PHOTO/Philippe Rouah

Après s'être disputé avec le personnel d'un restaurant, l'homme est revenu armé en hurlant qu'il allait tous les "buter".

Samedi, alors que le personnel d'un restaurant du Barcarès est attablé avant le début du service, un homme passe devant eux et se met à les invectiver. "Il est fou ?", interroge le maître d'hôtel. Du coup le passant s'énerve encore plus, devient menaçant. L'employé se lève et le pousse. L'homme revient quelques minutes plus tard. Il exhibe un pistolet et le braque sur le personnel et les clients. Les témoins rapportent qu'il crie: "Je vais vous tuer, les Français, vous mettre une balle dans la tête. Vive Daech". Il finit par repartir après avoir semé une panique épouvantable. Il sera interpellé sans résistance à son domicile un peu plus tard. Présenté mardi au tribunal, il nie toute allusion au groupe terroriste. Il a été invectivé par les serveurs et est revenu pour leur faire peur avec une arme à grenailles non chargée.

 
  • Chrétien, bouddhiste, puis musulman

Il explique avoir été chrétien, puis bouddhiste et s'être converti récemment à un islam modéré. "Je suis citoyen français, mais mon pays me dégoûte car on ne me rend jamais justice. Mais je suis aussi peiné que tous à chaque fois que j'entends parler d'un attentat". Reste le traumatisme de ceux qui se sont vus mourir lorsqu'ils ont aperçu l'arme pointée sur eux. "Je suis un chef d'entreprise transi, tous mes collaborateurs sont inquiets", témoigne à la barre le patron du restaurant. Le procureur aussi est inquiet: "Il n'a tué personne, mais il y a la pratique de la terreur en ces temps particuliers. Il y a ensuite l'apologie d'un groupe terroriste, une violence avec arme et des menaces de mort. Une multitude de témoins en atteste". Il requiert 4 ans dont 18 mois assortis du sursis.

En défense, le rôle de Maître Muffat-Joly s'annonce difficile: "Il ne faut pas le sursanctionner pour des faits qui en d'autres temps auraient fait moins de bruit. Il est en colère contre la société, se dit victime de racisme, mais, d'évidence, ce n'est pas un terroriste. Il se sent incompris depuis qu'il a déposé une plainte restée sans effet. Il a ce comportement provocateur décrit par l'expert psychiatre, mais c'est en fait un appel à l'aide". Le tribunal écoute et donne sa décision: 30 mois de prison ferme avec maintien en détention, 5 ans d'interdiction de paraître au Barcarès et 5 ans de privation des droits civiques.