Les Etats-Unis, alliés du Vietnam, ont aussitôt mis en garde contre "toute action provocatrice et déstabilisatrice".

Plus au nord, le conflit sino-japonais autour des Senkaku

En mer de Chine orientale, au nord de Taïwan, Pékin a jeté son dévolu sur l'archipel Senkaku(que les Chinois appellent Diaoyu). Mi-août 2012, des activistes chinois - en fait financés par le régime - ont débarqué sur place et installé un campement. Ils sont aussitôt évacuésmanu militari par les autorités nipponnes… qui ont aussitôt permis à une dizaine de nationalistes japonais de planter un drapeau au sommet de la plus grande île des Senkaku. Des événements qui se sont ensuite répétés obligeant des navires de guerre chinois et la douane japonaise à sillonner la zone.

A cet état de guerre froide, il faut ajouter un imbroglio juridique : l'archipel, à l'origine privé, appartenait à un propriétaire japonais qui l'a vendu à Tokyo. Achat contesté par Pékin… mais aussi par la proche île-Etat de Taïwan. La situation aurait pu empirer si les Etats-Unis n'avaient pas montré les muscles. En avril 2014, Barack Obama, en tant qu'allié du Japon, a ainsi déclaré que la marine américaine, basée à Okinawa à moins de 100 km des Senkaku,n'hésitera pas à intervenir en cas d'escalade des violences.

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