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Buzz : a-t-on découvert une cinquième force ?

Publié par Le Nouveau Paradigme sur 17 Août 2016, 15:30pm

Catégories : #Sciences

Des physiciens affirment avoir repéré une « cinquième force » qui viendrait s'ajouter aux quatre que la science reconnaît aujourd'hui. Est-ce une révolution de la physique ? Pas sûr. Depuis des décennies, des physiciens viennent présenter une telle cinquième force, pour, à chaque fois, mordre la poussière. On a donc du mal à prendre au sérieux cette ènième annonce.


 Laurent Sacco, Futura-Sciences

Une vue de l'expérience de physique produisant une curieuse réaction nucléaire. Le serpent de mer de la cinquième force a-t-il finalement été attrapé ? © Attila KrasznahorkayUne vue de l'expérience de physique produisant une curieuse réaction nucléaire. Le serpent de mer de la cinquième force a-t-il finalement été attrapé ? © Attila Krasznahorkay

 

On dit parfois en plaisantant que l’univers observable est gouverné par la bande des quatre, entendez la gravitation, la force électromagnétique et les forces nucléaires faible et forte. Plusieurs tentatives pour prolonger et unifier les théories de ces interactions dans le cadre d’une nouvelle physique impliquent l’existence de nouvelles forces. En général, elles doivent être peu intenses et agir à très courte portée pour avoir échappé aux expériences menées depuis plus d’un demi-siècle. Les tentatives pour mettre en évidence une cinquième force ont été nombreuses, et toutes les expériences qui semblaient aller en ce sens n’ont pas résisté à la critique

Un obscur groupe de chercheurs hongrois est parti modestement à la recherche de cette cinquième force, non pas à l'aide du LHC mais avec des expériences de physique nucléaire à basses énergies. En cherchant des signes de l’existence des « photons noirs », ils ont découvert une curieuse réaction. Des noyaux de béryllium, produits en bombardant des noyaux de lithium avec des protons, se désexcitent en produisant des photons gamma, lesquels donnent à leur tour des paires d’électron et de positron, avec des caractéristiques incompréhensibles dans le cadre du modèle standard.

Lors d'une conférence de presse, le 25 janvier 1983, les physiciens du Cern annonçaient la découverte du boson W. On reconnaît, à gauche, et de gauche à droite, Carlo Rubbia et Simon van der Meer, prix Nobel pour cette découverte. En sera-t-il de même pour les chercheurs hongrois ?
Lors d'une conférence de presse, le 25 janvier 1983, les physiciens du Cern annonçaient la découverte du boson W. On reconnaît, à gauche, Carlo Rubbia et Simon van der Meer, prix Nobel pour cette découverte. En sera-t-il de même pour les chercheurs hongrois ? © Cern

 

 

Un nouveau boson neutre 34 fois plus lourd que l'électron ?

Un célèbre chercheur états-unien, Jonathan Feng, de l’University of California, a sorti de l’ombre ce résultat en proposant avec des collègues dans un article sur arXiv que cette expérience n’indique pas la présence de photons noirs mais d’un autre type de boson neutre. Sa masse serait d’environ 17 MeV, soit 34 fois celle d’un électron, et il est lui aussi lié à de la nouvelle physique et à une cinquième force. Feng, et d’autres chercheurs, affirment n’avoir pas trouvé de failles dans la présentation de l’expérience des physiciens hongrois. C’est peut-être pour cela que cette affaire a finalement été relayée dans le journal Nature.

L'histoire, cependant, reste difficile à prendre au sérieux. S’il n’est effectivement pas impossible de tester des théories comme celle du modèle électrofaible avec des expériences de petites tailles, il est douteux qu’une particule d’une aussi faible masse et possédant même un couplage assez faible et ad hoc à d’autres particules, ait échappé depuis des décennies aux expériences en accélérateurs. Il est tentant de parier que tout va rapidement finir comme l’affaire des neutrinos transluminiques, du boson à 750 GeV et de Bicep II, même si la théorie de Feng semble testable avec des expériences comme LHCb et DarkLight au Jefferson Laboratory.

Un article dans le très sérieux Quanta magazine fait état de l’avis de plusieurs experts qui sont en effet franchement sceptiques. L’équipe hongroise avait déjà affirmé avoir découvert un nouveau boson en 2008, puis en 2012, avant de se rétracter sans donner d’explications. Les mauvaises langues disent qu’ils ne contrôlent pas vraiment leur mesure et qu’un biais expérimental est tout a fait probable.

 

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